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just to watch me break | janu & solo
ϟ celui qui lit ce titre est un elfe de maison. Ceci était la touche d'humour de Thor.
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January D. Lockhart
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Message Posté Jeu 2 Jan - 19:09.
regrets don't make a friendship.
citation qui va avec pour faire joli lolilol hihi

   

   
informations particulièrement pas importantes
ϟ dénomination courante des participants ▬ Solomonia Marcovic & january lockhart
   ϟ  étiologie du statut subjectif ▬ Privé.
   ϟ  datation approximative du moment exact ▬ Mi-mars.
   ϟ  cadran lunaire appréciable ▬ Vers 6 heures du matin.
   ϟ  météorologie sorcièrement acceptable ▬  Il fait beau pour l'instant.
   ϟ  saison saisissante et palpitante ▬  Saison 3.
   ϟ  intrigue globalement intriguante ▬  Prélude.
   ϟ chatiment divin exigible ▬  Non.
   

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Message Posté Jeu 2 Jan - 19:38.
« walking in the air »
dancing in the moonlit sky



Le truc, avec les erreurs, c'est qu'elles sont humaines. Tout le monde en fait, tous les jours. C'est comme une malédiction, une tragédie. Nous sommes condamnés à nous tromper. Certains choisissent de faire face à leurs erreurs, de retenir la leçon, et de ne jamais se retourner. D'autres les traînent comme un fardeau. Ils laissent leurs erreurs les hanter jusqu'à ce qu'ils perdent conscience de ce qu'ils sont exactement. Les erreurs sont humaines, elles sont courantes, il est impossible de ne pas en commettre. Peut-être qu'elles sont dans l'air qu'on respire, peut-être qu'elles sont dans les étoiles qu'on contemple et qui nous transmettent des messages qu'on ne saisit jamais à temps. Peut-être qu'elles sont déjà écrites, peut-être qu'elles sont accidentelles. Peut-être qu'elles relèvent de notre responsabilité, peut-être qu'elles viennent de la jalousie des dieux. Mais à partir de quand une erreur devient si indigne qu'elle ne peut pas être pardonnée ? A partir de quand une erreur devient-elle une trahison ? Je sais pas, peut-être qu'il existe un seuil, quelque chose à franchir qui détermine pourquoi est-ce qu'une erreur fait si mal et ce qu'on doit faire dans ce cas. Comment est-ce qu'on peut revenir en arrière ? Comment est-ce qu'on peut effacer ce qui a été fait ? Je pose la question, honnêtement, parce que je ne possède pas la réponse. J'ai cherché à pardonner. J'ai vraiment, vraiment cherché. J'ai cherché à comprendre, mais cette fois-ci, il n'y avait rien à comprendre. Cette fois-ci, c'était pas une erreur de parcours, c'était pas quelque chose qui pouvait se résoudre aussi vite. Parce que c'était pas vraiment une erreur, pas vrai ? C'était un choix. Et il est toujours plus difficile de pardonner les choix. Il n'y a pas de volonté dans les erreurs. Les choix, en revanche, sont le produit d'une réflexion, d'une mise en balance des intérêts. Les choix sont des engagements qu'on prend, ils déterminent le reste du chemin qu'on doit parcourir, et ils déterminent aussi ceux avec qui on va le parcourir. Ce qui nous amène à la partie de l'histoire que j'aurais préféré ne jamais avoir à raconter. Je suis quelqu'un de loyal. J'ai du mal à admettre la trahison et, même quand je pardonne, je ne pardonne jamais tout à fait. Il est jamais réellement possible de pardonner, quand on y pense. Les souvenirs reviennent toujours trop vite, trop forts. Les blessures restent, elles ne s'effacent pas. La rancoeur laisse un goût amer et tout devient trop difficile à supporter. Elle était partie il y a quelque jours en m'assurant qu'elle y était obligée, et qu'il n'y avait rien à faire. Elle était partie dans une mission que je ne tolérais pas, le genre de choses qu'une gamine n'avait pas à exécuter, et certainement pas seule. Elle était partie contre mes indications parce qu'elle n'avait pas le choix. Elle était partie malgré tout ce que je lui avais dit parce qu'elle n'avait aucune autre alternative. Elle était partie sans regarder derrière elle. C'est pour ça que je l'ai crue. Encore une fois, j'aurais pas dû.

Je crois qu'au fond, il y a deux types de personnes. Et c'est pas les héros et les lâches. C'est pas non plus les forts et les faibles. C'est ceux qui sont capables de vous regarder droit dans les yeux et d'inventer le plus vicieux des mensonges, et ceux qui sont incapables d'expirer autre chose que la vérité. C'est ceux qui tirent les ficelles et ceux qui croient. Ceux qui gagnent, et ceux qui perdent. Je l'avais crue, et j'avais tout misé sur ça. J'avais tout misé sur cette confiance que j'avais en elle, parce que j'avais aucune raison d'agir autrement, pas vrai ? Elle me disait et elle me répétait qu'on était de la même famille même si on n'était pas liées par le sang. Elle me disait et elle me répétait qu'elle faisait tout ça pour moi et qu'au fond, il n'y avait que notre amitié qui comptait à présent. Au final, je continuais à prier pour que tout ça n'ait pas été vain. Je continuais à me dire qu'il devait y avoir une explication, un malentendu. Que je pouvais continuer d'en vouloir à James sans regretter de lui avoir rendu sa bague et ses promesses. Que quand on se verrait enfin, elle me dirait qu'elle n'avait pas décidé de mourir, encore une fois. Sauf que j'en avais marre de lui trouver des excuses. Cette fois-ci, elle n'en avait aucune.

L'Eglise faisait partie des seuls bâtiments qui avaient été épargnés par la guerre. Comme si on avait eu trop peur de ce qui nous arriverait si on osait y toucher. La plupart du temps, elle était pleine à craquer. Qui n'avait pas de prière à prononcer ? Qui n'avait rien à confesser ? J'étais pas croyante. Pas vraiment. Mais s'il existait un Dieu, là-haut, s'il y avait une chance que quelqu'un me regarde, que quelqu'un m'écoute, alors ça valait peut-être le coup d'essayer. De s'asseoir, quelques minutes, quand personne n'était là pour juger, et d'essayer de le convaincre de me laisser m'en sortir. J'ai souri en pensant qu'il y avait un an de ça, j'étais dans la situation inverse. J'entrais dans une église sans comprendre qu'il s'agissait d'un sanctuaire et je rencontrais Foreston sans comprendre qui il était. S'il m'avait vu ici, il m'aurait sûrement refilé sa bible, fier de ma conversion. Mais c'était pas tant de foi dont il était question. C'était d'une tempête qui n'avait pas l'air de vouloir se finir. D'une chute qui n'avait pas de fin. De toutes les peurs qui s'ajoutaient au fait que je ne savais pas où j'allais, ni sur qui compter. De tout ce qui s'effondrait et qui semblait irréparable. On venait d'enterrer trois résistants. Les autres étaient partis. J'étais A présent, les enterrements se faisaient aux aurores, parce qu'on avait peur que les forces du ministère ne viennent troubler leur paix si on les faisait en journée. On en était réduits à ça. A optimiser le temps réservé aux enterrements.

Des bruits de pas ont résonné dans l'église. J'ai sursauté avant de me retourner.  C'était Solomonia. J'ai pas souri. J'ai pas levé les yeux au ciel. J'ai conservé un visage simple, impassible.  « Oh. Solomonia Marcovic.  » Elle s'est assise sur le banc, à côté de moi. J'ai gardé le silence, quelques instants. Je regardais droit devant moi. Je fixais les vitraux. Le jour commençait à se lever. Les premiers rayons de Soleil nous éclairaient. Et le truc, c'était qu'elle avait toujours été  meilleure dans le domaine de la colère que moi. Mais je lui en voulais. Elle était partie et c'était comme si elle avait déclaré que tout ce qu'elle avait dit jusque là était un vaste mensonge. Elle était partie et elle avait tout foutu en l'air. Elle était partie et elle avait piétiné ma confiance au passage. Je comprenais pas comment on pouvait faire ça. Partir alors qu'on a tout. Partir alors qu'on laisse derrière soit un empire doré. Quand j'étais partie, j'avais rien d'autre que de la poussière. Elle, elle avait Nikolaï, elle m'avait moi, et elle avait tous les autres. Et plus ça allait, plus ça semblait injuste. Elle ne m'avait jamais épargnée. Je me souvenais encore de ses mots, trop froids. Je l'entendais encore me dire qu'elle me détestait. J'avais du mal à saisir la vérité. J'avais du mal à voir  où étaient les mensonges. C'était ça qui faisait le plus mal. De tout donner à une personne, et de voir qu'elle réduisait tout en miettes, comme si ça n'avait aucune valeur. J'ai soupiré.  « Nikolaï mentionned you were back.  » Je parlais d'une voix basse, comme si j'avais peur qu'on nous entende. Comme si j'avais peur que les anges soient dégoutés en voyant ce qu'on était devenues. Des fantômes. Des restes. Je continuais à regarder droit devant moi. C'était gamin, c'était con, mais j'avais pas envie de la voir. J'avais pas vraiment envie de lui parler. J'avais envie qu'elle parte, comme elle savait si bien le faire. Parce que j'étais pas sûre de pouvoir lui pardonner, cette fois-ci. J'étais pas sûre de pouvoir faire comme si rien ne s'était passé.  « So, tell me, how was London ?  » C'était pas mon genre, d'être sèche, froide. Mais quand j'étais blessée, j'étais pas meilleure que les autres. « Why didn't you stay longer ? I heard you were so eager to go. »

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B. Solomonia Marcovic
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Message Posté Jeu 2 Jan - 23:19.
There's nothing left to say, now.


« Oh. Solomonia Marcovic. » Il y a toujours un moment, une minuscule seconde où l'on comprend que parfois, tout ne finit pas par s'arranger. Il y a toujours un moment, un simple instant qui part aussi vite qu'il est arrivé, où l'on découvre que l'espoir, la joie, le devoir, ce ne sont que des cauchemars, des malheurs auxquels on ne peut pas répondre. On voit les phrases et on compose les excuses sans savoir qu'elles n'ont déjà plus aucun sens. On passe notre vie à prier pour le pardon alors que l'on refuse bien trop de l'accorder. On change les données afin qu'elles nous conviennent et on modifie l'ordre des choses jusqu'à ce que tout soit assez satisfaisant. On prétend que les miracles existent pour tous alors qu'en vérité, tout ce qu'on subit, c'est un abandon quotidien. On retrouve les cauchemars que l'on accepte plus de revivre. On vit dans un rêve éternel et on ne réalise pas tout ce qu'on est déjà en train de perdre. On se cache dans la peur et dans la honte. On se cache dans tout ce qu'on attendait depuis trop longtemps. Je ne lui ai pas dit au revoir, pas vraiment. Je ne lui ai pas dit désolé. Je ne lui ai pas dit tout ce que je prévoyais d'abandonner. Je lui ai fait croire que j'étais forte, alors que j'étais tout le contraire, et je continuais à faire les pires erreurs, à commettre les pires trahisons. Je continuais à inventer des raisons qui n'existaient pas et je persistais dans la quête du savoir. Je persistais à essayer de trouver comment lui expliquer pour quelles raisons j'avais fait ça, mais le silence brûlait. J'étais à côté d'elle et tout ce que je lui avais donné, c'était un passé sans raison, un futur qui n'existerait jamais. Tout ce que je lui avais donné, c'était un portrait de famille brisé qu'elle ne pourrait jamais accepter. De nouvelles responsabilités qu'elle n'aurait pas dû avoir. Le poids de mes erreurs qui continuait à se multiplier. Le poids de nos erreurs qui se combinaient mal avec une guerre sans fin, avec un cauchemar dont on ne pouvait pas se débarrasser. J'étais revenue parce que je devais me battre mais je pensais toujours à la porte de sortie. Je pensais toujours à la solution de facilité. Je pensais toujours à quel point ça aurait été facile de juste disparaître, parce qu'en faisant face à la réalité, c'était ça, qui nous attendait. La mort. Et peut-être que j'ai été trop hypocrite en prétendant la croire. Peut-être que j'aurai dû mieux la protéger de tout ce que je ne serais jamais, parce que ça a toujours été comme ça avec elle. Parce que je savais pas avouer réellement ce dont j'avais peur. Parce que j'étais pas la meilleure amie au monde, et que je ne le serais jamais. Je serais toujours trop fière, trop peu expressive. Je serais toujours la méchante de l'histoire, et elle serait toujours l'héroïne. C'était ça, qui nous torturait un peu trop fort.

« Nikolaï mentionned you were back. » Je me suis pincée les lèvres. Je savais que j'avais plus besoin de prier. Les jeux étaient faits, et j'avais plus qu'à accepter la sentence. Il y avait quelque chose de cruel avec la fatalité. Quelque chose qui semblait trop difficile pour être accepté, alors qu'au final, il suffisait de laisser tomber. Il suffisait d'avancer dans le noir, et dans l'obscurité de tout ce qu'on ne pourrait jamais connaître. Parce qu'en vérité, on pense toujours connaître les autres. « So, tell me, how was London ? » Je regardais droit devant moi. J'étais face à tous les mots que j'ai jamais été capable de prononcer. J'étais face à tous les miracles que j'ai pas pu récupérer. J'étais face à la fin, et j'avais rien à dire. Parce que la vérité, c'est qu'elle resterait toujours ma meilleure amie. La vérité, c'est que c'était une des seules personnes qui comptaient encore. La vérité, c'était qu'elle méritait pas d'avoir quelqu'un comme moi en tant qu'amie. Elle méritait pas de supporter toutes les trahisons que je lui faisais subir. Elle méritait pas de subir tout ça. Sauf que j'étais incapable de l'arrêter. Je continuais de tomber. Je continuais de l'avancer vers le précipice. « Why didn't you stay longer ? I heard you were so eager to go. » J'étais partie pour mourir. Et j'étais revenue pour tout perdre. Pour retomber à nouveau. Pour redevenir le monstre déchu qu'elle ne pourrait jamais être. « Glad to see you too, Jan. » L'ironie était le meilleur des boucliers. Et pourtant, ça resterait toujours le mauvais. « He told you. » J'avais tout perdu, au fil du temps. Et peut-être que c'était ça, le prix. Perdre ma meilleure amie aussi. « Well, what can I say, sorry won't make it this time, will it ? » J'avais mal. Ça me brisait de dire ça. Ça me brisait d'avoir cette impression que tout était déjà un adieu. « That's what I do. I run away. I wish I could change that, but I can't. That's who I am. » C'était ça, la fatalité. C'était ce sentiment précis. Et la vérité, c'est que c'était trop cruel pour être supportable. Pour qu'on puisse un jour réellement l'accepter. « Go ahead, say what you need to say. »

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I wake up, they said we won. they didn't say what we lost
As the snowflakes cover my fallen brothers, I will say this last goodbye. Many places I have been, many sorrows I have seen, but don't regret, nor will I forget all who took that road with me. Night is now falling, so ends this day, the road is now calling and I must away. To these memories I will hold with your blessing I will go to turn at last to paths that lead home. And, oh, where the road then takes me, I cannot tell. We came all this way, but now comes the day to bid you farewell.
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Message Posté Ven 3 Jan - 16:30.
« follow you down to the red oak tree »
you carry me, carry me down



Le truc, avec les poufsouffles, c'est qu'on se fait trop facilement avoir. On se laisse émouvoir par la solidarité. On n'a pas le courage des gryffondors, mais on rêve de ces barricades dont on nous parle en cours d'histoire. On rêve de crier à l'unisson avec les autres et de se battre pour quelque chose qui en vaut le coup. On ne vit pas vraiment pour nous, on vit pour les autres. On accorde sa confiance. On aide les rois déchus à se relever. On donne tout ce qu'on a parce qu'on ne veut pas vivre avec l'impression de ne pas en avoir fait assez. Et quand on ne nous rend rien, on se dit que c'est pas si grave. Qu'on n'a pas fait ça pour les remerciements, pour le triomphe. Ne rien rendre est une chose, trahir en est une autre. Et le truc avec les gens loyaux, c'est qu'ils tolèrent très mal les trahisons. J'arrivais pas à comprendre pourquoi tous les gens que j'aimais finissaient par partir. J'arrivais pas à trouver l'erreur que j'avais commise pour qu'ils décident de se retourner contre moi. J'aurais aimé savoir comment je pouvais réparer ça, récupérer ce que j'avais perdu. Mais cette fois, c'était comme s'il n'y avait aucune solution. « Glad to see you too, Jan. » J'ai laissé un sourire apparaître sur mon visage, parce qu'au fond, c'était comme ça que ça se terminait. Parce que j'avais mal, et qu'un sourire, ça faisait toujours mieux passer la pilule que j'avais refusé de prendre jusqu'ici. Je m'étais faite avoir.  Purement et simplement. La pire des choses qu'on peut faire, c'est accorder sa confiance trop facilement. La pire des choses qu'on peut faire, c'est donner quelque chose qu'on ne peut jamais vraiment reprendre. Quelque chose qui nous met en danger. J'avais toujours fait mon possible pour voir le meilleur dans ceux qui m'entouraient, pour voir les qualités qui pourraient les sauver, qui pourraient les sortir des abysses où ils siégeaient depuis trop longtemps. Sauf qu'à ce moment-là, ça ne semblait plus juste de voir tout ce qu'il y avait de bon en elle.  «  He told you. » Je gardais mon regard fixé sur les vitraux. On était devenues des inconnues. On avait tenté de se persuader du contraire, de faire comme si on ne partait pas dans deux directions différentes. On avait essayé de se raccrocher à tous ces souvenirs qui n'existaient plus. On avait essayé de vivre dans le passé mais, il fallait se rendre à l'évidence, il n'y avait plus rien qui nous reliait. Elle continuait à fuir et je continuais à me battre.  «  Well, what can I say, sorry won't make it this time, will it ? »  Non, cette fois, ça ne serait pas suffisant. Cette fois, rien ne serait vraiment suffisant. Cette fois, elle était allée trop loin, elle en avait trop fait, et je pouvais pas me permettre de lui pardonner. Du moins, pas pour le moment.  J'avais pardonné trop facilement. J'avais oublié toutes ses erreurs. J'aurais aimé qu'on soit plus fortes que ça, mais je pouvais pas continuer à la laisser me blesser et à lui sourire comme si c'était pas grave. C'était grave. C'était grave de croire que je serai à sa disposition peu importait le mal qu'elle me ferait, peu importait combien elle pourrait me détruire. L'amitié avait toujours été quelque chose de très important pour moi. Vous savez, quand on perd sa mémoire, on perd aussi sa famille. On perd tout ceux que les autres tiennent pour garanti. Alors les relations que j'avais tissé, ces amitiés que j'avais créé, je les chérissais plus que tout au monde. Et elle, elle continuait de me jeter comme si rien n'avait jamais compté. Je pouvais plus faire comme si ça ne me dérangeait pas. J'arrivais plus à faire comme si j'avais pas mal. J'arrivais plus à la croire, tout simplement.  «  That's what I do. I run away. I wish I could change that, but I can't. That's who I am. »  J'ai étouffé un rire parce que j'ai trouvé ça si facile que ça en devenait ridicule. C'est facile de se cacher derrière ce qu'on est sans même essayer de changer. C'est facile de se cacher derrière des pseudos vérités pour faire comme si c'était pas grave. Comme si au fond, tout pouvait s'arranger. C'était facile et dégueulasse.  «  Go ahead, say what you need to say. »  

J'ai gardé le silence pendant quelques minutes. Au départ, j'avais choisie de l'ignorer, d'attendre qu'elle parte. Sauf qu'elle n'est pas partie. Pour une fois elle est restée. Et le problème avec le silence, c'est qu'il vous conduit à ressasser tout ce à quoi vous ne voulez pas penser. Le silence n'est jamais calme, il est nerveux, emprunt de colère, de tout ce que vous voudriez dire mais que vous n'avez jamais osé prononcé. Le silence est rempli par ces hurlements inaudibles, ces pleurs jamais versés, ces supplications sourdes. Et le truc, c'est que tout devient plus réel quand on le prononce. Toutes ces menaces qu'on se fait à soi-même, toutes ces barrières qu'on invente, dès qu'elles touchent le bout de nos lèvres, elles font partie de la réalité, celle qu'on ne peut pas ignorer. Celle qui fait mal. Celle qui tue. « It wasn't Nikolaï who told me, it was James. I kept blaming him for sending you to London and eventually, he spilled it out. That's why Nikolaï went to get you. He didn't have to tell me anything because yeah, that's what you do and we've been there before, haven't we ?  » Les erreurs, lorsqu'elles sont répétées, cessent d'être des erreurs, elles deviennent des comportements, des personnes. Elles deviennent insupportables et impardonnables, parce qu'elles font trop mal. Et l'être humain cherche toute sa vie à se protéger des souffrances qu'on lui inflige. J'ai longtemps supporté la douleur. Aujourd'hui, j'avais plus le cœur  pour le faire. « You know, two is usually the amount of chances you get before you really blow it.   » Je regardais droit devant moi, parce que c'était la seule chose qui me maintenait déterminée. C'était la seule chose qui m'empêchait de craquer et d'abandonner ce que j'étais en train de faire. Moi aussi j'avais fait des promesses. J'avais promis que je serai toujours là pour elle. Et je continuerai à l'être. Je le serai juste différemment. J'ai repensé à tout ce qu'on avait vécu, et tout s'éclairait différemment. Je lui en voulais de continuer à m'abandonner. Parce qu'en y repensant, c'était tout ce qu'elle avait fait depuis le début.  « The first time you did this, the first time you walked out on me, it was here. You jumped off a cliff, remember ? And I understood, because you were young, and confused, and I got it. You were testing me and I thought, you know, it's going to be ok, now she knows I've got her back, it's going to be just fine.   » Il y avait un arrière goût amer dans ma voix. De la nostalgie, des regrets. Le reflet de tout ce que j'aurais jamais dû faire. « But then you did it again. You made everyone believe you were dead. You made us grieve. You made us burry an empty coffin. Eventually, you came back and I understood. You went through a lot, it was the easy way out, the way you could find yourself again, you needed out and I thought that this time,  this was it, you know. I told myself, ok, now she found her way, she trusts me enough to tell me, she likes me enough to come all the way from God knows where in order to explain why she did this, this time it's going to work out.   » Ma gorge se serrait. Mes yeux s'embrumaient. Je me sentais à la fois stupide d'avoir cru à ses mensonges et dégoutée de devoir en arriver là. Dégoutée de devoir en arriver au point où il n'y avait plus de retour en arrière possible. Comme je l'ai dit, il n'y avait rien qui pouvait concurrencer l'amitié pour moi. C'était sans doute la plus belle façon d'aimer quelqu'un. S'assurer qu'on serait toujours là pour lui. Se foutre de ses défauts, de ce qu'il pouvait faire. Se battre pour cette personne quoi qu'il arrive.  C'était ce que j'avais fait, pendant tout ce temps. Pendant qu'elle fuyait et qu'elle mentait. « And here we are, six months later, nothing has changed. You look me in the eyes, you tell me we're family, then you go to get yourself killed because you'd rather die than talk about it to any of us. But this time, I don't understand, and, quite frankly, I don't want to. I don't really care why you did it because bottomline : you did it.  » Ma voix était dure, froide, comme si elle regrettait toutes les fois où elle avait prononcé les mots 'je te pardonne'. Comme si elle apprenait de ses erreurs, et moi avec. Mais soudain, tout devenait plus réel, plus suffoquant. Tout faisait beaucoup plus mal. « I've been nothing but loyal to you. I gave you my trust and my pride. I really thought I earned yours. Now that I know what to expect from you, which is nothing,  I can't do that anymore.   » Cette fois-ci, ma voix tremblait, parce que j'étais physiquement impossible de lui accorder la moindre parcelle de ma confiance. J'étais incapable de la regarder et de me dire qu'on avait été amies. On avait jamais rien été, et c'était un constat qui me tuait. Je me suis retournée vers elle. « The only thing left to do is to forgive and forget. I want to forgive you and I want to forget you.  » J'ai baissé la tête. J'ai gardé le silence pendant quelques secondes pour me calmer. Puis j'ai repris. « As long as my personal life is concerned, we're done. We'll stay in touch because of the resistance but that's it.  » J'ai expiré, lentement. « I don't have anything to say to you. » Puis j'ai relevé la tête pour regarder en face de moi. « Please, feel free to run away. »

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Message Posté Sam 4 Jan - 0:13.

I shot for the sky, I'm stuck on the ground. Why do I try, I know I'm gonna fall down.


Il y avait quelque chose d'effrayant dans les adieux. Parce qu'on ne veut jamais les comprendre. On ne veut jamais les accepter. On laisse le temps passer et les chimères finissent par gagner. On finit par avoir peur de tout ce qui n'est pas réel, parce qu'on peut perdre aussi facilement que ça. Parce qu'on peut comprendre que rien n'est assez. On se torture avec tout ce qu'on n'aura plus jamais, on se torture avec tout ce qui n'est pas réel, parce qu'au final, c'est déjà trop. J'étais cette fille qui pensait pouvoir gagner et je me persuadais que c'était assez. Je me persuadais qu'après tout ce temps, j'avais réussi à oublier l'échec. Le temps courrait trop vite et j'avais peur, j'étais terrifiée de découvrir que tout serait déjà bientôt trop tard. Le temps courrait trop vite et tout ce que je voyais, c'était un passé dont je ne pouvais pas me défaire. Un avenir trop sombre que personne ne pouvait réellement saisir. J'ai toujours pensé que January, c'était l'amie que je ne méritais pas. Celle que je continuerais à détruire, parce qu'elle était l'héroïne de l'histoire. Parce que personne ne pouvait détruire réellement January. On pouvait la blesser et la trahir, mais elle se relevait à chaque fois. On pouvait lui montrer ce que c'était pas assez, et elle nous prouvait qu'elle avait la force de tout changer. Peut-être que cette fois, c'était pas assez. Peut-être que cette fois, c'était juste trop peu. Peut-être que cette fois, j'étais réellement destinée à retourner à cette période où je n'avais plus rien à part des chimères, et des secrets que je n'avais pas le droit de connaître. Des mystères auxquels Nikolaï n'avait pas de réponse. Je n'avais peut-être plus que des tombes sur lesquelles je continuerais à me poser des questions sans jamais trouver une seule réponse valable, sans jamais retrouver quoi que ce soit de logique ou de nécessaire. J'avalais ses mots, même s'ils faisaient mal. J'avalais ses mots parce qu'elle avait raison, parce que je ne pouvais pas m'en sortir. Je continuerais à me noyer dans mes mensonges. Je continuerais à être cette fille-là, celle qui perdait tout et qui ne gagnait rien. Je continuerais à lui reprocher de s'en sortir sans réellement lui faire comprendre, parce que je l'enviais. Parce que j'enviais ce qu'elle avait. J'enviais sa gentillesse. J'enviais tout ce que j'avais choisi de laisser tomber, pour devenir tout ce qu'elle détestait observer. Tout ce qu'elle détestait comprendre.

« I've been nothing but loyal to you. I gave you my trust and my pride. I really thought I earned yours. Now that I know what to expect from you, which is nothing, I can't do that anymore. » J'aurai voulu être un héros, parfois. Parce que c'était plus simple. Parce que ça semblait tellement plus facile que tout le reste. Ça semblait être quelque chose que tous le monde pouvait faire, et pourtant, je continuais à échouer. « The only thing left to do is to forgive and forget. I want to forgive you and I want to forget you. » Je regardais droit devant moi. Parce que c'était plus simple que de voir tout être détruit. « As long as my personal life is concerned, we're done. We'll stay in touch because of the resistance but that's it. » J'ai fermé les yeux. J'ai laissé une larme couler sans aucun bruit, et j'étais heureuse de savoir qu'elle ne pourrait rien voir. Qu'elle ne pourrait pas comprendre. Que je recherchais aucune justification. Plus maintenant. « I don't have anything to say to you. » J'ai rouvert les yeux. Face à toutes les prières que les Dieux n'ont pas pu entendre. Face à toutes les choses qu'ils ne pourront jamais m'accorder. « Please, feel free to run away. » Fuir, c'était ça, la dernière solution. C'était ça, qu'elle attendait. Parce que l'amitié ne devait pas compter pour moi. Parce qu'elle n'était pas censée compter pour les méchants de l'histoire. « You know what the worst is, Jan ? » Je regardais toujours droit devant moi. « It's that you're right. » J'ai laissé le silence s'installer, pendant quelques secondes. Comme si je pouvais changer les choses. Mais au fond, je ne faisais que dire ce que je pensais, sans rien attendre. Parce que je savais que je n'avais déjà plus rien. Que je ne pourrais pas rattraper les choses. Il était trop tard. « You've been the best friend someone like me could ever hope for and I screwed everything up. I did it again and again, and you didn't deserve it. You don't deserve someone like me as a friend. I'm too much fucked up for that. And I mean it. I'm not seeking for your forgiveness. I'm not trying to make you feel sorry for me. I'm not trying to justify myself for what I did. I know I did the wrong thing. But it's not because I didn't trust you. » J'étais calme. Comme si j'avais accepté la réalité. Comme si au final je savais que ça se finirait comme ça. Et peut-être que je le savais depuis le départ. C'est seulement que je n'ai jamais osé l'admettre. « I know you think that people can't change, but that's because you're the good one in this story, Jan. You're the hero, even if you don't realise it. And I don't blame you for it. I'm happy for you. I'm happy that everything almost always works out for you. » C'était sincère. Sans ironie. Sans envie de blesser. C'était la réalité. C'était tout ce qu'on avait plus la force de promettre. Toutes les choses qu'on avait fini par détruire. Dont l'amitié. Peut-être que c'était ça, la limite du pardon. Peut-être que la guerre réduisait tout en cendres, quoi que l'on fasse. « It doesn't work that way for me. Sometimes, I do good things. That doesn't make me a good person. That doesn't mean I'm not the bad guy in this. I told you, the happy ending shit is not for me. Even if I saved you, even if I keep protecting you because you'll always be like family for me, that won't make it okay. No matter what you think, I would do it my way, and you wouldn't like it. I kill, I torture, I run away, I lie. But I'm trying so hard to change that, even though it never works. Not everyone can change Jan, I'm sorry but that's the truth. » Je me suis levée pour partir. Parce que c'était fini. Parce que c'était tout ce que je ne pourrais plus jamais rattraper. « I took enough of your time now, I'll just go. »

_________________
I wake up, they said we won. they didn't say what we lost
As the snowflakes cover my fallen brothers, I will say this last goodbye. Many places I have been, many sorrows I have seen, but don't regret, nor will I forget all who took that road with me. Night is now falling, so ends this day, the road is now calling and I must away. To these memories I will hold with your blessing I will go to turn at last to paths that lead home. And, oh, where the road then takes me, I cannot tell. We came all this way, but now comes the day to bid you farewell.
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