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some gotta leave, so some survive (finn&solo)
ϟ celui qui lit ce titre est un elfe de maison. Ceci était la touche d'humour de Thor.
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N. Finn Steinhart
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Message Posté Ven 6 Juin - 21:32.
there's a hole in my soul
some have to leave so some survive

   

   
informations particulièrement pas importantes
ϟ dénomination courante des participants ▬ Solomonia Marcovic & Finn Steinhart
   ϟ  étiologie du statut subjectif ▬  Privé.
   ϟ  datation approximative du moment exact ▬ Début avril.
   ϟ  cadran lunaire appréciable ▬ Fin de soirée.
   ϟ  météorologie sorcièrement acceptable ▬  il neige dehors.
   ϟ  saison saisissante et palpitante ▬   Saison 3.
   ϟ  intrigue globalement intriguante ▬  N/A
   ϟ chatiment divin exigible ▬  Non.
   


Dernière édition par N. Finn Steinhart le Ven 6 Juin - 21:40, édité 1 fois
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N. Finn Steinhart
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Message Posté Ven 6 Juin - 21:39.




and the buffalos used to say, be proud of your name



Les doigts autour d'un verre froid. La respiration qui a goût de liqueur. La radio résistante qui résonne, quelque part. C'est son mode opératoire, ou quelque chose comme ça. Il vient s'asseoir là, au comptoir. Il boit jusqu'à ce que sa gorge ne le brûle trop. Il boit jusqu'à ce qu'il oublie la raison pour laquelle il est venu jusqu'ici. Puis il s'enfuit. Il n'a pas pour habitude de parler à qui que ce soit.  Il ne vient pas pour ça. Il garde les yeux baissés et laisse son regard se perdre dans les méandres de son esprit. Peut-être qu'il se punit. Peut-être qu'il cherche un moyen de trouver la rédemption. Peut-être qu'il ne sait même pas ce qu'il vient foutre ici.

Il croise son reflet dans le vieux miroir poussiéreux qui lui fait face. Il déteste ce qu'il voit. Ce n'est pas la culpabilité qui le tue. C'est le vide. L'absence de but. Il ne sait pas réellement ce qui se cache derrière le mensonge, à part un champ de ruines. Il ne restait plus rien de ce qu'il était, autrefois. Il ne restait plus de gloire, plus d'honneur. Pas même de nom. On lui avait assigné une nouvelle identité. On l'avait réduit au rang d'escroc. Et il jouait ce rôle à la perfection, il fallait dire. Peut-être était-il né pour jouer des rôles. On lui avait donné de l'air pour mentir, et non pas pour respirer. Il n'avait pas de fonction, pas d'existence, aucune signification. Il ne portait sur lui que le destin des autres, parce que c'était plus facile de se cacher derrière de faux noms que d'avouer qu'en fin de compte, il avait perdu. Il s'était battu, et il avait perdu.

Autrefois, il trouvait le mensonge divertissant. Il se complaisait à tromper le monde. Il se sentait puissant. Aujourd'hui, alors que le piège se refermait sur lui, il payait durement le prix de son orgueil. Il se retrouvait face à tout ce qu'il avait toujours fui. Les regrets, ça ne fait pas une vie. Pourtant, c'était tout ce qu'il avait. Il n'avait pas de souvenirs, pas d'avenir, juste des regrets. L'impression d'avoir raté un virage. Il se repassait, sans cesse, le film de sa vie, à chercher le moment précis où il avait  pris la mauvaise direction. Mais il y en avait beaucoup trop, de ces moments. Et ça le faisait enrager de voir combien il avait été con. Combien il avait tout gâché. Il aurait voulu se cacher derrière un univers trop cruel. Il aurait voulu crier au monde qu'on lui avait volé tout ce qu'il avait gagné. Mais, en vérité, il n'avait jamais gagné quoi que ce soit. Il n'avait jamais été que l'emprunteur précaire d'une vie qui n'était pas la sienne. A tout moment, on aurait pu la lui reprendre. C'était ce qui avait fini par se passer.

Il entend une voix familière commander à boire. Par réflexe, il se tourne. C'est là qu'il la voit. Son nom lui échappe un instant. Puis il se rappelle des lettres sur le parchemin. Solomonia Marcovic. Radgentis. Absente. Réserve de la résistance. Au départ, il avait cru à une blague. Il n'aurait jamais pu penser que la résistance aurait pu avoir l'audace d'engager des gamins comme mercenaires. Visiblement, il avait surestimé leur sens de l'honneur. Même la République ne s'abaissait pas à ça. Les élèves n'avaient rien à faire dans les rangs des soldats. Personne n'avait besoin de sacrifier une génération. Personne n'avait besoin de cette guerre. Il détestait la résistance comme il détestait la république. La guerre avait emporté tout ce qu'il lui restait. Le souvenir du corps inerte de son meilleur ami lui fit détourner le regard. Il but quelques gorgées brûlantes de regrets pour laisser passer cette image. Il regardait les bouteilles, en face de lui.

« So this is what you left school for, my darling ?   »

Il ne savait pas exactement ce qui le poussa à parler. Peut-être était-ce le dégoût qu'il éprouvait à l'idée de voir avec quelle fierté les résistants s'affichaient au milieu d'un peuple condamné. Peut-être était-ce la frustration de voir qu'elle se pensait assez forte pour se battre. Elle ne savait pas ce qu'était la guerre. Elle ne savait rien. Ca allait la détruire et ça le révoltait. Elle n'était qu'une gamine, trop naïve pour faire les bons choix. Elle allait crever là, pour une cause qui n'existait plus. Il se tourna vers elle, un sourire joueur au coin des lèvres.

« Oh, how hard the glorious fall.   »
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B. Solomonia Marcovic
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Message Posté Ven 6 Juin - 23:09.
And when you break, it's too late for you to fall apart.


« So this is what you left school for, my darling ? » Parfois elle se demandait aussi. Elle se demandait si c'était pour ça qu'elle s'était engagée à la base. Elle se demandait si c'était pour ça qu'elle était devenu un soldat, pour tout perdre. Elle se demandait si c'était pour ça qu'elle avait choisi d'abandonner les abîmes. Et aujourd'hui, elle continuait de s'y noyer. Elle n'avait pas choisi ça, pas de cette manière. Elle avait choisi de ne pas abandonner, elle avait choisi de se battre pour ce qu'elle croyait. Mais aujourd'hui il ne restait rien à part des ruines. Elle avait arrêté de croire. Elle avait arrêté de vouloir. Elle avait perdu peu à peu, comme si c'était un nouveau cauchemar. Elle avait recommencé à être celle qui n'avait pas le choix, celle qui subissait le destin, comme s'il lui en voulait un peu trop. Elle n'avait pas fait les bons choix. Elle n'avait jamais su les faire, et aujourd'hui, ça se retournait contre elle. Elle attendait qu'il revienne. Elle attendait de retrouver ce qu'elle avait perdu, parce qu'elle avait l'impression de ne plus rien avoir. Elle attendait de chercher la vérité parmi ses propres mensonges. Elle n'était plus que l'ombre de ce qu'elle avait pu être, parce qu'elle n'avait plus la force d'être celle qu'elle avait essayé d'être. Elle n'avait plus la force d'être elle-même, elle aurait voulu abandonner et devenir quelqu'un d'autre. Mais elle était condamnée à être ce qu'elle avait construit. Elle était condamnée à rester celle qu'elle a toujours été. Elle devait attendre un miracle qui se cachait dans les promesses. Elle vivait dans un rêve sans savoir que c'était un cauchemar. Elle n'aurait jamais pu imaginer qu'elle allait perdre. Elle se demandait comment réagir, et tout ce qu'elle faisait, c'est oublier de ressentir. Parce que quand elle le faisait, c'était trop douloureux. Parce que quand elle pensait à toutes les manières avec lesquelles elle aurait pu le retenir, ça la torturait. Elle voulait changer le passé, et en même temps, elle refusait de l'affronter. Alors elle venait là tous les soirs. Elle commandait un verre de vodka, puis un second, puis un troisième. Elle noyait ses problèmes dans l'invisible. Elle était devenue trop blanche, avec un teint souffreteux, et des cernes trop grandes. On lui répétait toujours la même chose. On n'avait pas assez de magie pour l'aider à ne pas avoir mal. Sa blessure lui lançait de l'intérieur, et elle devait continuer à se battre. Elle devait continuer à faire comme si de rien était, parce que c'était la guerre. Et parce que la douleur, physique ou morale, elle ne rentrait pas en compte.

« Oh, how hard the glorious fall. » Elle a haussé ses sourcils en se retournant vers lui. Elle a pris le verre que le barman lui tendait, et elle a bu une longue gorgée. C'était devenu la seule manière d'échapper à sa réalité. Vivre comme s'il n'y en avait aucune. Vivre comme s'il n'y avait aucun futur. Vivre comme si le monde se battait contre elle, et qu'il refusait d'accepter ce qu'elle était. Rien n'avait changé pour elle. Elle était toujours condamnée à être elle-même. Être celle qu'on abandonnait. Celle qui restait sur le bord de la route pendant que tous les autres continuaient à avancer. Elle n'arrivait plus à respirer parfois en réalisant que peu importe à quel point elle a pu se nourrir d'illusions, elle était toujours la même fille qu'il y a 5 ans auparavant. La fille qui ne voyait aucune autre solution. La fille qui avait perdu ses parents et qui refusait de voir qu'il y avait autre chose à part la douleur. Elle en avait marre de toutes ces conneries. Elle en avait marre de croire en un rêve qui n'était rien de plus qu'un mensonge, qu'un miracle inexistant. Elle regardait les autres la dépasser, et elle restait là, écroulée sur le sol sans possibilité de se relever. Elle s'est à nouveau retournée face à son verre. « Well, what can I say, I made my choice. I stick by it. » Elle a bu une nouvelle gorgée. C'était ça, le pire. C'est que c'était son choix, de rester. C'était son choix, d'être cette personne. Son choix d'abandonner son cœur sur la route, parce que l'avoir à l'intérieur de son corps, c'était devenu bien trop douloureux. Elle avait choisit la solution de facilité, mais même encore, elle ressentait un feu brûler dans son âme, comme si elle ne pouvait même plus se sauver. Comme si cette fois-ci, c'était définitivement terminé pour elle, quoi qu'il arrive, et peu importe ce qu'on pourrait essayer pour elle. Elle a tourné sa tête vers lui. « Who are you ? »
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N. Finn Steinhart
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Message Posté Sam 7 Juin - 0:39.




And now, it's time to leave and turn to dust



« Well, what can I say, I made my choice. I stick by it. »

Sourire amer sur son visage. Il fait tourner son verre entre ses doigts. Comment est-ce qu'on peut continuer à agir alors qu'on regrette déjà les choix qu'on a fait ? Il était passé maître en la matière. Détruire et briser, il savait si bien faire qu'il ne s'était pas rendu compte qu'à force d'être le bourreau, il était devenu la victime. Il était un héros déchu, trop fatigué pour combattre sa véritable nature. Il y avait des souvenirs qu'il aurait préféré oublier. Des regrets qu'il aurait voulu arrêter de porter. Il aurait voulu savoir comment faisaient les autres, pour survivre sans étouffer. Autrefois, il était courageux. Autrefois, il se battait. Aujourd'hui, il était fatigué et coupable. Il n'y avait personne pour le sauver.

« Who are you ? »

C'est vrai qu'elle ne l'a jamais vu. Lui, il ne la connaît qu'à travers ses feuilles d'absence et les jugements qu'il porte sur les mercenaires. Il se tourne pour boire. Liquide brûlant dans sa gorge. Le nom des sorciers morts diffusé à la radio. Le silence, quelque part. Les réminiscences trop douloureuses d'un 31 décembre. Il voit encore son regard vide. Il se souvient avoir prié. Il n'a jamais cru en Dieu. Mais ce soir-là, il a prié pour un miracle et il a espéré. Il a vu les secondes défiler. Il les a senti, à chaque battement de cœur. C'est comme ça qu'il a compris qu'il était seul. Même Dieu, s'il existait, n'entendait pas ses prières.  Il baisse les yeux. Il crève d'injustice et de culpabilité. Chaque respiration se fait trop douloureuse dans sa cage thoracique écrasée par la colère et l'amertume. Ce n'est pas son combat. Ce n'est pas sa guerre. Il en veut au monde entier pour l'avoir mis dans cette position dont il ne veut pas. Parfois, il voudrait hurler. Mais ses hurlements se transforment en silence et surgissent dans ses yeux noirs. Il est plus qu'un orage mais il n'est déjà plus une tempête. Il est les débris qu'elle laisse derrière elle. Il est les maisons ravagées et les territoires dévastés. Il est la poussière et l'oubli. Il est la fin. Il meurt, lentement, il ne s'arrête pas. Tout ce qu'il a toujours cherché, c'était ce sentiment qu'il avait, quand il était gosse, d'appartenir à quelque chose. D'avoir le droit d'exister. Mais il n'était pas chez lui, ici. Il n'était qu'un mensonge qui se fondait dans une guerre trop obscure. Il était seul. Les discussions qui reprennent lorsque les noms disparaissent et ne sont plus que de vagues souvenirs qu'on s'empresse d'oublier. Les verres qui claquent contre les tables, parce qu'on n'a pas trouvé un autre moyen d'oublier. Le sien ne fait pas exception.

« Oh, I'm a fan.  »

Il se tourne vers elle, à nouveau, et reprend le même sourire, un peu trop amer. Au fond, il n'a rien contre elle, pas vraiment. C'est après tout le système qu'il en a. Mais puisqu'elle est là, et que le système n'existe pas, pas vraiment, c'est à elle qu'il s'en prend. Il se fiche de sa mine délabrée et de son regard perdu. Il se fiche de la désolation qu'il lit sur son visage. Il se fiche du mal qu'il peut faire. Il se fiche du monstre en lequel la douleur le transforme. Elle est aussi coupable que lui. Et peut-être qu'il est lâche de diriger sa colère sur elle, mais c'est ça le problème avec la colère, on ne la contrôle pas. Il ne peut s'empêcher de penser à ce qu'il est devenu. Un démon. Une ombre. Une carcasse de regrets qui contemple, avec des yeux vides, toutes les occasions ratées. Il aurait pu être tellement plus. Il aurait pu avoir tout ce qu'il voulait. A présent, il n'avait rien et il n'était que mensonges. Il n'était qu'un homme qui se cachait dans un bar pour fuir le regard de ses parents. Peut-être que, caché derrière une fausse identité, ils ne verraient pas combien il avait échoué.

« I mean, the way you just kill people out there, let alone innocents and civilians, that's brilliant.  »

Il se tourne vers son verre. Lorsqu'il avait pris la décision de ne pas se battre, on l'avait traité de lâche. Mais il se foutait bien de ce qu'on pensait de lui. On pourrait croire qu'un type qui avait perdu sa famille ne pouvait pas souffrir plus qu'à la mort de celle-ci. Il avait fait l'erreur de s'attacher et de croire qu'il pourrait le faire sans payer de prix. Il avait fait l'erreur de trouver une autre famille et de croire qu'il pourrait la garder. Lorsque son meilleur ami est mort, tous ses espoirs sont morts avec lui. Il sait qu'il ne sera qu'un épave, et ce, jusqu'à la fin de ses jours. Parce que ses jours, il les passe à errer, sans but, dans un océan de mensonges. Et, quand il y pense, il se noie. Il a besoin d'air, mais les abysses l'aspirent trop vite. Il n'a plus rien à quoi se raccrocher. Alors il se laisse couler.

« Just briliant.  »
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B. Solomonia Marcovic
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Message Posté Sam 7 Juin - 15:19.

And you know,
heroes aren't meant to survive.


« Oh, I'm a fan. » Elle avait abandonné, peu à peu. Elle avait entendu les hurlements, et elle avait vu les autres partir. Elle avait accepté de devenir quelqu'un d'autre, elle avait accepté de devenir un monstre sans savoir ce que ça voulait dire. Elle ne voulait plus avoir mal, elle voulait arrêter de ressentir. Elle voulait arrêter d'être un monstre parce que ça la tuait peu à peu, parce que ça la détruisait. Mais au fond, elle n'avait jamais appris sa leçon. Elle répétait les mêmes erreurs et ça la tuait parce qu'elle ne méritait pas ça, parce qu'elle aurait voulu s'en sortir. Elle aurait voulu avancer vers le bon chemin, elle aurait voulu se relever et se battre encore plus fort, avec plus d'envie. Mais aujourd'hui, elle était devenu l'ombre d'elle-même. Aujourd'hui elle n'avait plus rien à part des souvenirs et des cauchemars. Elle se détruisait avec tous les mots qu'elle ne savait pas dire, avec toutes les histoires qu'elle n'avait pas su raconter. Elle avait tellement mal que ça la tuait. Tout lui manquait. Elle n'avait plus rien et ça la torturait. Elle voulait retrouvé cette période où elle était heureuse, où elle avait retrouvé espoir, mais en partant il avait tout pris, et elle se détestait pour avoir autant donné. Elle se détestait pour lui avoir fait ça, pour lui avoir donné le pouvoir de tout prendre. Depuis le départ, elle savait qu'elle aurait dû abandonner. Depuis le départ, elle savait qu'elle aurait dû laisser tomber. Mais elle a continué. Elle a choisi de se débattre, elle a choisi de continuer à aimer comme si ça pouvait changer le monde, comme si ça pouvait changer ce qu'ils avaient. Au fond, elle aurait dû ne jamais l'aimer. C'était ce qu'elle se disait. C'était ce qu'elle se répétait à chaque fois qu'elle se détruisait par la force de ses propres sanglots. « I mean, the way you just kill people out there, let alone innocents and civilians, that's brilliant. » Elle a baissé les yeux pour prendre une nouvelle gorgée, et finir son verre cul sec. Elle en a recommandé un nouveau. « Just briliant. » Elle n'avait même plus la force de se battre. Elle n'avait même plus la force de lui filer une gifle, ou de l'insulter. Elle était devenu celle qui écoutait sans rien dire.

Son verre est arrivé devant elle. Elle a pensé l'ignorer. Elle a pensé lui dire qu'elle s'en fichait, qu'au moins, elle, elle se battait. Mais c'était faux. Elle continuait simplement à se battre parce qu'il a toujours fallu qu'elle ait un but. Parce que sans la colère, elle n'était rien. C'était ce que l'autre a compris depuis le départ. C'est pour ça qu'il était parti, à cause de ce qu'elle était. C'était pour ça que personne ne restait jamais. Parce qu'elle ne valait pas la peine d'être sauvée. Elle s'est retournée vers lui après plusieurs secondes. « You know what, I'm trying to do the best I can with what I have, and sometimes it doesn't work, cause, no, you can't save everybody, no matter how damn hard you try, so yeah, think about that. » Une violente douleur qui commence à brûler sur son abdomen. Elle détestait ça, la sensation de n'être rien de plus qu'une coquille vide, une victime blessée par la guerre. Elle détestait l'idée d'être un monstre de foire parce que contrairement aux autres, elle était encore là, elle avait survécu. Elle avait réussi à s'en sortir. Elle avait juste besoin d'aide, mais elle coulait de plus en plus. Elle avait tellement voulu s'en sortir, elle avait tellement voulu être celle qu'il attendait. Elle a tellement donné pour redevenir cette fille qui souriait et qui aimait sans compter. Sauf qu'elle ne pourrait plus être cette fille, maintenant. Elle était quelqu'un d'autre. Elle n'était plus rien qu'un fantôme, un souvenir du passé qu'on ne peut pas rattraper, peu importe à quel point on essaye. Elle a serré les dents et elle a réprimé une grimace de douleur en buvant une nouvelle gorgée. Elle a laissé sa main appuyer sur son abdomen, pour essayer de calmer la douleur en vain. Puis elle s'est à nouveau retournée vers lui. Elle n'avait même plus envie de se battre. Elle voulait abandonner, parce que c'était tellement plus simple de faire ça. C'était tellement plus simple d'être la fille qui n'avait plus rien à perdre, parce qu'au fond, elle n'avait déjà plus rien. Elle avait tout abandonné, elle avait choisi de devenir quelqu'un d'autre, elle avait choisi de devenir celle qui buvait trop dans un bar, celle qui avait choisi d'être un soldat obéissant aux ordres sans se soucier des conséquences. « But you know what, think about it or not, I don't care, I have nothing left to loose anyway. You don't know me. »

_________________
I wake up, they said we won. they didn't say what we lost
As the snowflakes cover my fallen brothers, I will say this last goodbye. Many places I have been, many sorrows I have seen, but don't regret, nor will I forget all who took that road with me. Night is now falling, so ends this day, the road is now calling and I must away. To these memories I will hold with your blessing I will go to turn at last to paths that lead home. And, oh, where the road then takes me, I cannot tell. We came all this way, but now comes the day to bid you farewell.
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N. Finn Steinhart
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Message Posté Sam 7 Juin - 21:21.




bullet in a gun that makes a man run



Sa destruction avait commencé quand personne n'était là pour le voir. De la guerre, il se rappellerait toujours. Le silence, d'abord, lorsque tout était tombé. Elle était arrivée comme une fatalité. Il avait arrêté de sourire. De sourire, vraiment, avec authenticité. Il avait arrêté de penser qu'il y avait de l'espoir pour lui, quelque part. Il avait attendu que les dieux jettent les dés. Il avait lu beaucoup de choses à propos du destin.  On l'avait décrit comme un instrument du miracle. Comme une machination créée pour fabriquer l'espoir. Comme un outil du rêve. Une bénédiction, en somme. Mais on en avait aussi dit tout le contraire. On l'avait décrit comme une maladie qui transformait les héros en tragédies. On l'avait décrit comme un long parchemin qui n'avait aucun sens. On l'avait décrit comme une absurdité subie par l'homme jusqu'à ce qu'elle le tue. Le destin, c'est la vie, la mort, les étoiles et les dieux qui regardent avec un sourire l'homme naïf avancer vers le gouffre mais qui ne le préviennent qu'une fois qu'il est tombé, la tête écrasée contre le sol, et qu'on peut lire dans son regard la montagne de regrets qu'il n'a jamais su porter. De Finn, il ne restait que des ruines et des débris. Des restes que les rapaces n'avaient pas encore grignoté. Il était une énigme et un puzzle que personne ne voulait rassembler, pas même lui. Il avait abandonné l'idée d'avoir une quelconque signification au moment où il avait accepté le marché. A présent, il était un masque, un rôle, un autre. Il n'était plus tout à fait un homme, il était quelque chose d'autre, quelque chose de terriblement pire. Il était un démon.

Les yeux baissés, il la voit boire. Il peut sentir qu'elle ne sait plus vraiment ce qu'elle fait ni pourquoi elle se bat. Il sent la même hésitation dans chaque regard qu'il croise. L'imminence de la trahison. Le dégoût de la révolution lorsqu'elle dure  trop longtemps. Il se tourne vers elle et la regarde. Il se demande comment on peut s'engager dans une guerre quand on sait qu'elle n'est partie de rien et qu'elle se terminera mal. Il se demande si c'est de la stupidité ou du courage. Puis il se dit que l'un ne va pas sans l'autre. Il faut être stupide pour être courageux. L'homme rationnel est un lâche qui sauvera toujours sa peau. Lorsqu'elle se tourne vers lui, c'est la première fois qu'il croise son regard. Il fronce les sourcils. Dire qu'elle a une mine affreuse est un euphémisme. Elle fait probablement partie de ceux qui n'ont plus de magie, ou plus beaucoup, et qui comptent les minutes pour survivre. Non pas qu'il en ait grand chose à faire, de toute façon.

« You know what, I'm trying to do the best I can with what I have, and sometimes it doesn't work, cause, no, you can't save everybody, no matter how damn hard you try, so yeah, think about that. »

Il savait mieux que personne qu'on ne pouvait pas sauver tout le monde. Mais, contrairement à elle, ça le révoltait. On devrait pouvoir sauver tout le monde ou, du moins, ceux qui le méritent. On devrait pouvoir choisir qui doit vivre et qui doit mourir. On devrait pouvoir effacer les regrets. On devrait pouvoir changer l'ordre des choses. Oui, on devrait, mais ça ne marchait pas comme ça. Ici bas, l'injustice régnait comme une reine sur un royaume conquis. Il n'y avait pas un territoire qui lui résistait, non, elle sévissait partout. Et, quand on y pense, c'était ça, le problème de la vie. Ceux qui, comme lui, avaient réussi à survivre jusqu'ici, devaient vivre avec la mort des autres sur le dos. Avec les souvenirs des regards vides et des corps inertes. Ils devaient vivre avec les cris qui hantent et les échos qui poignardent. Ils devaient vivre avec la culpabilité de respirer quand d'autres étaient enfermés six pieds sous terre. Il l'observe et elle l'intrigue, sa main appuyée sur son abdomen, la facilité avec laquelle elle avale son verre. Comme si rien ne pouvait plus la brûler. Il l'observe et elle l'intrigue, il l'imagine heureuse, avant tout ça. Il l'imagine avoir tout ce dont elle avait toujours rêvé. Il l'imagine à la place qu'elle devrait occuper, dans sa classe, à rire avec les élèves et à se faire réprimander pour l'avoir fait. Il ne trouve pas son sacrifice noble. Il ne trouve pas son statut glorieux. Il pense qu'elle aurait dû être égoïste et vivre sa vie. Personne ne mérite de se tenir en première ligne de l'apocalypse.

« But you know what, think about it or not, I don't care, I have nothing left to loose anyway. You don't know me. »

Un rire étonné s'échappe de sa gorge et un sourire jaune se fiche sur son visage alors qu'il tourne la tête vers son verre. Il ne sait pas exactement ce qu'il est en train de faire. Il se fiche pas mal de son statut de résistante ou de sa mission. Il se fiche pas mal d'être le pire traqueur de l'histoire de la république. Pritchard peut bien le tuer que ça ne le ferait pas bouger d'un pouce. Lorsqu'il reçoit un ordre, il l'exécute. Mais il ne prend aucune initiative, et certainement pas celle de traquer quelqu'un dont il n'a jamais entendu parler. De toute façon, ils ne se recroiseront probablement pas. A en juger par son teint, et sa main posée sur son abdomen, il est fort probable qu'elle ne tienne pas très longtemps. Et lui, il en a marre de compter les morts.

«  Right I don't.  »

La discussion aurait pu s'arrêter là. Il aurait pu se contenter de boire et de l'ignorer. Elle serait partie. Ils n'auraient plus jamais entendu parler l'un de l'autre. Il aurait peut-être vu son visage sur les affiches des personnes recherchées. Il aurait peut-être vu son nom sur la liste de ceux qui sont morts pour la patrie. Quelle belle arnaque, cette patrie. La meilleure arnaque du monde. Celle en laquelle on croit tellement qu'on meurt pour elle. Mais personne ne meurt pour la patrie. On meurt seul, on meurt sali, sur un champ de bataille, en regrettant tout ce qu'on n'a pas pu faire. La patrie ne compte pas. Il n'y a que l'égoïsme des agonisants qui réclament la pitié de dieux assassinés depuis longtemps déjà.

La discussion aurait pu s'arrêter là. Il aurait pu décider de s'en foutre. Il aurait pu replonger son regard dans le vide et dans la torpeur. Il aurait pu, mais ce n'est pas ce qu'il fit. Peut-être parce qu'il avait viscéralement besoin de détruire quelque chose, ce soir. Peut-être parce qu'il aimait avoir raison. Peut-être parce qu'il pensait mériter le mépris. Peut-être parce qu'elle l'intriguait plus qu'il ne voulait se l'avouer. Il reposa son verre sur le comptoir et repris, d'un ton arrogant.

«  But I know a thing or two about magic medicine and alcohol won't cure your wound, love. Nor will it cure what you teenagers call 'the hole in your soul,' for that matter.  »
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B. Solomonia Marcovic
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Message Posté Sam 7 Juin - 22:16.

In your head they are fighting,
With their tanks and their bombs,
And their bombs and their guns.
In your head, in your head, they are crying.


Il n'y a pas de héros. C'était ce qu'elle se disait aujourd'hui. Elle a longtemps attendu d'être sauvée. Elle a attendu un miracle, et elle a espéré. Au fond, sans s'en rendre compte, c'était ce qu'elle avait fait toute sa vie. Elle tombait tellement bas parce qu'elle attendait que quelqu'un fasse quelque chose pour l'aider, mais tout ce qu'il lui restait, c'était des souvenirs. Tout ce qu'il lui restait, c'était du vent. Elle avait imaginé des millions de fois comment est-ce que tout aurait pu s'arranger pour elle, mais rien n'a changé. Tout est resté parfaitement identique. Les miracles ne sont jamais arrivé. Les promesses n'ont jamais été tenues. Et tout ce qu'il restait à faire, c'est avancer en espérant que tout change. Mais elle n'avait plus la force d'espérer. Tout ce qu'elle faisait, c'était mourir à petit feu. Accepter un destin qui n'était pas juste, et souffrir avec sa propre culpabilité. Elle aurait aimé être la personne qui serait capable de se sauver elle-même, mais en réalité, plus le temps passait, plus elle réalisait que ça n'arriverait jamais. Elle serait toujours celle qui ne pourrait pas se sauver, celle qui continuerait à avoir mal en silence parce qu'il n'y a aucun remède pour ça. Il n'y avait pas de solution. La guerre continuait à envoyer des personnes comme elle au front, comme si ça pouvait retenir les ennemis, comme si ça pouvait calmer les mœurs. Comme si ça pouvait justifier l'idée de tuer des innocents. Elle se battait pour une cause perdue parce qu'aujourd'hui, il ne restait plus personne pour qui se battre. Il ne restait personne avec qui aimer. Il n'y avait que des souvenirs, des idées et des promesses. Elle n'a jamais su faire la part des choses. Elle s'était engagé pour sauver des vies. Elle s'était engagé pour se sauver elle-même. Mais elle s'était perdue dans le mélange de sueur et de sang. Dans l'odeur des corps gisant sur le sol et celle de la mort qui flottait en permanence dans l'air. Quand elle rentrait, il n'y avait plus personne à part ses propres souvenirs. À part son propre désespoir. Le fait qu'il parte, ça a été le déclencheur de tout, parce que c'était lui qui lui permettait de tout contenir, mais aujourd'hui, elle se demandait à quoi ça servait vraiment. Elle n'avait plus besoin de sourire. Il n'y avait personne pour la voir de toutes façons.

« Right I don't. » Elle finit son verre. Une nouvelle gorgée d'espoir qui s'écrase dans ses poumons, pour terminer en cendres. Une nouvelle gorgée pour oublier qu'elle avait tellement mal. La douleur se calmait parfois à force de boire. C'était le but. Ne plus rien ressentir. Oublier que tous ceux qu'elle a pu connaître était parti. Ses parents. Silke, Irina, Tyler, Eilean, Lunyii. La liste s'allongeait de jour en jour, et elle ne voyait plus la fin. Ça la tuait de rendre visite à des tombes, ou alors de devoir repenser au fait que d'autres étaient partis, mais que c'était comme s'ils étaient morts. Parce qu'ils ne reviendraient pas. Parce qu'ils avaient trouvé mieux ailleurs. Elle se rappelait de l'avoir supplié de rester. Mais il était parti, comme tous le reste. « But I know a thing or two about magic medicine and alcohol won't cure your wound, love. Nor will it cure what you teenagers call 'the hole in your soul,' for that matter. » Elle lève les yeux au ciel. Le barman lui sert un nouveau verre. Elle finit par oublier la routine quotidienne dans laquelle elle vit. Elle se retourne vers lui, en se redressant. « I know it won't, I'm not stupid, and please, don't give me the whole speech about being a teenager, I don't do that shit. The only problem I have is an half infected wound. » Elle se retourne à nouveau vers son verre. « They don't have enough magic for me, I have to deal with it now, that's all. » C'était ça, la réalité. Celle qui nous frappe et qui nous torture. On doit avancer, même quand on a plus la force. Elle ne pouvait pas retourner en arrière de toutes façons. Elle serait toujours un soldat. Elle serait toujours recherchée par le ministère. Elle ferait toujours partie de la liste de ceux à abattre. Elle serait toujours seule face à ses propres démons. Elle avait appris que désormais, il n'y avait plus le même espoir. Désormais il n'y avait que les cauchemars et la terreur. Désormais il n'y avait plus qu'un seul but : ne plus tomber et continuer à avancer seul, sans se soucier du reste. Rester à terre et ramper jusqu'au moment où elle trouverait enfin une porte de sortie. Elle le voyait, et elle se demandait quelle était son histoire à lui. Pourquoi est-ce qu'il faisait ça. Pourquoi est-ce qu'il se trouvait dans ce même bar, à boire comme elle. Tous le monde a son histoire, sauf que tous le monde refuse de la raconter. « What are you even trying to do anyway ? »

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Message Posté Dim 8 Juin - 0:11.




But oh, my heart was flawed



« I know it won't, I'm not stupid, and please, don't give me the whole speech about being a teenager, I don't do that shit. The only problem I have is an half infected wound. »

Il lève les yeux au ciel. Il se fout bien de ses raisons. Il se fout bien de ce qu'elle est ou de ce qu'elle fait. Tout ce qui l'intéresse, c'est de s'en débarrasser. Il n'est pas venu jusqu'ici pour faire la conversation. Il était venu ici pour faire oublier à l'univers qu'il existait. Il était venu ici pour se cacher de tout ce qui le pourchassait. Il savait mieux que personne qu'on n'évitait pas son destin. Mais on ne pouvait pas le blâmer pour vouloir essayer. Elle boit trop et il pense trop. Un jour, ils étaient sublimes. A présent, ils ne sont que des épaves échouées dans un bar parce que c'est le dernier endroit au monde où on aurait cru les trouver au départ. C'est donc logique qu'ils finissent comme les lâches qu'ils ont toujours détesté.

« They don't have enough magic for me, I have to deal with it now, that's all. »

Il soupire. Il n'a demandé aucun détail et pourtant elle s'obstine. Il s'impatiente, il veut qu'elle parte. Il n'a plus envie de parler. Il n'a plus envie de voir qu'elle existe. Il n'a plus envie qu'elle l'intrigue. Il n'a plus envie de penser à son histoire. Il n'a pas besoin de ça. Il n'a besoin de rien. Tout ce qu'il veut, c'est qu'on lui foute la paix avant qu'il ne trouve la lâcheté de tout détruire.

« What are you even trying to do anyway ? »

Respirer, voilà ce qu'il essayait de faire. Mais il trouvait de plus en plus difficile de le faire ces temps-ci. Alors il buvait et il oublier les regrets qui écrasaient sa cage thoracique. Il oubliait la colère qui ravageait ses poumons, ses entrailles. Il se tenait droit, comme si aucun fardeau ne lui avait courbé le dos. Il oubliait les souvenirs qui le torturaient dans un soupir. Dans une gorgée. Dans un jeu d'acteur. C'était plus facile de faire semblant. Mais il ne pouvait pas se mentir à lui-même. Il avait essayé, pourtant. Et ça l'avait toujours rattrapé, l'ombre qu'il était. Il n'avait plus droit à la lumière. Il vivait sur des secondes volées aux autres. Il vivait de trahisons et de mensonges. Un monstre, un bourreau. Certainement pas un héros. Qu'auraient-ils pensé ? Probablement rien, ils sont morts. Et s'ils n'avaient pas eu le culot de mourir, il ne se serait jamais retrouvé ici. Il répond immédiatement, comme si c'était une évidence.

« Same thing you're trying to do, love. »

Respirer. Trouver la force de survivre quand tout le reste est parti. Trouver la force de marcher quand le monde s'obstine à vouloir vous écraser. Respirer, ça ne devrait pas être aussi dur. Mais pour Finn, ça devenait une véritable corvée. Respirer, exister, ce n'était pas ce qu'il faisait. Il fuyait dans un soupir, il courrait, essoufflé, il survivait dans une inspiration et il s'éteignait dans un souffle. Il se tourne vers elle.

« Doing the best I can with what I have. »

Sauf que quand on n'a rien, on coule. On tombe, trop bas pour que quelqu'un ne puisse nous voir. On se fond dans le décor. On devient l'ombre au tableau. On fuie, on s'éteint dans un écho. Briser le silence devient un affront.  Il lève son verre en espérant qu'elle le laissera tranquille.

« Cheers. »

Il regarde en face de lui. Il boit.
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Message Posté Dim 8 Juin - 1:19.
Down in the valley
where the church bells cry.
I'll lead them over to your eyes.

On essayait toujours de faire de notre mieux. On essaye de se battre, on essaye de devenir d'autres personnes, parce que rester nous-même, c'est devenu trop difficile. C'était ce qu'elle se disait, à chaque fois. Elle se rappelait à quel point c'était compliqué de ne jamais tomber. Elle s'était brisée, quelque part. Elle était devenue quelqu'un qu'elle ne reconnaissait plus. Elle avait abandonné, et elle avait fait les mauvais choix en faisant confiance aux mauvaises personnes. Elle se détestait pour être cette fille-là, celle qui ne savait plus comment avancer. Elle se détestait pour être si seule, pour être si misérable. Elle se détestait pour souffrir et pour ne plus savoir aimer. Elle vivait dans un cauchemar, et elle vivait dans un souvenir. Elle se rappelait de tous les moments qu'elle avait perdu, et de tous ceux qu'elle avait pu vivre ici. Elle se rappelait des sourires, et elle se rappelait des longues discussions jusqu'à l'aube, où ils rêvaient tous d'être des héros, des soldats qui libéreraient les plus faibles. Elle se rappelait des promesses qu'ils s'étaient faite, et elle se souvenait de toute la joie qu'ils avaient, en devenant ceux pourrait sauver le monde. Elle se souvenait de tous les miracles qu'ils attendaient, ceux qui semblaient être les plus grands et les plus prometteurs. Elle se rappelait des éclats de rire. Ceux qui semblaient encore sincères et joyeux, parce qu'ils pensaient avoir tous le temps, mais aujourd'hui, elle a appris sa leçon : il n'y a jamais assez de temps, peu importe à quel point on y croit. Elle se rappelait de l'espoir qu'ils avaient. Ils croyaient tellement réussir, ils croyaient tellement en ce combat pour la liberté. Mais il n'y en avait plus aucun, aujourd'hui. Seulement un combat pour la survie.

« Same thing you're trying to do, love. Doing the best I can with what I have. » Elle sourit faiblement, avant de prendre son verre elle aussi. « Cheers. » Elle le regarde. « Cheers. » Et elle boit cul sec. Aujourd'hui, la mort faisait partie du quotidien. C'était devenu une habitude, c'était devenu un cauchemar qui persistait à les hanter. Aujourd'hui, la mort n'était plus qu'un bout de papier, ce n'était plus qu'un cauchemar incompréhensible. On oubliait les souvenirs, et on oubliait la peur. On se battait à coup de poings et de sortilèges, en oubliant la douleur. C'était ce qu'elle faisait tous les jours. Et c'était de plus en plus dur d'accepter cette réalité. Elle se demandait ce qui avait pu réellement lui arriver. Elle se demandait pourquoi est-ce que le destin choisissait de briser certaines personnes, parce que c'était ce qui se passait. Et elle voyait qu'il avait ce regard qu'elle connaissait bien, le regard de la révolte. Elle l'avait eu dans ses yeux pendant tellement longtemps, et aujourd'hui, ça avait disparu. Elle n'était plus révoltée. Elle n'était plus en colère. Elle n'était juste plus rien. Lui, il faisait partie de ceux qui s'en fichait, et pourtant elle aurait aimé que quelqu'un l'aide, juste une dernière fois. Mais ça n'arriverait plus. Elle avançait vers l'enfer, peu à peu. Et elle ne pouvait plus se retourner.

Elle s'est souvent demandé ce qui poussait certaines personnes à se retrouver dans des bars miteux. Cette fois-ci elle s'est demandé ce qui l'avait poussé lui, à se perdre dans les effluves d'alcool et dans les regards brisés. Puis elle s'est rappelé qu'on a tous la même histoire : on finit tous par tomber. Elle a regardé une dernière fois son verre, puis en tenant son abdomen, une grimace de douleur aux lèvres, elle s'est levée pour partir. « Well, I'll see you … around. » Elle avait le souffle coupé par la douleur. Parfois, ça ne marchait tout simplement pas. Elle continuait à avoir aussi mal. Elle continuait à souffrir toujours autant. Elle continuait à avoir tout autant mal. Et rien ne pouvait l'empêcher. Elle a pris son sac, en continuant à s'appuyer sur le comptoir. C'était ça, qu'elle était devenu. Cette fille qui avait des idées révolutionnaire et qui était prête à devenir un soldat, capable de protéger les autres. Cette fille qui souriait malgré la douleur. Elle n'était devenu qu'une coquille vide. Une blessée de guerre. Une victime de plus, détruite par la bataille. Elle n'avait plus aucune gloire, plus aucun espoir. Elle n'était plus qu'un souvenir. Elle était déjà tombée trop bas, et elle ne parvenait plus à se relever. Alors elle restait là, appuyée sur le comptoir, le regard vers le bas, légèrement alcoolisée, en train de repenser à tout ce qu'elle avait pu être. Et tout ce qu'elle semblait avoir perdu, sans s'en rendre compte.

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Message Posté Dim 8 Juin - 12:10.




weep for yourself my man, you'll never be what is in your heart



« Cheers. »

Au fond, dans chacune de ses vies, il a toujours été l'étranger. Il est devenu l'étranger en perdant ses parents. Il était l'étranger bouffé par la colère à Poudlard. Il était l'étranger qui trichait pour s'en sortir à l'université. Il était l'étranger qui avait trop de visages pour s'y retrouver avec Kate. Et à présent, il ne svaait plus très bien ce qu'il était à part un étranger. Un gars, dans un bar, qui écoutait les nouvelles à la radio sans vraiment y prêter attention tant la guerre était devenue banale. Oh, ça le révoltait toujours d'entendre la liste des morts ou les rapports des batailles. Ca le révoltait de voir qu'on pouvait vivre avec ces échos. Continuer de respirer alors que d'autres crevaient en se disant qu'ils avaient fait les bons choix. Lui, il avait toujours fait les mauvais choix. Il était condamné. Et la pensée qui l'effrayait depuis le départ, c'était que peut-être, au fond, en y repensant bien, il l'avait mérité. Il avait mérité de perdre tout ce qu'il avait cru gagner.

« Well, I'll see you … around. »

Elle le sort de ses pensées. Il la voit tituber, s'accrocher à tout ce qu'elle trouve pour ne pas tomber. Il se dit que c'est une belle métaphore de la vie. Il se retourne. Il essaye de ne pas y penser. Mais il veut se retourner. Il veut voir si elle s'en sort. Il se dit qu'elle tombera peut-être dans la neige. Qu'elle sera à la merci des traqueurs. Ca devrait l'arranger, il savait qu'elle était recherchée. Mais ça le dégoute. Ca le dégoute de penser qu'à cause de lui, sa voix se retrouvera peut-être dans les échos qui hantent l'université, le soir venu. Ceux qui appellent à l'aide et implorent la pitié. Ceux qu'il ne supporte pas d'entendre. S'il peut empêcher ça, alors il aura fait quelque chose de bien aujourd'hui. S'il peut empêcher ça, alors, peut-être qu'il se détestera moins en allant se coucher ce soir. Il expire, longuement. Il se maudit déjà. Il pose sa baguette sur le compteur et paye sa dette. Il se lève et marche dans sa direction.

« Lean on me. »

Il fait passer son bras derrière son cou, mais il sent qu'elle se raidit. Il tourne la tête vers elle. Elle le fixe, étrangement, comme si ce n'était pas sa place. Comme si elle ne se souvenait déjà plus de lui. Comme si elle ne voulait pas qu'elle l'aide. Il comprend sans vouloir comprendre.  Il comprend qu'il n'a pas le droit de l'aider, pas vraiment. Il comprend qu'il n'a pas le droit d'exister, pas vraiment. Il comprend qu'il est condamné à être le gars dans un bar, et qu'à chaque fois qu'il change de chemin, il se retrouve toujours sur la route dévastée qu'il n'aurait jamais dû prendre. Il fronce les sourcils.

« What ? »

Il lève les yeux au ciel. Il soupire. Parfois, il ne savait pas pourquoi il faisait ce qu'il faisait. Mais cette fois, il le savait très bien. Ce n'était pas parce qu'elle lui plaisait. Ce n'était pas parce qu'il avait pitié d'elle. C'était par pur égoïsme. Parce qu'il se sentait déjà trop coupable et qu'il n'était pas sûr de pouvoir le supporter si quelque chose arrivait par sa faute. C'était parce qu'il pouvait l'empêcher de se retrouver dans une salle de torture, alors il le faisait. Finn était un menteur. Un tricheur. Un vagabond. Mais, dans toutes ses vies, il avait toujours préféré venir en aide aux autres. Il avait toujours préféré se concentrer sur eux plutôt que sur ses propres problèmes. C'était un altruiste intéressé. Le genre de gars qui pense qu'il pourra se racheter. Que, peut-être, sa douleur finira par être soulagée.

«  Oh, come on, don't get the wrong ideas. I'm a gentleman. I'm just walking you home.   »

Il n'avait aucune arrière pensée. Mais il savait que ça ne suffirait pas. Elle n'avait aucune raison de lui faire confiance. Elle ne devrait pas lui faire confiance. Finn avait toujours rêvé d'avoir quelqu'un qui comptait sur lui. Il avait toujours rêvé d'être cette personne qui ne vous abandonnerait jamais. Celui dont on dit qu'il est fiable. Il était tout le contraire. Il était lâche et fuyant. Il passait son temps à s'échapper et à laisser les autres en plan. Il aurait aimé avoir le courage d'un héros. Mais il reflétait toujours trop l'obscurité. Cette fois-ci, quand il se retourne, il la regarde dans les yeux.

« I'm a gentleman who does not want to hear another name he knows on this radio, Solomonia. »

Il ouvre la porte. Bientôt, ils sont dehors. Il fait froid. Il n'a pas pris son manteau. Il s'en fout. Ils marchent encore un peu avant qu'il ne réalise qu'il n'aurait probablement pas dû dire son prénom.
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B. Solomonia Marcovic
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Message Posté Dim 8 Juin - 15:36.
Cause I knew you were trouble
when you walked in.


Elle ne s'attendait pas à être sauvée. Elle s'attendait à couler, depuis le départ. Elle n'a jamais été cette fille qui avait besoin d'être sauvée, avant. Elle se sauvait elle-même. Elle avait sa fierté, et elle avait sa force. Elle était assez courageuse pour le faire. Mais maintenant, tout ce qu'elle avait, c'était la terreur. Tout ce qu'elle avait, c'était des cauchemars. Elle ne savait plus quoi faire. Elle voulait revivre. Elle voulait s'en sortir. Mais c'était devenu impossible. Elle avait l'impression que rien ne semblait s'arrêter. Elle avait l'impression que le temps continuait à arracher ses plaies, et que rien ne pourrait la sauver. Elle n'avait jamais cru qu'il puisse exister un nouvel espoir. Elle n'avait jamais cru qu'elle pourrait réellement devenir cette personne, cette fille qu'elle peinait à reconnaître. Elle n'avait jamais cru qu'aujourd'hui, elle serait à cette place, en train de s'accrocher au comptoir d'un bar parce que plus rien n'était là pour la retenir. Elle n'était rien de plus que cette fille-là, celle qu'on avait pas su sauver à temps. Elle n'était rien de plus qu'un nom sur une affiche, une promesse sur un mur, un murmure dans la foule. Plus personne n'était là pour l'entendre. Ils auraient voulu qu'elle coule. Ils auraient voulu qu'elle disparaisse, et qu'elle ne soit rien de plus qu'un fantôme, mais elle s'accrochait encore, elle survivait. Elle existait sans vivre réellement. Elle respirait parce qu'elle devait le faire, et ça devenait de plus en plus dire d'être cette personne, d'être cette fille qui n'avait plus la foi d'avancer.

« Lean on me. » Elle a été surprise quand elle l'a vu se lever. Elle a été surprise de voir qu'il existait encore des personnes capable de se soucier des autres. Elle a été surprise de réaliser que parfois, on est moins seul qu'on le croit. Il a passé son bras à elle sur ses épaules. Elle le fixait. Elle le fixait parce que personne n'avait jamais fait ça pour elle. Personne n'avait pris la décision de l'aider, auparavant. C'était elle qui criait dans la foule pour qu'on puisse l'aider. C'était elle qui sauvait les autres. Elle n'était pas à cette place, elle n'était pas à la place de la victime, elle ne l'a jamais été. Et elle ne comprenait pas pourquoi est-ce qu'il l'aidait. Il ne comprenait pas pourquoi est-ce qu'il essayait de l'aider alors que tous les autres voulaient la voir tomber. « What ? » Depuis toujours, on l'avait abandonné. Depuis toujours, on l'avait laissé tomber lourdement sur le sol. Elle avait arrêté de faire confiance parce qu'elle savait de quelle manière ça se terminait toujours pour elle. Elle savait qu'elle terminait toujours par être déçue. Par souffrir. Elle le voit lever les yeux au ciel et soupirer. Elle était juste surprise. C'était pour ça qu'elle le fixait. « Oh, come on, don't get the wrong ideas. I'm a gentleman. I'm just walking you home. » Il se retourne, et il la regarde dans les yeux. « I'm a gentleman who does not want to hear another name he knows on this radio, Solomonia. »

Elle le regarde aussi pendant un instant, sans comprendre. Parce qu'au fond, elle aussi elle se rappelait ce que ça faisait d'entendre les noms défiler. Elle se rappelait de ce que ça faisait de regarder les noms sur les tombes, comme s'ils ne pouvaient jamais s'effacer. Sauf qu'aujourd'hui, il n'y avait plus aucun nom qui pourrait défiler. Parce qu'ils étaient tous morts ou partis. Parce qu'ils n'étaient plus là pour la briser. Ils étaient dehors, et elle a senti le froid la saisir. Elle rit pendant un court moment. « You haven't been here for a long time, have you ? People don't help each other. That explains why I was surprised you did. » Elle s'est tournée brièvement vers lui. « Thank you anyway. » Elle n'était pas habituée à ça. Elle n'était pas habituée à oublier sa fierté pour remercier quelqu'un. Elle n'acceptait pas ses erreurs. Elle n'acceptait pas non plus d'être plus faible, sauf cette fois-ci. Elle a brièvement ralenti en réalisant qu'elle ne lui avait pas donné son nom. « Wait, how do you know my name ? » Elle a réfléchi un instant, et elle s'est rappelé de la réalité des choses. « Oh right. I got the amazing joy to get my ''wanted dead or alive'' poster. » À l'époque, elle n'aurait jamais imaginé que ça puisse arriver. Elle n'aurait jamais pu se douter que quelque chose n'allait pas. Qu'il mentait sans réellement le faire. C'était la même histoire qui se répétait éternellement. Celle où elle croyait pouvoir s'en sortir sans en être vraiment capable. « What's your name ? »

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Dernière édition par B. Solomonia Marcovic le Dim 8 Juin - 17:03, édité 1 fois
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Message Posté Dim 8 Juin - 16:44.




I'd give my body to be back again



« You haven't been here for a long time, have you ? People don't help each other. That explains why I was surprised you did. »

Elle se tourne vers lui. Il baisse les yeux. En réalité, il est là depuis trois mois, et il trouve ça largement suffisant. Il est fatigué de regarder le monde se détruire sous ses yeux. Fatigué d'assister à l'apocalypse. Fatigué d'y participer, contre son gré. Mais au fond, peut-être que l'homme a besoin de ces ténèbres qu'il fuit tant. Peut-être même qu'il aime la menace qui plane juste derrière lui. Peut-être qu'il est viscéralement attaché aux démons qui le chassent, toute sa vie durant, parce que sans eux, il n'aurait rien à fuir. Et Pour Finn, vivre, c'était fuir. C'était courir, faire le tour du monde, et le refaire encore, parce qu'il n'avait plus de foyer, juste des abris qu'il utilisait avant de partir à nouveau. Sa vie n'était qu'une cavalcade de tragédies.

« Thank you anyway. »


Il acquiesce, sans rien dire. Il n'est pas là pour parler. Pas vraiment. Il est juste là pour la raccompagner. Pour décharger sa conscience. Pour espérer qu'un acte meilleur effacera un acte mauvais. Mais il sait que ça ne marche pas comme ça. La culpabilité ne se troque pas, elle se conserve et elle grandit au fil du temps. Elle gonfle jusqu'à ce qu'on ne puisse plus la retenir. Puis elle explose et elle détruit tout sur son passage. La culpabilité est un orage, une tornade, un ouragan, elle le laisse sans rien. Autrefois, il tenait un sceptre et une couronne. A présent, les derniers grands de poussière gisaient entre ses doigts tremblants. Jamais il n'aurait cru qu'on aurait pu perdre autant.

« Wait, how do you know my name ? »

Il soupire. Il y a plusieurs réponses à cette question. La première, il ne peut pas la dire sans se dévoiler. Bien sûr qu'il a vu son nom parmi les dossiers des traqueurs. Bien sûr qu'il connaît qui l'espionne et qui la suit. Bien sûr qu'il sait qu'elle fait partie des résistants et qu'on la pourchasse comme un trésor, parce qu'il y a la gloire à l'issue de sa capture. La seconde, c'est que son visage est placardé sur tous les murs du village. Déjà, à Londres, il la connaissait sans la connaître. Elle fait partie de ces résistants qu'on estime dangereux pour la survie de la patrie. Là, contre lui, à retenir ses rictus et sa douleur, elle n'a rien de dangereux. La dernière, celle qu'il lui confiera, c'est qu'elle était censée être son élève, si elle n'avait pas choisi de partir à la guerre. Mais elle ne lui laisse pas le temps de répondre. Peut-être que c'est parce qu'il n'en a pas vraiment envie.

« Oh right. I got the amazing joy to get my ''wanted dead or alive'' poster. »

Un faible sourire, quelque part. Il se dit qu'elle n'a que ce qu'elle mérite. Après tout, elle a choisi de s'engager dans la résistance. Elle a choisi de faire partie des tueurs. Elle a choisi de faire exploser les mines et les grenades. Elle a choisi de ravager le monde. Lui, il se contente de regarder, et c'est déjà beaucoup.

« What's your name ? »

Il répond directement, comme si c'était naturel. Il n'hésite pas une seule seconde. Il n'a plus le droit de s'appeler autrement. Il n'est plus qu'un dossier dans le système du ministère. Il n'est plus qu'une illusion légitime. Un mensonge qui respire et qui parle et qui crée des histoires qui n'en valent pas la peine.

«  Finn. »

Il dit son prénom comme s'il se débarrasse d'un fardeau, d'une tâche qu'il ne veut pas accomplir.  Il dit son prénom comme s'il y était contraint. Comme s'il aurait préféré être innommé. Il aurait voulu n'être rien d'autre que le gars du bar. Le type qui l'a aidée, un soir. Un vague souvenir, un mirage. Il ne donne aucune autre précision. Il continue de marcher, droit, jusqu'à ce que les lumières de l'institut se dessinent dans les ténèbres de la nuit. Puis, lorsque le silence devient trop pesant, il reprend.

«  I guess russian people aren't that polite. In Scotland, helping a lady out is the first thing  they teach you in man class.  »
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Message Posté Dim 8 Juin - 17:43.

It's been a long year
And everyone around me's disappeared.


Parfois, notre cœur se brise. Parfois, les mots ne peuvent pas les réparer. Parfois, on s'endort en pensant à toutes les choses qu'on aurait pu faire, toutes les choses qu'on aurait pu dire. On s'endort en pensant à tous les regrets qui nous détruisent et qui nous rendent de plus en plus faibles. On s'endort en pensant à tout ce qui nous écrase et nous réduit en miettes. On a peur de l'avenir autant qu'on est terrifiés du passé. Il n'y a pas de limite pour l'injustice de la réalité. Quoi que l'on fasse, on est torturé dans la même optique, et notre âme continue à brûler en enfer, pendant des années. Elle a toujours imaginé qu'elle pourrait prendre des décisions pour s'inventer un plus bel avenir. Elle a toujours imaginé qu'elle pourrait se cacher derrière des faux miracles et des promesses inventés. Le temps avait passé, et elle avait continué d'abandonner. Elle se demandait pourquoi est-ce que les miracles continuaient à lui faire faux bond. Elle se demandait pourquoi est-ce qu'elle continuait à jouer à un jeu auquel elle devait forcément perdre. Elle n'était rien de plus que l'ombre d'un mirage, une chimère qui se dissimulait au fond de l'eau. Rien n'était parfait, et rien n'était fait pour elle. Elle se perdait, tellement elle était terrifiée de comprendre ce qui était en train de la détruire. Elle savait qu'elle ne pourrait pas gagner. Elle savait qu'elle ne pourrait pas s'en sortir. Elle savait que c'était déjà trop tard pour elle. Que le temps lui était compté. Parce qu'aujourd'hui, elle voyait les minutes défiler, elle voyait sa peine s'alourdir. Si la résistance venait à perdre, elle savait ce qui l'attendait, elle savait qu'elle serait tuée, torturée. Elle savait qu'elle ferait partie de ceux qui ne survivraient pas, et au fond, c'était son choix. C'était ce qu'elle avait décidé. Elle s'était engagée. Elle avait abandonné ses études pour cette guerre, et c'était de cette manière que la guerre le lui rendait.

« Finn. » Après qu'il ait dit son prénom, un silence s'est installé pendant plusieurs minutes, et les portes de l'institut commençait à se rapprocher. Quand elle voyait ses murs, elle se rappelle tout ce qu'elle a pu vivre à l'intérieur. Elle se rappelle de chaque souvenir, et elle se rappelle de chaque instant. C'était devenu sa maison. C'était devenu le seul endroit qu'elle connaissait par cœur, le seul endroit où elle ne pouvait plus se perdre. Mais aujourd'hui, elle ne reconnaissait plus rien. C'était les mêmes pierres et les mêmes murs. Sauf que désormais, tout était couvert de sang et de sanglots. « I guess russian people aren't that polite. In Scotland, helping a lady out is the first thing they teach you in man class. » Elle a ri pendant une seconde. Aujourd'hui, tout était devenu amer, et elle se demandait quand est-ce que le temps finirait par pardonner leurs erreurs. Comment est-ce que des gens comme eux pourraient devenir des héros. Mais la vérité c'est qu'ils ne resteraient que des victimes. Des inconnus. Des étrangers dans un monde que personne ne pouvait reconnaître. « Oh really ? » Elle l'a questionné, tandis qu'ils entraient à l'intérieur. Sa nouvelle chambre de repos était beaucoup plus petite. Elle avait dû déménager depuis qu'il était parti, et elle s'est rapidement rendue compte à quel point l'espace pouvait lui manquer. Elle étouffait à l'intérieur de cette pièce. Elle étouffait à l'intérieur de cet endroit qu'elle a un jour considéré comme sa maison. Elle le pensait toujours, au fond, même si c'était plus difficile.

« Let's just say that I don't have that many fans, right now. » C'était la vérité, ni plus ni moins. Mais c'était aussi la seule chose qu'elle ne parvenait pas à avouer. Elle était terrifiée dans un monde qui ne faisait que la détruire. Elle était terrifiée par ses propres mensonges et par ses propres promesses. Elle n'était plus rien qu'une autre fille. Elle n'était rien de plus qu'une autre élève qu'on finirait par oublier. Ses rêves de gloire et d'honneur était déjà trop loin, elle s'était perdue dans les miracles auquel elle n'a jamais pu assister. « So, Scotland huh ? Looks like you're far away from home. » Il ne restait plus qu'un dernier couloir à passer, et ça serait la fin. Elle serait de retour au fond du gouffre dans lequel elle s'était terré pendant des jours. Une fois devant la porte, elle a retourné son visage vers le sien. « Well, this is it. That's my personal palace. »

_________________
I wake up, they said we won. they didn't say what we lost
As the snowflakes cover my fallen brothers, I will say this last goodbye. Many places I have been, many sorrows I have seen, but don't regret, nor will I forget all who took that road with me. Night is now falling, so ends this day, the road is now calling and I must away. To these memories I will hold with your blessing I will go to turn at last to paths that lead home. And, oh, where the road then takes me, I cannot tell. We came all this way, but now comes the day to bid you farewell.
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N. Finn Steinhart
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Message Posté Dim 8 Juin - 18:21.




After that it got colder, and the world got quiet. It was never quite day or quite night.



« Oh really ? »

Un homme mort ne raconte pas d'histoire. Il ne se perd pas dans des légendes. Il noie ses pêchés dans l'alcool pour mieux se reconstruire, sans se rendre compte que son squelette a été enterré. Lui, il n'était pas tout à fait mort, mais il n'était plus tout à fait vivant non plus. Il faisait partie de ces gens dont le regard se perdait trop facilement. Il faisait partie de ces gens qui sont ivres d'oubli et qui ne trouvent le bonheur que quelques secondes par nuit, quand les échos disparaissent et que le silence prend place.  Il sourit, parce qu'elle rit. Il sourit parce que peut-être que ça peut suffire à balayer la douleur, quelques instants. Il sourit, parce que  c'est comme une balle qu'il reçoit en plein cœur. Ca ne lui fait plus mal.

« Yeah, really.  »

Elle le guide dans les couloirs qu'il ne connaît que trop peu. Il est là depuis trois mois, mais le château reste une véritable énigme. Tout comme l'université d'ailleurs. Il n'est pas habitué à ce paysage. A l'austérité sur les murs. Il n'est pas habitué aux tags et aux affiches. A l'odeur de la mort qui règne tellement qu'on finit par ne plus la sentir. Il n'est pas habitué à cette vie là, mais il doit faire comme si, parce que c'est tout ce qu'il est, à présent, un nouvel imposteur, un nouvel escroc, les restes d'un homme, une liberté enchaînée.


« Let's just say that I don't have that many fans, right now. »

Il comprend pourquoi. Il n'éprouve aucune compassion. Il se contente de faire ce qu'il estime être son devoir. Il se contente de laver sa conscience, de se défaire d'un fardeau. Il n'a rien à gagner, ici, mais il n'a rien à perdre non plus. Il était le garçon qui avait voulu être roi. Et puis il était tombé. Il avait perdu sa couronne et ses honneurs. Il avait perdu la gloire et les lauriers. Plus rien ne brillait dans son regard. C'était cruel, cette façon qu'avait le destin de le priver de tout ce qu'il voulait. Il regarder les autres avoir ce qu'il ne pourrait jamais posséder. Il trouvait ça injuste. Mais il ne se battait plus pour la justice. Il n'avait plus la force de le faire.

« So, Scotland huh ? Looks like you're far away from home. »

Il baisse les yeux. Il aurait voulu savoir ce que ça voulait dire d'être loin de chez soi. Il aurait voulu que quelque chose lui manque. Il aurait voulu savoir à quel continent il appartenait. Il aurait voulu savoir sur quels visages il verrait un sourire lorsqu'il rentrerait. Il n'y avait personne pour l'attendre nulle part. C'était pour ça qu'il était parfait. Sans racine et sans attache, il n'avait rien à perdre et rien à craindre. Il pouvait laisser les flammes le consumer, personne ne s'en plaindrait.

« Well, this is it. That's my personal palace. »

Il regarde la porte et voit son nom inscrit dessus. Il acquiesce, un sourire faiblard au creux des lèvres.

« And that's my queue, I suppose.  »

Il déteste ces moments où on doit dire au revoir sans vraiment savoir ce que ça voulait dire. Un adieu ? Un à bientôt ? Probablement un peu des deux. Il n'avait pas l'intention de la revoir. Il éprouvait du mépris pour ce qu'elle représentait. Pour la cause qu'elle défendait au péril de sa vie. Lui, cette cause, il la piétinait parce qu'elle lui avait pris tout ce qu'il lui restait. Sa famille. Son honneur. Sa fierté. Il n'était plus qu'un esclave constamment en fuite. Il soupire.

« Have a … No. I suppose there's no use wishing you a good night. So yeah. Bye.  »

Il se tourne pour partir. Il fait quelques pas avant de se souvenir de quelque chose. La page d'un livre de médecine qu'il avait lu, il y a bien longtemps, apparaît sous ses yeux. Rubrique infection. Il hésite à s'arrêter. A se retourner. Puis il se rappelle qu'il n'a rien à perdre. Qu'au pire des cas, elle ne l'entendra pas. Il se tourne, quand elle s'apprête à fermer sa porte.

« Solomonia ?  Elder berries.  »

Son esprit de synthèse lui fait lever les yeux au ciel. Il se rapproche, l'air penaud. Il n'a pas envie d'être là. Il n'a pas envie d'être celui qui reste ou qui donne des conseils. Il ne sait même pas pourquoi il continue, il ne sait même pas pourquoi il n'est pas déjà parti. Il ne devrait pas l'aider. Mais c'est plus fort que lui. Il met les mains dans ses poches.

« I hm read somewhere that Elder berries were a good remedy against infections. Not that I care but I thought it could help.   »

Il se tourne. Il s'en va.
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