VULNERA SAMENTO FERME SES PORTES ▲
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SOLOMONIA&SNOW ϟ we are titatnium
ϟ celui qui lit ce titre est un elfe de maison. Ceci était la touche d'humour de Thor.
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Snow T. Petrovitch
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Message Posté Dim 30 Juin - 1:07.



you shot me down but i won't fall
i am titanium, i am titanium


★ noms des participants: B. Solomonia Marcovic & Snow T. Petrovitch
★ statut du sujet: Privé.
★ date: Milieu janvier 2057.
★ heure: Fin d'après midi.
★ météo: Il fait froid.
★ saison: 2.
★ numéro et titre de l'intrigue globale en cours: Intrigue 5.
★ numéro et titre de l'intrigue en cours:   Intrigue 5.
★ intervention de dominus:   Non merci domdom le bonhomme.
★ récompenses:   et ta mère ?  





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Snow T. Petrovitch
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Message Posté Dim 30 Juin - 15:23.
« I can't take it no more »
what are you waiting for ?


L’infirmerie était en effervescence. Une bataille venait d’avoir lieu à l’étage. Adossée contre les murs froids du dispensaire, elle avait entendu les cris, ces hurlements d’agonie que les pierres aspiraient. Le ciel ne les entendrait pas. Le ciel n’entendrait personne. Elle avait entendu le bruit des sorts qui rebondissaient. Elle avait entendu les corps tomber. Elle avait senti les derniers soupirs frôler sa nuque. Une brise glacée qui valsait autour d’elle, lui rappelant qu’un jour, ses émeraudes seraient réduites en poussière. Un jour, son regard aussi se perdrait à Maison Néant. L’angoisse  dévorait ses entrailles et brûlait tout sur son passage. Enfermée dans un sanctuaire silencieux, elle n'osait pas regarder les infirmières qui tournaient en rond. Elles attendaient que les portes s’ouvrent. Elles attendaient les corps brûlés par des sorts trop forts. Elles attendaient que le bain de sang vienne  contaminer le dernier havre de paix à Durmstrang, toujours avec la même peur, celle de reconnaître un visage et de le voir sombrer dans les abysses. La vérité, c’était que les innocents n’étaient jamais épargnés. Le ciel ne s’ouvrirait pour personne, et le sol continuerait de se fendre pour accueillir toutes ces âmes qui n’avaient pourtant rien semé. Elles récolteraient les fruits pourris des autres.  Il n’y avait plus de justice, plus de jugement, il n’y avait qu’une fatalité qui s’abattait sur tous les hommes de la même façon. Bientôt, ils ne seraient plus que des fantômes. Bientôt, ils ne seraient plus que des ombres tapies dans l’encre d’un livre d’histoire.

Alors les portes s’étaient ouvertes et la panique avait conquis la dernière parcelle du paradis. Les larmes se mêlaient au sang et les prières se perdaient dans des hurlements. Infirmière de fortune, elle soulageait la douleur comme elle le pouvait. Elle tenait les mains, elle pansait les plaies, elle appliquait les compresses, et elle regardait la vie s’accrocher à rien. A un espoir qui était mort avait d’avoir pu être emporté par le vent. A tout ce que les aurors détruisaient, jour après jour. A cette liberté enchaînée dans le sang et la misère. Elle priait avec eux un Dieu qui n’existait plus. Un Dieu qui regardait sa plus belle création s’assassiner. Et puis le chaos avait laissé place au silence. Elle s’était assise, près de la fenêtre, elle regardait tomber la neige en se demandant comment le monde pouvait continuer à vivre alors qu’ils mourraient chaque jour un peu plus. Les genoux repliés contre sa poitrine, elle contemplait le temps qui passait sans savoir si le Soleil se lèverait le lendemain. Les flocons de neige s’échouaient contre la vitre. La glace essayait de conquérir le reste du royaume sans y parvenir. La mort n’entrerait pas ici aujourd’hui. Mais ce n’était plus qu’une question de temps, pas vrai ?

« Snow, could you handle bed 5, please ? She’s not injured, but she’s still in shock. Just talk to her. »

Elle avait acquiescé, en continuant à regarder dans le vide. Elle, elle n’avait pas le luxe d’avoir peur. Elle avait choisi de ne pas se battre, parce que les souvenirs étaient toujours trop présents. Ils la brûlaient, ils la brûlaient tellement qu’ils emportaient tout dans les cendres. Et soudain, tout devenait trop froid. Les rêves et les espoirs avaient un goût amer et elle n’y croyait plus. L’institut était hanté. Chaque pierre, chaque dalle lui rappelait tout ce qu’elle avait perdu. Elle n’avait pas le courage d’affronter son passé, pas pour l’instant. Elle s’était levée, gracieusement, avant d’épousseter ses vêtements. Et si elle affichait un faible sourire, ses yeux ne reflétaient que le noir. Tout, ici, était devenu trop sombre pour elle. Ce n’est que lorsqu’elle a relevé la tête qu’elle l’a vue. Elle a froncé les sourcils. Sa bouche s’est ouverte, pour dire quelque chose, mais elle fut incapable de briser le silence. Tous les mots, toute la colère, toute l’angoisse, tout était prisonnier dans sa gorge froide. Et ses yeux, ils cherchaient la vérité. Ca n’était pas la première fois qu’elle la voyait depuis qu’elle était morte. Ca n’était pas la première fois qu’elle se laissait entraîner par les mirages. Le chant des sirènes l’hypnotisait si facilement qu’elle avait abandonné la lutte. Mais cette fois-ci, c’était différent. Cette fois-ci, ça semblait réel. Elle s’approcha, apeurée, parce qu’elle savait que lorsqu’elle touchait les fantômes, ils tombaient en poussière dans un hurlement terrifiant. Et elle ne voulait pas qu’elle parte. Mais elle n’avait pas d’autre choix. Elle la prit dans ses bras. Sauf que cette fois, elle ne s’envola pas. Cette fois, elle ne disparut pas dans un cri. Cette fois, elle n’était pas qu’un souvenir, elle était réelle. Alors elle la serra plus fort.

« I thought you were dead. »

Sa voix était brisée, sa gorge était serrée. Elle essuya la larme qui coulait le long de sa joue. Elle n’arrivait pas à y croire. Solomonia était vivante.

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B. Solomonia Marcovic
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Message Posté Dim 30 Juin - 17:51.


« Our story was not told, but torn apart by greedy hands . »

La bataille ne s'arrêterait jamais. C'était ça, la dure réalité qu'on arrivait pas à accepter. On essayait de se dire qu'un jour, on verrait un nouveau coucher de soleil. On se disait que les bombes ne seraient plus lancés sur les cadavres, mais qu'elles seraient tout simplement disparues. On était persuadés que le temps n'avait plus de valeur, et que les minutes qui s'écoulaient n'étaient que des idées, des souvenirs, on se disait que le futur nous sauverait. On se disait que les mots auraient une quelconque valeur lorsque l'on dresserait la liste de ceux qui étaient morts. Que les grands leaders et les grands chefs n'auraient plus besoin de frapper sur leurs esclaves. On était persuadés de tout savoir. Mais c'était stupide. C'était tout ce qu'on avait plus. C'était tout ce qu'on ne comprendrait jamais. On était toujours les victimes, dans n'importe quelle situation. On était ceux qui brûlait en espérant quelque chose qui n'arriverait jamais. Ceux qui attendait un miracle qui n'était pas réel. Une illusion parmi tant d'autres. J'avais laissé les choses s'en aller au fil du temps. J'ai laissé la force m'abandonner comme tout le reste. Je me battais mais j'avais mal. Et tout ce que je perdais, je réalisais que je ne le retrouverais jamais. On s'était encore battu. Encore du sang. Encore des cadavres. Je me rappelais de chaque visage. Ils me hantaient. Et j'aurai voulu avoir la force de prétendre que ce n'était rien de très important. J'aurai voulu dire que lorsque je me suis retournée, et que j'ai vu un ami tomber, ça ne m'a rien fait. J'aurai voulu dire que je n'ai rien ressenti quand j'ai essayé de transporter son corps au loin, et que je n'ai pas senti la vie s'échapper de son corps. J'aurai voulu faire des confessions, j'aurai voulu abandonner tout mes péchés. Mais c'était toujours la même choses. Toujours les mêmes erreurs. Les mêmes batailles. Toujours les mêmes morts qui ne cessaient de tomber. Leur corps brûlait au soleil. Leur visage se mélangeaient avec ceux des autres. Plus personne n'était là pour se battre. Plus personne n'était là pour survivre. On se tenait debout face à l'ennemi, plus seuls que jamais. J'aurai dû mourir depuis longtemps et tellement de fois. Mais j'étais toujours en vie. On me disait que ce n'était pas mon heure. On me disait que j'étais là pour une raison. Mais ça ne se terminait jamais. C'était l'enfer qui se décuplait pour créer une vision d'horreur. On n'arriverait pas à gagner. Pas totalement. Peut être que Durmstrang réussira à gagner son indépendance. Mais au fond, on sera toujours seuls contre le reste de l'Europe. On ne sauvera jamais les autres écoles. On ne sauvera jamais tout ce qu'on a perdu. C'était terminé. Un dernier cri de guerre avant d'abandonner. On se battait parce qu'on portait cette rage dans nos cœurs. Cet espoir que si on arrivait à tenir assez longtemps, on toucherait à cette liberté. Mais on savait tous, au fond de nous, qu'on avait de grandes chances de mourir. Qu'on tomberait aussi. Qu'on mordrait la poussière. Le prochain sort était peut être pour nous. Et ça me tuait de savoir ça. De savoir que demain, je pouvais tout abandonner et ne plus jamais revoir ceux qui comptaient.

J'étais assise sur le lit. J'attendais quelque chose sans savoir pourquoi. Je revoyais son visage en permanence. Il m'a regardé avant de tomber. Il a vu qu'on se battait à deux. Et il a compris que son heure était arrivée. Que personne ne le sauverait cette fois. La mort avait pris possession de lui. Les armes et les potions ne pourraient pas remplacer le fait qu'il était mort. Disparu. Enseveli sous la poussière et les briques tombées. Détruit par la mort. Par la douce mélodie d'une bataille qui se termine. Et on avait gagné. On les avait repoussé. C'est ça, la dernière chose qu'il a dit. We won. Mais on n'aurait ni trophées, ni félicitations. On n'aurait rien. À part du sang sur notre peau. Rien, à part des plaies qui nous détruisait peu à peu. Je me rappelais de tout ceux que j'aurai dû sauver. Ceux qui pourrissaient sous la terre. La plus belle des victoires n'était plus là. La perfection n'était plus là. C'était perdu. On avait disparus. On avait perdus. On était devenus des monstres pour s'en sortir. Et ça, c'était la définition de la honte qu'on n'arriverait jamais à guérir.

Puis je l'ai vu. Elle était là, comme si elle n'était jamais parti. J'ai relevé la tête. J'ai cru que c'était un fantôme. Une hallucination. J'ai cru qu'elle n'était pas là. Mais elle l'était. Ses bras m'ont encerclés comme si elle n'était jamais partie. Mais la seule différence, c'était qu'on ne serait plus jamais les mêmes. On était deux soldats blessés. Deux personnes sans vie. Des cadavres mutilés par une guerre qu'on n'a jamais voulu affronter. « I thought you were dead. » J'ai senti des larmes monter dans mes yeux. J'ai senti que c'était réel. Et ça faisait mal. Ça faisait tellement mal. « I... I thought you were dead too. » Je l'ai serrée un peu plus fort. Les larmes coulaient sans que je ne puisse les retenir. « I'm sorry. I'm so sorry. » J'aurai voulu que la force soit toujours avec moi. J'ai espéré de toujours me rappeler pourquoi ils étaient tous mort. Et j'espérerais jusqu'à la fin. Être sûre que je serais toujours assez forte pour savoir pourquoi on se battait. « What happened to you, where were you ? » J'ai rêvé d'un grand monde. J'ai rêvé d'une victoire. J'ai rêvé de sourires et de rires. J'ai rêvé de souvenirs et de personnes disparues. J'ai rêvé de tout ce qu'on voulait obtenir. Et tout ce qu'on continuait pourtant à perdre. « I searched for you, you were .. They told me you died. »

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Message Posté Dim 30 Juin - 22:43.
« When she was just a girl »
she expected the world


« I... I thought you were dead too. » Elle sentit ses doigts fins se poser sur son dos. Elle sentit ses bras amaigris la serrer contre elle. Elle sentit son odeur familière lorsqu’elle posa sa tête sur son épaule. C’est là qu’elle comprit que tout était terminé. L’errance se mourait dans un dernier soupir. Dans des chuchotements indécis. Dans les larmes qui coulaient le long de leurs joues. Après avoir passé presque un an séparées par un destin qui aimait trop jouer, elles s’étaient retrouvées. Et ça faisait du bien. Ca faisait du bien de revoir  son visage, même si la guerre faisait rage autour d’elles. D’entendre sa voix, même si elle tremblait.  « I'm sorry. I'm so sorry. » Elle aussi, elle  était désolée. Alors elle lui indiqua, dans un soupir, qu’elle n’avait pas à s’excuser. Elle avait tant rêvé qu’on lui dise que la vérité était faite de mensonges. Que ces idées préconçues comme quoi les gens finissaient toujours par partir étaient fausses et archi fausses. Qu’on ne finissait pas par repousser tout l’amour qu’on nous donnait pour s’effondrer dans les abysses. Qu’on ne l’avait pas laissée croupir seule, dans le noir et dans le néant. Qu’il y avait une issue à sa prison. Que la douleur qui trônait dans ses iris ambrés n’était que passagère.  Que la solitude n’était qu’une illusion éphémère. Mais le destin s’était muré dans un mutisme effrayant. Il s’était joué d’elle et avait laissé le hasard ravageur détruire tout ce qu’elle avait.    Les étoiles n’avaient jamais daigné répondre à ses questions. Elles avaient intercepté ses prières et les avaient réduites en cendres. Elles avaient pillé son espoir et alimenté ses peurs. Elles l’avaient abandonnée.  « What happened to you, where were you ? » Un sourire fin vint illuminer son visage alors que sa gorge se serrait. Ca aussi, c’était une longue histoire que la lâcheté avait orchestré du début à la fin. Peut-être que si elle avait été plus courageuse, tout aurait été différent. Mais la vérité, c’était qu’elle avait fui. Elle avait fui Beauxbâtons en apprenant la nouvelle de sa mort. Elle avait fui Durmstrang, trop effrayée à l’idée de se confronter à ses propres souvenirs pour espérer y remettre les pieds. Elle s’était réfugiée en Angleterre, mais l’Ange de la mort l’y avait suivie. La nature avait dépéri, les fleurs ne poussaient plus et tout pourrissait sous le poids de l’orgueil des sorciers. C’était comme si Dieu avait poussé son dernier soupir et qu’il laissait le monde à ceux qui l’avaient détruit. C’était comme s’ils étaient seuls. L’échiquier était tombé. La paix n’était qu’un mirage, mais elle l’avait compris trop tard. Elle avait cru trouver la sécurité dans la discipline et la présence exagérée des aurors. Sauf que les lois n’étaient plus que des mascarades de justice. On cherchait un coupable, et elle faisait partie des innocents qu’on condamnait. Alors elle avait fait ce qu’elle faisait de mieux. Elle avait fui.  Elle se sépara de l’étreinte de son amie et contempla quelques instants son visage émacié par la fatigue. Ses yeux ne brillaient plus du même éclat. Son sourire semblait avoir disparu. Elle n’était plus qu’un fantôme, et pourtant elle était réelle. Elle s’assit à ses côtés, inquiète. « I searched for you, you were ... They told me you died. » Elle répondit presque aussitôt, parce qu’elle ne voulait pas lui faire peur. «I didn’t. I’m fine, I guess. God, I'm so relieved to see you.  »

On dit qu’on ne peut voir la vérité que lorsqu’on regarde dans l’œil du cyclone. Alors elle affrontait les ouragans qu’elle avait tant refoulés. Elle laissait les tempêtes se déchaîner pour mieux les combattre. Elle fixait la tornade avec une insolence qui finirait par la perdre, parce qu’elle n’avait jamais su maîtriser sa peur.  Elle se débarrassait de la poussière et des débris en se demandant ce qu’il lui resterait une fois qu’ils se seraient envolés. Probablement du vide, et beaucoup de colère. Tous ces fragments de mémoire qu’elle assemblait, tous ces éclats de verre qu’elle recollait, ils l’écorchaient. Ils la détruisaient. C’était comme ça qu’elle s’était perdue. C’était comme ça qu’elle avait laissé la douleur s’infiltrer dans son organisme. Elle avait laissé les cendres s’emparer de son âme. Et maintenant elle les chassait.   Elle prit une inspiration.  « After the battle of the third task, I ran and I waited for you, but you never came back. I was told you were hit by a spell and you…  » Elle s’en rappelait encore trop fort, c’est pour ça qu’elle s’interrompit. Il lui avait dit qu’il avait retrouvé sa baguette. Et que son corps était probablement plongé sous les décombres. Il lui avait dit qu’il n’y avait plus d’espoir. Que son nom serait honoré sur la liste de tous ceux qui avaient péri en défendant la nation. Alors c’était comme ça qu’elles s’étaient quittés. Dans un mensonge inique et des gloires estropiées. Au milieu des cadavres et des regards trop vides.  Elle reprit. « You know. Died.  After that, I couldn’t go back to Durmstrang. It was just too hard to face the memories we left there. I was scared to see Silke. And you. And I didn’t want to.  I got transfered to Hogwarts. But things got bad. » Elle se tourna vers Solomonia. Son sourire avait été remplacé par un rictus gêné. Comme pour lui dire que son don n’avait pas disparu avec elle. Comme pour lui dire que, dans le fond, rien n’avait réellement changé. Mais c’était faux. Tout avait trop changé, et elle ne savait pas si elle devait s’en réjouir ou s’en plaindre.  Elle ne pouvait pas s’empêcher d’y penser, à Silke. Sauf que les souvenirs étaient toujours trop douloureux. Les scènes étaient toujours empoisonnées. Le passé la faisait souffrir plus que tout le reste. Plus que les entailles sur ses bras et dans son dos. Plus que tout le sang qu’elle laissait couler en espérant que les démons s’échapperaient dans l’hémoglobine injurieuse. Mais les monstres grandissaient face à son impuissance. Ils avaient déjà pris sa foi. Et elle savait qu’ils finiraient par prendre le reste. Elle se racla la gorge avant de reprendre. « Muggle born aren’t treated well. Some of us disappeared and others were beaten. So I escaped. Sort of.  » Elle avait réussi à arriver jusqu’à Durmstrang pour se retrouver dans une nouvelle guerre, bien plus meurtrière que celle qui ravageait Poudlard. Mais ce qui l’inquiétait le plus, c’était la présence de Dorian. Elle savait qu’il ne l’épargnerait pas pour toujours. Il arriverait bien un moment où elle ne lui serait plus d’aucune utilité, et pourtant, elle n’arrivait pas à le fuir. Sa relation avec le traqueur était trop compliquée pour qu’elle en parle à Solomonia. Elle n’était pas sûre qu’elle comprendrait, de toute façon. « I heard that Durmstrang was a good place to hide. They say that the resistance is rising here and that they protect people like us. I never thought I’d find you back here, I have to say.   » Elle avait beaucoup de choses à lui dire, mais  elle n’avait aucune envie de l’inquiéter, parce que tout chez elle suintait déjà trop la peur. Ce n’était plus la fille au courage impassible et froid qui se tenait à côté d’elle. Elle était brisée. Elle fronça les sourcils, parce qu’elle ne comprenait pas comment elles avaient pu se tromper à ce point.   « Why did… What happened in Beauxbâtons ? How did you… You've been here all this time  ? »


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B. Solomonia Marcovic
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Message Posté Lun 1 Juil - 3:43.


« When you lose something you can't replace. »

« I didn’t. I’m fine, I guess. God, I'm so relieved to see you. » On remarque assez rapidement, quand les choses sont brisées. On le remarque, quand tout ce qui faisait de nous quelqu'un n'existe plus. Quand le passé remplace le présent. Et que le futur semble si noir que l'espoir n'a plus de place dans l'équation. J'étais terrifiée à l'idée de voir que tout ce que j'avais pu dire ou faire se retournerait contre moi. Je voulais disparaître de cet endroit. Je voulais tout simplement fuir jusqu'à ce que tout se transforme en poussière. Je voulais devenir quelqu'un d'autre dans une vie différente. Je voulais recréer de nouveaux lieux et de nouveaux endroits où je me sentirais moins seule. C'était ça mon but depuis le départ. Effacer la solitude. Effacer la souffrance. Je voulais me rappeler du fait que j'avais enfin quelqu'un, même si c'était passager. Même si ce n'était qu'un court instant. Je voulais me rappeler d'une histoire qui était totalement différente. Je voulais éviter la joie, parce que je savais que ça ne marchait plus. Depuis un an, tant de choses avaient changées que je ne savais même pas par où commencer. Avant, j'avais l'espoir. Le courage. La force. Avant, j'étais quelqu'un qu'on refusait d'approcher parce que c'était comme si je n'avais plus réellement d'âme, ou de cœur. Mais maintenant, je faisais juste partie de ce groupe de personnes qui ont étés détruites par la guerre. Par tout ce qu'elle représentait. Je voulais fuir. Rencontrer d'autres personnes pour les oublier à leur tour. Je voulais tout simplement trouver cette paix que tout le monde recherchait désespérément. J'en pouvais plus de me battre mais je le faisais quand même parce que la liberté comptait plus que tout au monde, et je mourrais pour elle. J'avais besoin de discours rassurants. J'avais besoin de dire à quel point j'avais mal. J'avais besoin de vider tout ce que j'avais et pourtant c'était comme si ça restait impossible. Une fiction de plus. Une mélodie qui se cachait dans les nuages. J'avais besoin de ressentir que je n'étais plus seule. Mais je l'étais. C'était la réalité des choses. Celle que je devais affronter. Parce que Snow avait changé. Parce qu'elle n'avait plus besoin d'affronter des fantômes du passé. Et c'était cruel de la pousser à affronter tout ce que je pouvais ramener dans son existence. « After the battle of the third task, I ran and I waited for you, but you never came back. I was told you were hit by a spell and you… You know. Died. After that, I couldn’t go back to Durmstrang. It was just too hard to face the memories we left there. I was scared to see Silke. And you. And I didn’t want to. I got transfered to Hogwarts. But things got bad. » J'écoutais son récit en me rappelant que c'était de ma faute depuis le départ. C'était cette décision qui me hanterait jusqu'à la fin des jours. C'était quand elle apprendrait la vérité qu'elle aurait encore plus mal.

« Muggle born aren’t treated well. Some of us disappeared and others were beaten. So I escaped. Sort of. » Et c'était tout ça que j'avais peur d'affronter. Les souvenirs. Les coups. Les cicatrices que je voyais chaque jour sur mon corps. Celles qui devaient se trouver sur le sien. Alors que j'aurai préféré prendre tout. J'aurai préféré finir en enfer plutôt que de me dire que tout ça, c'était parce que j'avais fait un choix égoïste. Parce que c'était ce que je faisais à chaque fois. Je faisais les mauvais choix qui poussaient ceux que j'aimais vers un précipice. Et ça finissait par les tuer. « I heard that Durmstrang was a good place to hide. They say that the resistance is rising here and that they protect people like us. I never thought I’d find you back here, I have to say. » J'ai souri pendant un bref instant. Ce genre de sourire qui porte bien trop de regrets. « Why did… What happened in Beauxbâtons ? How did you… You've been here all this time ? » J'ai laissé plusieurs secondes passer avant de répondre. Parce que c'était cruel de savoir que j'allais la perdre si rapidement. « It has been pretty much the same here before we decided to build a resistance. Muggle born, we were beaten in front of everyone. And people who were suspected to belong to the resistance were also beaten. Recently, it's still happening but it got better. » J'ai déposé ma main sur la sienne pour m'assurer qu'elle était encore là. « And I'm glad you're here too. I thought I'd never see you again. » Puis je l'ai retirée. « In Beauxbâtons... I was, indeed, hit by a spell. Everyone saw me falling. But I didn't die. I just realised this was my chance to disappear for some time. I had to leave, I couldn't stay here, it was too much, but I made the bad decision. » C'était le poids du secret qui était de plus en plus lourd. Celui que je devais avouer et qui détruirait tout ce qu'on pouvait encore avoir. « I pretended I was dead and I came back two months after that. At the end of august. I got really involved in the resistance, and I helped Janary escape. But then, I think they just figured out who I was, and what I was doing. At the beginning of this month, aurors found me. They kidnaped me for two weeks, and they tortured me day and night to get informations. I kind of think they were happy to do their job with me anyway. » Un rire jaune s'échappa de ma gorge. « That's why I look so fucked up I guess. And also maybe why we didn't see each other before today. » J'ai regardé ailleurs, pour éviter son jugement terrible. « I should have looked better after you. You weren't suppose to get involved into any of this. I was supposed to look after you. I'm sorry that I failed. » Mes yeux étaient toujours mouillés et je m'en voulais d'être aussi faible. « I failed and I don't know what to do to make it better. » Je l'ai regardé et j'ai à nouveau fui son regard pour réfléchir un instant. Puis j'ai recommencé à parler. « Did they send someone to get you or.. ? »

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Message Posté Sam 17 Aoû - 23:44.
« I'm a paper doll »
you can tear me up


Mensonges après mensonges, rêves après rêves, l'humanité finit par s'effacer, les hommes ne sont plus que des ombres mouvantes qui cherchent l'espoir là où il n'y a que les ténèbres. Et ils courent, ils courent sur des éclats de verre, parce qu'ils fuient ce temps qui passera toujours trop vite, ces souvenirs qui leur exploseront à la gueule beaucoup trop fort. Ils aimeraient vivre dans un monde où le sang ne coule pas et où les larmes s'effacent aussi vite qu'elles naissent, où les sourires sont des raisons de respirer. Mais ils meurent. Chaque jour, ils meurent un peu plus. Alors ils tentent de survivre, par tous les moyens. Seule la cruauté les mènera jusqu'au bout. Se transformer en monstre pour affronter tout ce qu'ils ne peuvent pas imaginer. La plus grande création de Dieu vend son âme au diable et se consume de son plein gré. Elle détruit tout ce qui a été créé. Elle réduit les temples en ruines oubliées. Elle prend les châteaux et les brûle jusqu'à ce qu'il n'en reste que des souvenirs éphémères. Snow aurait aimé que tout soit différent. Elle aurait tellement voulu changer les choses. Réécrire le temps pour mieux s'en échapper. Elle écoutait Solomonia lui raconter les raisons et les explications. Elle regardait sa meilleure amie s'effondrer, et elle avait la désagréable impression de ne pas pouvoir la rattraper. Chacun de ses mots se perdait dans un écho insoutenable. Les mots dansaient dans le noir et se transformaient en gouttes de sang sur le sol froid de l'institut. Plus rien ne serait jamais pareil. C'était le constat éphémère de l'échec de l'humanité. C'était la raison ultime pour laquelle personne ne survivrait réellement. Les plus chanceux étaient déjà morts. Les plus chanceux regardaient d'en bas le monde s'effondrer. Le ciel noir leur tomber sur la tête. Lesplus chanceux n'avaient pas à vivre ce qu'elles vivaient. La défaite. La défaite qui prédominait sur toutes les victoires. Elles avaient réussi à survivre, mais elles avaient tellement perdu sur la route que plus rien n'avait réellement de sens. Solomonia avait perdu son courage. Elle avait perdu sa force. Elle avait perdu sa vie.

« I should have looked better after you. You weren't suppose to get involved into any of this. I was supposed to look after you. I'm sorry that I failed. »

Le truc, avec la guerre, c'est qu'elle change tous les modes de fonctionnement. Snow n'avait pas le luxe d'être rancunière. Elle n'avait pas envie de lui en vouloir. Elle ne comprenait pas pourquoi elle avait choisi de se faire passer pour morte, de s'enterrer avant l'heure. Elle ne comprenait pas pourquoi elle lui avait infligé ça. La solitude du deuil. Mais elle n'avait pas la force de s'énerver. Elle n'avait pas la force de la chasser alors qu'elle venait tout juste de revenir. Il n'y avait aucun ressentiment. Il n'y avait aucune rancoeur. Il n'y avait que du soulagement. Celui d'avoir retrouvé une amie qu'on croyait déjà loin.

« I failed and I don't know what to do to make it better.  »  

Elle croisa le regard de Solomonia. Le sien était dur. Pas parce qu'elle lui en voulait. Mais parce qu'elle détestait qu'elle puisse penser de cette façon. Elle ne l'avait pas laissée tomber. Elle ne l'avait pas condamnée à mort. Elle avait tenté de survivre, comme le reste du monde.

« Did they send someone to get you or.. ? »

Là. C'est là qu'on se rend compte que tout est trop différent. Que tout a trop changé. Que personne ne pourra jamais rattraper le temps perdu. Qu'il court, et qu'il est déjà trop loin. C'est là qu'on ment, et qu'on ne le regrette même pas. L'égoïsme est le propre de l'être humain. Il veut tout avoir sans réussir à comprendre que les actes viennent toujours avec des conséquences. Alors on sème le vent pour récolter une tornade. On regarde le chaos qu'on a nous-même orchestré et on se demande comment on en a fait pour en arriver là. Snow savait tout ça. Elle l'avait lu des milliers de fois. Elle l'avait appris toute seule. Et elle ne savait plus qui elle voulait protéger.

« Not that I know of.  »

En quelques mots, le mensonge était posé, et ça la détruisait, mais elle n'avait pas le choix. Elle ne pouvait pas lui raconter ce qu'elle ne comprenait pas. Elle ne pouvait pas lui parler de ce qui n'avait aucun sens. Dorian resterait un secret en attendant qu'elle le découvre. Et à ce moment-là, elle aviserait. Snow n'était pas le genre de personne qui avait toujours un coup d'avance sur le reste du monde. Elle n'était pas du genre à calculer la moindre parcelle de sa vie. Elle remettait tout au lendemain et réservait les châtiments au futur sans comprendre que c'était ça qui la perdrait. En cherchant les trophées, elle ne récolterait que de la poussière. Et l'amertume d'un combat perdu d'avance. Elle se tourna vers Solomonia.

« I never want you to feel like you failed me. You didn't. It was never your job to look after me, I'm a big girl, I can pretty much manage it myself. I know you feel like you let me down, and maybe I felt like you did too, but it's over now. You're my best friend, and you always will be. I'm just glad you're alive. And let me tell you, your skinny ass is not going anywhere until I say so.  »

Elle lui lança un sourire complice. C'était fou de se dire que le monde était en train de se déchirer autour d'elles. Dehors, le feu, les flammes, le sang. Les comètes qui brûlaient le ciel. La magie qui explosait sans raison. Dedans, le sanctuaire, la paix, le silence. Cette impression éphémère de sécurité. Mais même elle commence à nous faire peur, parce qu'on sait pertinemment qu'elle s'en ira trop tôt. Qu'il faudra retourner au front et crever à son tour. Faire partie de ces listes qui n'en finissaient pas. Entendre les cris, les pleurs et les sorts sous les regards cruels des dieux.

« I know you're not much of a hugger, but it's been a long time and you're stuck with me so....   »

Snow passa un bras derrière les épaules de Solomonia pour la serrer contre elle. Et puis elle se rappela qu'elle était en état de choc. Elle se rappela des larmes et des tremblements. De tout ce qui ne lui ressemblait pas mais qu'elle subissait comme un héros. Elle brisa le silence, avec des banalités, pour tenter de la rassurer. Pour tenter d'oublier que, dehors, les monstres se déchainaient.

« You're never going to believe who I ran into in the corridor like an hour ago. Nikolaï Konstaninov. With all the drugs he takes, I just figured he'd be dead by now. But he looks in shape. That's weird. »

Un éclat de rire avant de reprendre.

« Where are the others ? Irina, Jaroslav, Eleonora... Did they make it ? Not that I don't like your company. I'm just wondering.  »


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Message Posté Mer 21 Aoû - 4:53.



« You're not here with me. »


Toutes les choses ont une fin. À un moment ou à un autre, on découvre que ce à quoi on tenait le plus, s'apprêtait à s'écrouler. Chaque chose rencontre la mort, et se laisse emporter, parce que c'est le cours des choses. Parce qu'on ne peut pas l'en empêcher. La mort gagne à chaque fois. On tente de survivre, on tente de se battre, mais tout ce qui reste, à la fin de la journée, c'est cet espoir qu'on a plus le droit d'avoir. On essaye de se dire que c'est suffisant, on essaye de se rassurer parce qu'on ne pourra jamais avoir plus. Parce qu'on doit toujours se satisfaire de ce que l'on a. On essaie de se dire que c'est tout ce dont on a besoin. On essaie de se dire que la douleur n'existe pas, pas vraiment. Mais elle est là. Et on la ressent à chaque seconde, de chaque minute. On la ressent comme un poignard qui ne s'arrête jamais de frapper. On la ressent comme une vision qu'on ne pourra plus jamais préserver. On la ressent parce que c'est la seule chose qui existe encore. On se dit qu'on aura du temps pour tout ça. Sauf que c'est faux. Le temps nous court après, et la plupart du temps, il gagne. Parce que les cicatrices s'agrandissent. Parce que les plaies ne cicatrisent plus au bout d'un moment. Et parce que la vie ne ressemble plus qu'à une douleur dont on ne peut jamais se défaire. Un cauchemar sans fin. Parce qu'on vit dans le deuil de toutes ces belles choses qu'on a dû abandonner au feu. On se retrouve au milieu d'une rue bondé, et tout ce qu'on aimerait faire, c'est hurler. Tout ce qu'on voudrait essayer de comprendre, c'est pourquoi est-ce que personne ne nous a prévenu sur cette peine incommensurable. Pourquoi est-ce qu'on a été fait pour ressentir autant de douleur. Pourquoi est-ce que nos âmes se font emmener dans les profondeurs des enfers, dans un royaume que personne ne peut comprendre. Que personne ne peut cautionner. On condamne des innocents à brûler éternellement parce que c'est leur destin. Et aucun sanglot, aucun hurlement ne pourra changer ça. Jamais.

Je l'entendais m'excuser sans la croire. Parce que c'était ça, le soucis. Parce qu'on avait plus le temps. Parce que même si elle m'en voulait, elle n'avait pas le droit de le faire parce qu'au final, on savait qu'on avait tout simplement pas le temps pour ça. On ne l'avait plus. On savait que demain, ou même dans une heure, on était capable de mourir. De s'ajouter à la liste de noms de ceux qui ne rentreraient jamais. Et parfois, ça devenait trop dur, de se rappeler que nous n'étions que des noms sur une liste. Que des visages perdus dans la foule. « You're never going to believe who I ran into in the corridor like an hour ago. Nikolaï Konstaninov. With all the drugs he takes, I just figured he'd be dead by now. But he looks in shape. That's weird. » J'ai souri brièvement. Je regardais ailleurs. Comme si je redoutais déjà la question. « Where are the others ? Irina, Jaroslav, Eleonora... Did they make it ? Not that I don't like your company. I'm just wondering. » No, they didn't.

Toutes les choses ont une fin. À un moment ou à un autre, on découvre que ce à quoi on tenait le plus, s'apprêtait à s'écrouler. Chaque chose rencontre la mort, et se laisse emporter, parce que c'est le cours des choses. Parce qu'on ne peut pas l'en empêcher. La mort gagne à chaque fois. On se débat et on essaye de changer. On essaye de se guérir de la peine parce qu'elle est trop grande. On essaye de se sauver de la perdition parce qu'on a déjà trop perdu. On essaye de trouver un moyen de ramener les morts à la vie. On essaye de s'arranger pour tomber, en même temps que l'ennemi, parce que c'était la seule chose qui nous restait. Parce qu'après les cris, après les pleurs, après le déni, la colère, après le marchandage et après la dépression, on ne parvient toujours pas à accepter. On jongle entre toutes ces phases, comme si on étaient tous incapables de voir plus loin. Et peut être que c'est vrai. Peut être qu'on recommence éternellement nos erreurs. Et la vérité, c'est qu'on refuse d'admettre que tout est fini. On refuse d'imaginer qu'on a perdu. C'est trop dur. Ça l'a toujours été. Parce que la seule chose qui nous reste quand tout ça est fini, c'est un vide qu'on ne peut pas combler. C'est des souvenirs qui commencent à s'effacer. C'est l'image d'une personne qui commence à disparaître de notre esprit. Tous les jours on essaye de se rappeler de chaque trait, de chaque rire, mais au bout de plusieurs années, ça devenait de plus en plus dur de se rappeler de ce passé qui était déjà trop loin. « They, uhm... » J'ai regardé vers le sol. J'ai expiré rapidement. J'avais pas envie de laisser ma voix se briser. J'avais pas envie de ressentir la révolte. La colère. Parce que c'était trop dur de se rappeler que tout était déjà hors de portée depuis le départ. « They are dead. Except Eleonora, they're just... Gone. » Je ne la regardais toujours pas. C'était comme essayer de raconter un cauchemar. Comme essayer de donner chaque détail qui nous a mené vers la chute. « They won't be coming back. » L'acceptation. L'admettre à voix haute. Réaliser que la personne ne sera plus là. Réaliser que c'était la fin. Certains présentent cette étape comme un retour au bonheur. Comme le premier sourire. Comme le soleil après le mauvais temps, mais c'est faux. C'est cette simple seconde où on finit par admettre tout haut qu'il n'y aura pas de retour en arrière. Et qu'on ne peut pas battre le destin. « I would like to know how to... Not know this shit. But it's there and we still have to live with it at the end of the day. And it's not fucking fair. None of it. » Le silence s'est installé. Plusieurs secondes, se transformant en plusieurs minutes. Plusieurs milliers de moments que l'on perdait parce que plus rien n'était là. Parce que la joie avait quitté la pièce. Parce que la mort planait autour de nous, et qu'elle se moquait de nos faiblesses. « As for Nikolaï, well, you'll be pleased to know that we're kind of together now. »

Toutes les choses ont une fin. Et un jour, peut être qu'on réussira à l'accepter pendant assez longtemps. Peut être qu'on aura la force de se relever. Peut être que ça ne sera pas aussi dur de se répéter ce fait là, encore et encore. En attendant, c'était inutile d'espérer y arriver pour le moment. On avait trop perdu. Et la vérité, c'est qu'on ne savait pas comment retourner à cette période où on avait encore de l'espoir.

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I wake up, they said we won. they didn't say what we lost
As the snowflakes cover my fallen brothers, I will say this last goodbye. Many places I have been, many sorrows I have seen, but don't regret, nor will I forget all who took that road with me. Night is now falling, so ends this day, the road is now calling and I must away. To these memories I will hold with your blessing I will go to turn at last to paths that lead home. And, oh, where the road then takes me, I cannot tell. We came all this way, but now comes the day to bid you farewell.
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