VULNERA SAMENTO FERME SES PORTES ▲
Merci à tous pour avoir pris part à cette formidable aventure.

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flashback - I'll follow you into the dark
ϟ celui qui lit ce titre est un elfe de maison. Ceci était la touche d'humour de Thor.
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N. Finn Steinhart
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Message Posté Mar 10 Juin - 23:56.
if I had a boat
I would sail to you

   

   
informations particulièrement pas importantes
ϟ dénomination courante des participants ▬ B. Solomonia Marcovic & N. FInn Steinhart
   ϟ  étiologie du statut subjectif ▬ Privé.
   ϟ  datation approximative du moment exact ▬ Mars.
   ϟ  cadran lunaire appréciable ▬  Vers 21 heures.
   ϟ  météorologie sorcièrement acceptable ▬  Il neige.
   ϟ  saison saisissante et palpitante ▬  Saison 3.
   ϟ  intrigue globalement intriguante ▬  N/A
   ϟ chatiment divin exigible ▬  Non.
   
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N. Finn Steinhart
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Message Posté Mer 11 Juin - 0:05.




You're so desperate now, Oh no you won't let it go



Il sort de l'université. On l'a félicité, aujourd'hui. Ou plutôt, son superviseur s'est félicité de voir que sa blessure à la jambe lui avait appris quelque chose. Il a fait comme s'il acceptait les honneurs. Il a fait comme si c'était ce qu'il recherchait. Comme si cette vie lui convenait. Il a souri, comme si mentir ne le dérangeait plus. Il a fait comme s'il était un escroc depuis le départ. Comme s'il n'avait jamais rien été d'autre. Les remords encerclent sa cage thoracique. Il se déteste et il se hait. Il n'aurait jamais dû finir comme ça. Il aurait dû faire partir des héros. Il aurait dû être quelqu'un qui vaut la peine d'être sauvé. Quelqu'un pour qui on se bat. Personne ne se battait pour lui. Personne ne lui venait en aide. On le laissait croupir, au fond de sa cellule. Au fond, c'était comme s'il n'avait jamais été là. On l'utilisait. On le libérait quand on en avait envie. On le menaçait pour le faire plier à des ordres qui le dégoutaient. Il ne voulait pas prendre part à cette guerre. Il ne voulait pas se battre. Il ne voulait aider personne. Il voulait la paix. Il voulait la vie qu'on lui avait promise, un jour. Il voulait être comme les héros de ses livres. Il voulait avoir un destin, un bon destin. Il voulait avoir une raison d'être.

Il regarde autour de lui. Les plaines vides et enneigées. Les tombes fabriquées et dévastées. Il regarde une terre qui a perdu son identité. Une terre qui est morte sous ses yeux. Il voudrait pouvoir se dire que tout est juste. Que tout ça, c'est pour une raison précise et qu'elle vaut le coup. Mais il n'y a plus que l'injustice et les souvenirs d'une autre vie. Il n'y avait plus de gloire ici, pour personne. Et lui, il marchait seul, sans savoir exactement où il allait.

Il transplane jusqu'au village. Un mois est passé depuis qu'elle est venue chez lui. Il a continué de se rendre au bar. Elle a continué de se montrer. Au fil du temps, elle était devenue la seule raison qu'il avait de se lever. Le seul repère qu'il possédait. Il savait ce qu'elle buvait. Il savait à quelle heure elle arrivait. Il savait quoi dire pour la faire sourire. Et elle ne cessait de le surprendre. Bien entendu, il continuait à faire comme si elle ne l'intéressait pas. Il ne savait pas exactement à quel moment ça avait changé. A quel moment elle était devenu plus qu'il n'aurait pu l'imaginer ou le vouloir. Peut-être que c'était le soir où elle était partie en mission et où il l'avait vue monter sur le bateau, lui échapper. Le fait de se retrouver seul face à un verre vide. Le fait de comprendre qu'il avait besoin d'elle. C'était arrivé, et il ne savait pas l'expliquer.
Il savait qu'il n'était pas celui qui faisait les meilleurs choix. Il savait aussi qu'il était tout ce qu'elle détestait, mais elle ne le savait pas. Pas encore. Et lui, il s'enfonçait dans les abysses sans s'en rendre compte. Il cherchait des raisons et des excuses. Il cherchait des rêves et des espoirs. Il chassait le bonheur comme on chasse un démon. Il savait que tout était trop éphémère et trop fragile. Et il avait si peur de perdre mais tant envie de gagner qu'il ne savait plus exactement ce qu'il était censé faire.

Il marche jusqu'au bar, les pieds dans la neige. Sa blessure a vite guéri, mais elle le fait toujours souffrir quand on s'appuie dessus. Son superviseur le savait pertinemment. Le sort utilisé était fait pour. Il aperçoit sa silhouette à travers la fenêtre du bar. Il sourit. Puis il baisse les yeux. Il n'a pas le droit. Il se répète qu'il n'a pas le droit. Mais c'est plus fort que lui. Et il en a marre de lutter contre lui-même. Il se fiche des conséquences. Il se fiche de tout. Il abandonne. Il ne sera jamais un héros, de toute façon. Il n'en a jamais eu la carrure. Il pousse la porte du bar miteux et à moitié vide. Durmstrang est dépeuplé. La guerre a fait des ravages. La poussière s'accumule. La radio est encore branchée. On écoute les nouvelles de Londres, de Beauxbâtons, de Poudlard. Chacun redoute d'entendre un nom qu'il connaît. Ca sent l'alcool et la fumée. Ca sent la mort et l'attente. Ca sent l'agonie d'un peuple qui ne sait plus pourquoi il se bat encore. Leur table habituelle est au fond du bar, dans un coin, près de la cheminée. Elle semble perdue dans ses pensées. Il avance, sans hésiter et s'assoit en face d'elle.

« Hello, stranger. »

Un demi sourire. La neige qui tombe, dehors. Le son de la radio, quelque part. C'est là qu'il voit qu'elle est là depuis beaucoup plus longtemps que lui. Les verres vides s'accumulent sur la table de bois. Il fronce les sourcils.

« I was going to ask you if I could buy you a drink, but obviously, you didn't need me for that...  »

Il fait signe au barman qu'il veut sa boisson habituelle. Puis il se retourne vers elle. Il l'observe. Elle ne lui adresse aucun regard. Aucun sourire. Il ne comprend pas.Il se demande à quoi elle pense. Puis il comprend. Il comprend qu'elle pense à lui. Quelque part, ça le blesse.  Alors il brise ce silence qui devient trop pesant.

« Sometimes I wonder how depressing you can be. I think a new record has been set tonight.  »
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B. Solomonia Marcovic
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Message Posté Mer 11 Juin - 2:12.

And my head told my heart
"Let love grow"
But my heart told my head
"This time no''.


Un nouveau verre qui se glisse dans sa gorge. Un nouvel espoir qui s'écrase dans sa bouche. Elle empile les verres et elle les laisse sur un coin de table. Elle déverse sa rage sur son propre corps en le détruisant à coup d'alcool. Elle abandonne le rêve pour un nouveau cauchemar. Elle cherche à trouver un monde meilleur où elle pourra s'en sortir, mais elle continue de couler. Elle espère qu'elle pourra s'en sortir, mais elle ne cesse de tomber. Elle aurait aimé faire les bons choix, elle aurait aimé s'en sortir, et elle aurait aimé respirer à nouveau. Elle savait que le temps continuait de la détruire, et elle savait que les miracles n'étaient plus totalement réel. Elle aurait voulu changer le monde, à une époque. Elle aurait voulu arrêter les pleurs et les cris. Elle aurait voulu soigner toutes les blessures, mais aujourd'hui, elle n'était rien de plus qu'une épave. Elle ne savait pas comment s'en sortir. Elle ne savait pas non plus comment réparer ses propres erreurs. Aujourd'hui, elle faisait face aux conséquences, et elle acceptait la réalité, peu importe à quel point ça pouvait être difficile. Elle aurait voulu faire les bons choix et elle aurait voulu savoir quoi dire pour se rattraper. Elle aurait voulu retenir ceux qui sont partis et elle aurait voulu retrouver tout ce qu'elle avait perdu. Mais c'était trop tard pour elle. Peut-être qu'elle a tout perdu à la minute où elle a commencé à devenir quelqu'un d'autre, à partir du moment où elle s'est effondrée sur elle-même. C'était devenu trop dur d'avancer jour après jour. C'était devenu trop dur de prendre des décisions qui la poussait à se retrouver seule. La seule chose qu'elle a toujours voulu, c'était quelqu'un qui reste pour elle. Quelqu'un qui tienne à elle. Quelqu'un en qui elle pourrait avoir confiance, parce que c'était tellement simple et ridicule et pourtant, tellement difficile à avoir. Elle se perdait dans la douleur et la déception, parce qu'elle n'avait plus rien à part des souvenirs de ce qui aurait pu exister.

« Hello, stranger. » Elle relève sa tête brièvement, et elle le voit. Elle est moins enjouée qu'elle a pu l'être quand il était là. Aujourd'hui elle n'avait plus rien. Tous le monde était parti. January était là mais elle devait s'occuper de James. Snow était avec Dorian. Ils avaient tous différents problèmes, différentes solutions. Ils étaient tous face à l'adversité et rien ne pouvait changer le fait qu'elle était seule. Le fait que plus personne n'était là pour lui rappeler qu'elle comptait aussi. Plus personne n'était là pour l'aider à redevenir ce qu'elle était. Et elle, elle n'avait plus personne à aimer. Elle n'avait plus rien à part le vide, et ça la détruisait. Elle n'arrivait plus à avancer en rampant. Elle n'arrivait plus à regarder autour d'elle, et réaliser que plus rien n'existait, à part du vent. Elle a arrêté de le regarder, pour se servir un nouveau verre. Le barman avait fini par lui laisser la bouteille. « I was going to ask you if I could buy you a drink, but obviously, you didn't need me for that... » Elle l'évite, et elle fait comme s'il n'existait plus, parce qu'au final, c'était plus simple de s'habituer à cette éventualité. C'était la seule issue, de toutes manières. Elle avait bien fini par comprendre la réalité de sa situation.

« Sometimes I wonder how depressing you can be. I think a new record has been set tonight. » Elle boit une partie de son verre. Elle ferme les yeux, et elle les ouvre à nouveau. Elle réalise ce qu'elle a, et ce qu'elle n'a plus. Elle réalise ce qui ne sera plus jamais là, et ce qui continuera à exister. Elle se perd dans un dédale de mensonges que personne ne peut comprendre, que personne ne peut maîtriser. Elle se perd dans tout ce qu'elle ignore, et dans tout ce qui la détruit. Elle aurait voulu s'en sortir. Elle aurait voulu sauver tout ce qui était possible d'être sauvé. Elle aurait voulu que ceux qui partent puisse revenir, mais ils étaient toujours aussi loin, toujours aussi inaccessible. Ça la détruisait de voir qu'elle ne pourrait jamais retrouver tout ce qu'elle avait perdu. Elle pouvait seulement espérer, et attendre. Elle pouvait seulement regarder le temps faire de ce qu'elle était un enfer. Un cauchemar sans nom. Elle vivait sans savoir pourquoi est-ce qu'elle continuait à se tenir debout. « Oh wow, looks like someone is back from the dead. » Elle utilise le sarcasme comme une arme, comme si ça pouvait la protéger de tout ce qu'elle ignorait. Elle repense à tout ce qu'elle n'aura plus, et elle repense au fait qu'elle attend toujours qu'il revienne, même s'il ne le fera jamais. Et elle se déteste pour être aussi faible et misérable. Elle se tourne à nouveau vers lui. Elle n'a pas le temps d'employer les politesses. Elle n'en a surtout pas envie. « What are you doing ? »

_________________
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Message Posté Mer 11 Juin - 21:49.
]



where the last pain is gone



« Oh wow, looks like someone is back from the dead. »

Un soupir fatigué. Il essaye de comprendre mais il n'en a pas vraiment envie. On joue. On lance les dés. On lance une pièce en l'air, et on laisse le destin décider à notre place. C'est humain, au fond, de fuir ce qui peut nous blesser. Alors, soudainement, on prend tout à la légère. On regarde les éclats de verre s'envoler sans comprendre comment on en est arrivé jusqu'ici. On se perd dans des excuses auxquelles on ne croit déjà plus. On regarde le monde s'écrouler autour de nous. La magie, dévastée, tenter de survivre après avoir été souillée. On s'était toujours dit qu'on était les rois du monde. Et, soudain, ce monde devient trop grand pour nous. Tout ce qui semblait acquis s'envole en fumée. Tout ce à quoi on pouvait prétendre s'avère n'être qu'un rêve, un rêve qui nous échappe et qui rejoint le rang des fantômes.Lui, il continuait de lui sourire. De faire comme si elle ne l'intéressait pas. Il continuait de se perdre dans les mensonges, parce que c'était tout ce qui lui restait, ce mince pouvoir, cet effet si éphémère, mais pourtant trop dangereux.

« What are you doing ? »

Il ne sait même pas ce qu'il est en train de faire. Il ne sait pas ce qu'il est en train d'espérer. Il la regarde et il essaye de la déchiffrer. Il essaye d'évaluer les risques et les espoirs. Il essaye d'évaluer la douleur dans la chute. Le barman lui apporte son verre. Il s'apprête à le boire. Il regarde autour de lui. Il regarde les tables vides. Les hommes seuls. Il regarde ce qu'il reste d'un peuple et d'un monde. Il se rend compte qu'ils sont les seuls survivants de l'apocalypse. Il se tiennent face à la fin du monde et ils préfèrent lui tourner le dos et s'effondrer dans l'alcool. Il pose son verre, sans le boire. Il la regarde, elle. Il aimerait que tout soit vrai. Il aimerait pouvoir lui offrir la vérité. Il aimerait être autre chose qu'un vagabond. Un voleur. Un fuyard. Il aimerait avoir du courage. Le sens de la gloire. Il aimerait avoir un code, un honneur. Il aimerait être autre chose qu'un pirate, qui pille et qui vole et qui ne pense qu'au trésor qu'il a gagné un jour, et qu'il a dilapidé ensuite.

Puis il réalise que non seulement la politesse lui manque, mais sa question est profondément stupide. Ce qu'il fait ? Ne peut-elle pas comprendre ce qu'il fait juste en le regardant ? Ne peut-elle pas comprendre par elle-même qu'il est venu, comme il vient tous les soirs, pour boire un verre, avec elle, et s'enfoncer un peu plus dans l'illusion qu'il a créé tout seul. La question l'énerve. Elle l'agace. A moins que ça ne soit autre chose. A moins que la colère ne soit provoquée par l'impossibilité de faire autre chose que de boire et de la regarder sombrer dans les abysses. Non. C'est la question. Il lève les yeux au ciel. Il prend un ton énervé, hautain.

« Clearly, I'm building a telescope. »

Il est impatient et fatigué d'attendre. Il ne sait pas ce qui le retient de s'en aller. Il y a cinq ans, il se serait barré sans même regarder en arrière. Ah, ce qu'il était glorieux, il y a cinq ans. Il dominait le monde, du haut de son trésor volé. Il lâchait l'ancre où son cœur le portait. Il dupait les autres. Un illusionniste ou un démon, il fallait choisir son camp. Et lui, il avait choisi celui de Kate. C'était ça, sa faiblesse. Il se faisait toujours avoir par les femmes. Elles étaient des mensonges qu'il croyait à chaque fois. Il lui était impossible de discerner la vérité du mensonge, avec elles. Et avec elle, il avait fait des rêves idiots. Il s'était retrouvé avec de nouvelles cicatrices. Cette fois-ci, il boit. Puis il reprend.

«What does it look like I'm doing, genius ? I'm just having a drink with you.  »

Il y avait des histoires qu'il aimait raconter. D'autres qu'il enjolivait. Puis il y avait celles qu'il taisait. C'était de celles là dont il avait peur. Toutes les choses qu'il gardait silencieusement, pour lui, parce que personne d'autre n'aurait voulu les écouter. Toutes les choses qu'il n'osait pas prononcer, parce qu'il avait trop peur de l'issue. Il s'était construit un courage. Il s'était fabriqué une fierté. Celle de ceux qui n'ont plus rien à perdre. Ceux à qui on a déjà tout pris. Ceux qui n'ont plus aucun autre choix que de faire comme s'ils étaient encore fiers de ce qu'ils étaient. Mais quand il la regardait, il se disait que ça ne serait peut-être pas suffisant, ces constructions artificielles, ses façades fissurées. Il finit par rompre le silence, désespéré.

«I hate to break it to you but you were way nicer when you were sober.   »
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B. Solomonia Marcovic
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Message Posté Mer 11 Juin - 23:58.

What could make this night
Without you at my side ?
I catch myself instead,
Staring straight ahead,
You belong to me.


Les gens changent, mais ils ne changent pas vraiment. On pense que le temps peut modifier les comportements, on pense que tout peut s'arranger, ou que tout peut s'arrange si on prie assez fort. On sait que le temps peut tout changer, mais au fond, c'est jamais assez. Au fond, les miracles ne sont que des promesses. Puis la douleur se transforme. Elle est plus difficile à supporter. Les miracles ne suffissent plus. Aujourd'hui, elle avait tout perdu. Aujourd'hui, elle aurait voulu suffire. Mais ça n'a jamais été le cas. Elle a toujours été perdue dans le vide. Elle a toujours été celle qui ne suffisait pas. Parce qu'au fois, quoi qu'elle fasse, quoi qu'elle choisisse, elle sombre toujours. Quoi qu'elle fasse, elle se déteste pour ce qu'elle ne peut pas être, et elle se détruit à travers tout ce qu'elle a été. Elle ne savait plus comment s'en sortir. Elle ne savait plus comment changer. Elle se haïssait parce qu'elle n'avait rien su garder. Parce qu'il était parti et qu'elle voulait qu'il revienne, en espérant que ça serait suffisant, parce qu'au fond elle ne savait même pas pourquoi est-ce qu'ils étaient ensemble. Elle supposait que c'était par amour. Elle supposait que c'était par logique. Elle refusait de voir que c'était simplement par nécessité. Parce que l'un sans l'autre, ils n'auraient eu personne. Et elle était désormais condamnée à subir la réalité. Elle ne voyait pas d'issues, elle ne voyait pas de solutions. Elle ne savait pas comment survivre, alors que tout s'écroulait autour d'elle. Elle ne savait pas comment respirer alors qu'elle n'avait plus d'air. Elle ne savait pas comment faire, si personne ne pouvait être son héros. Elle était condamnée à être la victime, et tout ce qu'elle voulait, c'était qu'elle soit aussi capable de sauver quelqu'un. Elle voulait être cette personne pour quelqu'un. Celle qui parvient à créer une lumière. Celle qui parvient à éclairer tout ce qui était dans l'ombre. Et ça la torturait de voir que ça ne pouvait plus marcher. Plus maintenant.

« Clearly, I'm building a telescope. » Elle lève les yeux au ciel, et elle termine son verre, cul sec. Elle ne le regarde pas, elle évite tout ce qu'il peut être, parce qu'il devient comme les autres. Il devient comme ceux qui se moquent d'elle et qui la regarde s'appuyer contre les murs quand elle a trop mal. Il devient comme ceux qui se moquent de ce qu'elle est, et il devient comme ceux qui se fichent de ce qu'elle a pu être auparavant. Mais en réalité, il n'a jamais su qui elle était, avant ça. Lui, il ne voit que la fille qui a besoin d'aide. Il ne connaît pas cette fille qui a tout détruit sur son passage. Il ne connaît pas cette fille qui aurait tout brûlé par colère. Peut-être que c'est pour ça qu'il choisit de la laisser couler. Peut-être qu'elle refuse de voir ce qui se cache derrière les rires et les sourires qu'ils ont pu partager tandis que tout allait bien. Au fond, c'est tellement plus simple de prétendre de ne rien savoir. Ça rassure. Ça permet de se forger une idée sur ce que l'on ne veut pas comprendre. Et au fond, ça nous détruit peut-être un peu, sans que l'on ne puisse s'en rendre compte. La douleur est difficile à supporter, mais on l'accepte. La douleur nous torture, mais on l'ignore. Parce qu'avoir mal, au fond, c'est quelque chose qu'on ne peut pas guérir. C'est quelque chose qui se forge à l'intérieur, et qui se répand, comme un poison. Comme du venin qui s'écrase dans notre sang. « What does it look like I'm doing, genius ? I'm just having a drink with you. » Elle se sert à nouveau. « I hate to break it to you but you were way nicer when you were sober. »

Elle crée une illusion. Elle invente un sourire, bien trop faux pour être réel. Elle invente une promesse qui n'est rien de plus qu'un mensonge. Et elle regarde son propre verre, comme si elle pouvait y avoir toutes ses illusions s'y noyer. Elle regarde dans son verre, comme si elle pouvait y avoir tous les visages de ceux qui ne reviendront pas, ceux qui ont choisi le chemin le plus facile. Elle avait mal, mais elle ne pouvait pas guérir. Elle avait mal, et personne ne l'aidait. Un jour, elle tomberait à terre. Un jour, elle abandonnerait. Même si elle s'était promis le contraire. Un jour, elle savait que ça serait bien plus simple de tout simplement laisser tomber. Fermer les yeux et oublier la peine, la douleur. Elle savait que c'était égoïste. Elle savait que chacun vit avec sa propre douleur. Et au fond, c'était plus simple de vivre comme si c'était faux. Elle n'en pouvait plus d'entendre l'écho de ses propres sanglots, la nuit. Elle n'en pouvait plus de voir ses yeux rougis par la peine. Sa peau trop blanche, forgée par la douleur. « Oh well, that's too bad. » Une nouvelle gorgée. « Now, if I'm bothering you so much, other tables are free. »

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Message Posté Jeu 12 Juin - 0:41.




I knew all the rules



« Oh well, that's too bad. »

Les êtres humains sont comme des énigmes. Ils viennent en pièces détachées. Morcelés, fracturés, on doit rassembler les morceaux pour trouver les réponses. Le problème, c'est qu'on n'a jamais tous les indices. On n'a jamais toutes les cartes entre les mains, seulement les fragments d'un reflet parfois trop mensonger. Et dans tout ce brasier, il avait du mal à distinguer les cendres des flammes. Sur son visage, la colère. Ou peut-être l'abandon. Lui, il avait un sourcil arqué. Il attendait. Il ne savait pas après quoi il courrait, mais il attendait. La vérité, c'était qu'il assistait à sa propre déchéance. Elle l'enfermait dans le mouroir. Elle endossait le rôle du bourreau avec une perfection malhonnête. Elle se fondait dans le mépris et lui, il priait. Il avait toujours réussi à se sortir des situations délicates. Il avait toujours réussi à acheter sa liberté avec un sourire, un murmure, un compliment. L'être humain n'avait jamais été aussi compliqué qu'on le disait. Et il y avait toujours eu la masse naïve qui ne demandait qu'à être manipulée. Le problème, c'était qu'elle n'avait jamais fait partie de cette masse. Ses mots n'avaient jamais eu aucun impact sur elle. Et ses sourires, elle les jetait par dessus bord. Elle avait toujours été plus forte que ça. Parfois, il aurait préféré qu'elle ne le soit pas.

« Now, if I'm bothering you so much, other tables are free. »

Les contradictions devenaient de plus en plus dangereuses. Bientôt, il faudrait faire un choix, il le savait. Il savait les risques qu'il prenait. Il savait qu'il était condamné, dans les deux cas. Il aurait parfois aimé qu'on invente les souvenirs du futur pour savoir quel était le bon choix à faire. Puis il se rappelait de ce que son père lui avait dit, un jour. Le bon choix, c'est celui avec lequel on peut vivre, peu importe les conséquences. C'est celui grâce auquel on peut encore se regarder dans le miroir. C'est celui qui ne nous empêche pas de dormir. C'est celui dont on est fier, même si on finit la tête sur le carreau. Il baisse les yeux.

« Yeah. »

Il avait toujours su que ce moment arriverait. Peut-être même avait-il fini par l'attendre. Il avait longtemps hésité. Il s'était perdu sur les différents chemins qu'il aurait pu prendre. Il s'était perdu entre la montagne des choses qu'il voulait, et le mince tas des choses qu'il méritait.  D'un côté, il la veut. De l'autre, il ne peut pas l'avoir. D'un côté, il veut sentir sa peau. Il veut s'endormir avec elle. Se réveiller avec elle. De l'autre, il sait qu'il la trahira un jour. Il sait qu'elle ne mérite pas ça. Il sait qu'elle a besoin de quelqu'un qui restera. Quelqu'un qui sera à ses côtés, quoi qu'il arrive. Et pour l'instant, il ne peut pas être cette personne pour elle. Tout ce qu'il peut espérer être, c'est le gars dans un bar. Sauf qu'il en a marre de laisser passer sa chance. A la vie, comme au jeu, on gagne ou on perd. C'était un pari risqué, mais un pari qu'il était prêt à endosser. Il veut être plus que ce qu'on l'oblige à être. Il veut être plus qu'un escroc qu'on utilise. Un criminel qu'on fait payer. Il veut savoir ce que ça signifie, d'exister à nouveau. Et à chaque fois qu'il est avec elle, il le sent. Il sent ce besoin urgent d'être lui. Ce besoin urgent de vérité. Alors il lève les yeux vers elle et la lui dit.

« But other tables don't have you. »
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B. Solomonia Marcovic
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Message Posté Jeu 12 Juin - 1:58.

I’m giving you a nightcall
To tell you how I feel.


Quand on tombe, parfois, on est condamnés à ne pas se relever. Quand on tombe, parfois, on fait face à tout ce qu'on aurait pu emporter dans notre chute. On fait face à tout ceux qui sont partis, face à ceux qui sont restés. Parfois, on fait face aux cauchemars, aussi bien que l'on fait face aux promesses. On les rejette, et on les oublie, parce qu'on sait que quelque part, un mensonge se cache. On sait que quelque part, une histoire se dessine. Une victoire n'est rien qu'un faux espoir. On se perd dans le vide et on espère trouver de l'aide. Mais en réalité, personne n'est là pour nous relever. On tombe, et la foule nous piétine. Elle nous écrase jusqu'à ce qu'il ne reste plus que de simples idées, que de simples souvenirs qui sont déjà trop flous, déjà disparus. Elle aurait aimé comprendre pourquoi est-ce que personne n'avait la simple idée d'aider celui qui avait péché à se relever. Elle se demandait s'il le mériterait. Elle se demandait si quelqu'un finirait par trouver pitié. Elle se demandait pourquoi est-ce qu'il n'existait plus de miracles pour les miséreux. Pourquoi chaque instant devait se transformer en cauchemar. Elle se demandait pourquoi est-ce qu'on ne voulait plus entendre les excuses de ceux qui étaient brisé. Il ne savait plus pourquoi est-ce que l'on regardait ailleurs quand on voyait que quelqu'un semblait s'enfoncer dans les abysses. Après tout, personne n'aurait pu changer la donne. Après tout, personne n'aurait pu modifier le passé, ni le présent. Mais ça semblait cruel d'agir comme s'il n'y aurait pas d'avenir. Elle tombait dans la peur et la cruauté. Elle tombait sans savoir comment se relever. Et elle avait oublié ce que ça faisait d'être celle que l'on laisse sur le côté. Elle avait oublié ce que ça faisait d'être détruite par l'adversité, d'être écrasée par la mort et la peur. Elle avait oublié ce que ça faisait d'être celle qui ne pourrait jamais être sauvée, parce qu'au fond, il ne restait plus rien à part des ruines de ce qu'elle aurait pu être, à part des souvenirs effacés.

Elle regarde dans le vide, sans savoir ce qu'elle peut faire. Elle voudrait posséder la vérité pour pouvoir la garder jalousement. Elle voudrait posséder tout ce qu'elle ne connaît pas et ne comprend pas, parce que ça serait tellement plus simple pour elle, de prétendre que tout va bien, de prétendre que tout est parfait. Elle regarde dans le vide, et elle ne sait plus qui elle est, parce qu'elle s'est perdue dans tout ce qu'elle a essayé d'être. Elle a tenté tellement de fois de changer pour devenir celle que l'on attendait qu'au final, elle s'était perdue. Elle ne trouvait aucune issue, aucune promesse. Elle ne trouvait pas d'espoirs dans la mort, elle ne trouvait pas de soulagements dans la peine. Elle se glissait derrière les mirages, comme si on pouvait la laisser disparaître, comme un fantôme. Personne ne savait ce qu'elle était. Personne ne savait ce qu'elle pouvait valoir, et tous le monde se fichait de la voir sombrer. Elle ne savait pas pourquoi est-ce qu'il ferait l'exception. Au fond, elle savait qu'elle n'en valait pas la peine. Pas vraiment. Elle était trop brisée, trop différente. Elle était trop impliquée dans la guerre. Elle n'était plus qu'une révolutionnaire blessée. Une inconnue qui se dissimulait dans la foule de ceux qui se battaient pour une liberté tâchée par le sang et la peur.

« But other tables don't have you. » Et soudain, elle relève les yeux. Soudain, elle le regarde sans comprendre. Son regard s'adoucit, parce qu'elle croit presque en la sincérité de ses paroles. Elle croit presque en la vérité qu'il semble servir. Mais elle ne comprend par pourquoi. Elle ne sait pas ce qu'elle a de spécial. Elle ne sait pas ce qui la différencie des autres, et elle ne comprend pas comment est-ce qu'on pourrait vraiment se soucier d'elle. Elle ne comprend pas pourquoi est-ce qu'elle est aussi détruite, pourquoi est-ce qu'elle n'est pas ce que l'on attend, et pourquoi est-ce qu'à chaque fois, elle se perd dans tout ce qu'elle n'a jamais été. Elle a mal, mais elle ne comprend pas réellement ce que ça signifie. Elle est perdue, mais elle ne sait pas pourquoi. Elle ne comprends pas pourquoi est-ce qu'elle pourrait être plus importante que qui que ce soit d'autre ici. Et au fond, si elle avait réellement pensé jusqu'au bout, elle aurait peut-être pu comprendre. Mais peut-être aussi qu'au fond, elle était terrifiée à l'idée de tout savoir. « What is that supposed to mean ? » Elle le regarde, sa tête relevée vers lui. Elle le regarde, et elle ne comprend pas. Elle est perdue parce qu'il n'est qu'une énigme qu'elle ne peut pas encore résoudre. Elle baisse les yeux, en se demandant pourquoi est-ce qu'il restait à ses côtés. Pourquoi est-ce qu'il essayait encore et toujours de la comprendre. Alors tout simplement, elle le lui demande. « Why are you even trying ? »

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Message Posté Jeu 12 Juin - 23:41.




I take a peak at my life and realise there's nothing left.



« What is that supposed to mean ? »

Ca veut dire qu'il se demande si elle pourra vivre avec ses erreurs passées, et celles qu'il n'a pas encore fait. Ca veut dire qu'il se demande s'il a une chance d'exister à nouveau. Ca veut dire qu'il a envie d'essayer, même s'il sait qu'il a de grandes chances de se brûler. Mais c'est Finn, et dès qu'il voit l'espoir, il court sans se demander s'il s'agit d'un mirage. Il se laisser berner par les reflets. Il ne voit pas le ciel se craqueler. Il ne voit pas les fissures, ni les failles. Il voit les trésors qui brillent et les promesses silencieuses. Il baisse les yeux. Il essaye de rassembler son courage et ses pensées. Il essaye de se persuader qu'il prend la bonne décision. Il essaye de se persuader que ça va marcher.

Ce sont les actions qui définissent les hommes. Pas leur choix, mais la façon dont ils contrôlent leurs conséquences. Certains les affrontent avec un courage vaillant. D'autres les fuient comme la peste. Toute sa vie, il était parti. Toute sa vie, il avait couru en espérant échapper à ses actes. Un jour, ils l'avaient rattrapé. Ils l'avaient écrasé et ils l'avaient réduit à néant. Il était resté dans les abysses trop longtemps pour espérer pouvoir refléter autre chose que l'obscurité. Puis elle était arrivée, et il ne l'avait pas vue, au départ, derrière tous ses mensonges et ses parades. Il avait préféré se laisser avoir par la haine et le désespoir. La colère l'avait consumé si fort qu'il n'arrivait plus à voir autre chose dans les autres que des ennemis. C'était un cynique qui regardait le monde comme on regarde un monstre. Il ne voyait pas des hommes, mais des titans enragés et destructeurs que personne ne pouvait arrêter. Il ne voyait pas les bâtiments, mais les flammes et la fumée. Il ne voyait pas le sol, mais les corps qui étaient enterrés en dessous. Puis il avait compris qu'ils n'étaient pas si différents. Il avait compris qu'il ne pouvait exister qu'à travers ses yeux. Elle valsait entre les mensonges et elle accédait à la vérité que personne n'avait aperçu jusqu'à présent. Elle était restée alors que n'importe qui serait parti. Il pensait que ça signifiait quelque chose. Il croyait dur comme fer que ça signifiait qu'elle resterait. Il avait fini par se persuader que ses mensonges étaient réels. Il avait fini par se persuader qu'il faisait le bon choix.

« Why are you even trying ? »

Tout se perd et tout se détruit. On perd sa fierté, au fil du temps. On laisse couler, on laisse partir, on vit dans un naufrage et on s'abandonne à la tempête. On se laisse ensevelir par les vagues et on fuit la lumière des phrase, à l'horizon. On s'enfonce dans des eaux trop profondes sans se soucier de la façon dont on pourrait remonter à la surface. Bientôt, l'idée même de surface semble dérisoire. Tout se perd et tout se détruit, pour lui, ça laissait un arrière goût amer. Il regardait autour de lui, un paradis perdu. Autrefois, il aurait pu tout avoir. Mais on n'était plus autrefois. On était aujourd'hui, et tout était trop différent. Trop violemment différent.

Il ne boit pas. Il laisse son cœur cogner contre son torse, ses mains entrecroisées sur la table de bois. Il entend le silence. Le crépitement du feu dans la cheminée. Les verres qui glissent sur le comptoir. La radio, quelque part. Il faisait partie du silence. Il faisait partie de ces hommes qui n'avaient plus rien à perdre. Il faisait partie de la cour des miracles. Il n'était plus qu'un miséreux, sans but et sans demeure. Il vivait dans un monde qu'il avait fabriqué de toutes pièces. Il avait laissé les autres le définir. Pour la première fois depuis longtemps, il se tenait droit. Pour la première fois depuis longtemps, il n'avait pas honte en la regardant dans les yeux. Pour la première fois depuis longtemps, il disait la vérité. Et il savait qu'elle ferait mal.

« Because I'm falling in love wih you. »
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Message Posté Ven 13 Juin - 1:43.

I wanna cry and I wanna love,
But all my tears have been used up,
On another love, another love.


Elle aurait aimé être suffisante. Elle aurait aimé que juste pour lui, juste cette fois, elle soit ce dont il avait besoin. Cette fille qu'il ne pourrait jamais abandonner. Mais en réalité, ça n'a jamais été comme ça, entre eux. Il l'aimait parce qu'elle était là. Il l'aimait parce qu'avant, elle était inaccessible. Et elle, elle l'aimait parce qu'il était le seul qui refusait de voir ce qu'elle était. Il aimait une image d'elle. Il aimait un idéal, une promesse de changement, et il n'aimait pas ce qu'elle a toujours été. Il la voyait différemment que dans la réalité, parce que s'il l'avait vraiment aimé, il serait parti beaucoup plus tôt. Peut-être que c'est ça, qui s'est passé. Il s'est rendu compte qu'au fond, le temps brûlait tout sur son passage. Le temps créait des tornades et des océans pour nous séparer de ce qu'on aurait pu avoir. Elle voyait tout ce qu'elle avait perdu, et elle voulait tout ce qui avait disparu. Le temps avait tout réduit en miette, et tout ce qu'elle voulait, c'était retrouver ce qu'elle avait perdu. Tout ce qu'elle voulait, c'était arrêter d'aimer, parce qu'aimer, ça brise. Parce qu'aimer, ça finit par tout détruire. Et au final, elle accepte la réalité. Elle accepte de tomber sans savoir ce que ça signifie. Elle accepte d'être écrasée par tout ce qu'elle n'a pas, et par tout ce qu'elle n'a pas pu avoir. Elle aurait voulu aimer à nouveau. Elle aurait voulu abandonner tout ce qui avait été détruit par son passage. Elle se demandait comment est-ce qu'elle avait pu être aussi idiote. Comment est-ce qu'elle avait pu aimer sans retenue. Comment est-ce qu'elle avait pu tout donner sans se douter qu'il allait tout reprendre en l'espace de quelques secondes ?

Elle attend une réponse, et elle attend la vérité. Elle attend un silence, mais elle attend aussi un mensonge. Elle ne sait plus quoi être, et elle ne sait plus ce qu'elle attend. Elle a peur de savoir, et elle a peur de découvrir qu'elle n'aurait jamais dû le connaître, depuis le départ. « Because I'm falling in love wih you. » Les mots résonnent à l'intérieur de sa tête. Elle le regarde, incapable de bouger, incapable de savoir pourquoi est-ce qu'il choisit de le dire maintenant. Elle le regarde, incapable de savoir pourquoi est-ce que ça ne la surprend pas. Elle le regarde, incapable de savoir pourquoi est-ce qu'elle pourrait presque dire que c'est la chose la plus logique qui lui soit arrivée. Elle veut cacher sa peur dans un mensonge. Elle veut effacer sa terreur dans un univers où elle n'aurait pas à perdre. Elle ne veut plus aimer, parce que c'est devenu trop difficile. Et pourtant, les mots continuent de résonner dans son esprit. Because I'm falling in love with you. Elle ne sait pas comment effacer la douleur, elle ne sait pas comment avancer alors qu'elle a tout perdu. Elle ne sait pas comment inventer un mensonge qui serait crédible, un mensonge dans lequel elle serait capable de choisir la vérité. Elle ne veut plus aimer pour souffrir, elle ne veut plus aimer parce qu'elle ne sait plus comment est-ce qu'elle peut se relever après tout ce qu'elle a perdu, après tout ce qui n'existe plus, et après tout ce qui a disparu dans un océan de promesses et de miracles dissimulés.

Elle choisit de porter un masque, parce qu'elle ne sait plus qui être. Parce qu'elle aurait voulu tout faire pour sauver ce qu'ils auraient pu être, si seulement elle avait su à ce moment-là à quel point ils pourraient être beaucoup plus. Elle vivait dans cette illusion, où il finirait par rentrer. Où il reviendrait, et où tout serait tellement plus simple, et tellement moins différent. Elle avait peur de ce qu'elle ne comprenait pas encore. Elle avait peur des mots qui continuaient de frapper les parois de son esprit. Because I'm falling in love with you. Encore et encore, elle les entendait comme une mélodie qu'elle aurait voulu détruire. « You're not supposed to fall in love with me, this is not supposed to happen. How did that happen ? » Elle pose ses coudes sur la table, et elle laisse son front s'écraser sur ses deux mains. Elle aurait voulu se battre pour ce qu'ils auraient pu être, mais elle était aveuglée par tout ce qu'elle pensait mériter. Elle était aveuglée par tout ce qu'elle a pu connaître, parce que pour elle, il n'y avait déjà plus rien à part des souvenirs du passé qui s'écrasait sur les pages d'un cauchemar. « God, why did this have to happen. » Elle ferme les yeux. Elle perd pieds. Elle ferme les yeux, et elle murmure d'une voix brisée, même si c'est assez fort pour qu'il l'entende, comme si elle ne savait pas quoi dire d'autre. Comme si elle ne savait pas qui d'autre devenir. « But you're not him. »

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Message Posté Ven 13 Juin - 15:20.




Everything dies, baby that's a fact  



« You're not supposed to fall in love with me, this is not supposed to happen. How did that happen ? »

Il est trop tard pour revenir en arrière et trop tôt pour aller de l'avant. Je la regarde, et je vois mes espoirs s'effondrer . Mais au fond, c'est logique, pas vrai ? Ca tombe sous le sens et sous le poids des évidences. C'était de l'orgueil, de la fierté, que d'avoir pensé que je pouvais l'intéresser. C'était de l'orgueil, c'était de la fierté, que d'avoir osé parler. Et à chaque fois, c'était la même chose. Les mêmes événements qui se répétaient, en boucle. A chaque fois que je tentais d'échapper à mon destin, on me rappelait à l'ordre sans la moindre cérémonie. On me rappelait à l'ordre et on espérait que ça suffirait. Mais ça ne suffisait jamais vraiment, parce que je ne faisais pas partie de ceux que la réalité ancrait au sol, non. Je faisais partie de ces hommes qui sont viscéralement attachés à la liberté et qui refusent, encore et encore, de se laisser dicter leur conduite par un univers trop impitoyable. Sauf que cette fois, peut-être que j'avais tort. Peut-être que l'univers était plus fort que moi. Peut-être qu'il m'écrasait depuis si longtemps que j'avais oublié combien son emprise m'étouffait. Je baisse les yeux en me demandant comment ça avait pu arriver. J'ai pas d'explication à lui donner. Rien qui ne tienne vraiment la route. J'ai pas d'explication à lui donner et, de toute façon, je préfère ne pas en chercher. Je préfère oublier ce que je viens de dire. Faire comme si j'étais ce qu'on me demandait d'être. Un type qui ne vit que pour sa mission. Un type qui a perdu sa vie il y a bien longtemps, et qui n'a plus aucune chance de la retrouver un jour.

« God, why did this have to happen. »

Je lève les yeux au ciel en me demandant pourquoi elle réagit comme si c'était la fin du monde. Je prends mon verre et je bois ce qui me reste. Parfois, pour passer à autre chose, un homme a simplement besoin de se brûler la gorge. Même si je savais que ça ne serait pas suffisant, cette fois-ci, je préférais faire semblant. Après tout, n'étais-je pas le meilleur menteur d'Europe ? Un illusionniste. Une aberration. Un monstre qui n'arrivait même plus à prétendre qu'il était un héros. C'était ça, l'ironie du sort. J'étais trop conscient du mensonge pour espérer le croire.

« But you're not him. »

J'arrête de boire. Je pose mon verre sur la table. Et c'est comme une lame de fond. Les abysses aspirent ce qui reste de moi sans la moindre moralité. Aussi vite que je suis sorti des ténèbres, j'y retourne. Peut-être que c'est là qu'a toujours été ma place. Après tout, je ne suis qu'un criminel. Quelqu'un qui a fait comme s'il méritait de vivre comme il le voulait. Quelqu'un qu'on a enfermé dans une cellule pour avoir essayé. On a tous une place, dans ce monde. C'est comme ça que ça fonctionne. La mienne n'est pas ici. Je vis sur du temps volé, emprunté. Du temps que je ne pourrais jamais rendre. Au fond, j'aurais jamais dû être là, avec elle. J'aurais jamais dû essayer. C'était contre nature. Contre l'univers. Contre le destin et toutes ces conneries.

« Yeah. »

J'aurais pu partir, tout simplement. C'était la réaction logique. La réaction raisonnable. Celle que j'aurais eu il y a cinq ans, quand j'avais encore quelque chose à perdre. Aujourd'hui, il ne me restait plus que mon orgueil, ma fierté. Il ne me restait plus que ces choses auxquelles je m'accrochais trop fort. Ces choses qui me permettaient de briser le silence et de hurler. Ces choses qu'on ne pouvait pas fabriquer, sur lesquelles on ne pouvait pas mentir et qui contrôlaient mes faits et gestes. Alors je la regarde.

« See, I know that, because unlinke him, I'm right here.  »

Je lui lance un sourire satisfait. Tout ce que je sais de lui, c'est qu'il est parti, et qu'il ne compte pas revenir. Et au fond, j'en ai pas grand chose à foutre. Au fond, j'ai plus grand chose à foutre de rien. Il y a toujours un moment où on a tellement perdu qu'on se fout de l'issue d'une conversation, d'un jour ou d'une vie. Il y a toujours un moment où on laisse la colère prendre le dessus sur la raison. On regrette, plus tard. Mais les regrets ne font pas une vie. Les regrets forgent un homme et sabotent tout ce qu'il est. J'étais bien placé pour le savoir. Quand je comprends qu'elle ne lâchera rien, je secoue la tête en baissant les yeux.

« You know what ? Keep asking yourself stupid questions. Keep drowning yourself in your own misery. I'm actually starting to think that you like it.  »

J'aurais dû savoir que ça se terminerait comme ça. J'aurais dû savoir dès le début que c'était une mauvaise idée. Parfois, je me demandais comment je faisais pour arriver à me fabriquer autant d'espoir sur des fondations de sable. Parfois, je me demandais comment je pouvais être naïf au point de croire à tout ce que je me racontais. Comment j'avais pu croire que ça marcherait ? Ca me dépassait. Alors je me suis levé.

« See you later. Or not, for all I care. »

Et je suis parti.
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Message Posté Ven 13 Juin - 18:57.
My life will grow my love will go
My life will go, my love will grow
Without you.

« See, I know that, because unlinke him, I'm right here. » Elle ne le regardait pas. Elle évitait son regard. Elle ignorait ce qui se passait, et elle ne savait pas pourquoi est-ce qu'elle détestait tout ce qu'il était. Elle ne savait pas pourquoi, à chaque instant, elle se détruisait par ses paroles. Le plus dur, avec la vérité, c'est qu'elle continue à fuir. On a beau la rechercher, on ne trouve que des faits. On ne trouve que la réalité. On ne trouve que les cauchemars et les ténèbres, peu importe à quel point on essaye de s'en libérer. Au fond, c'est ce qu'elle a toujours essayé de faire. Trouver une liberté. Trouver quelque chose qui pourrait compter, trouver quelque chose qui finirait par avoir une valeur, quelque chose qui serait réel. Mais tout ce qu'il existait, c'était sa propre noirceur. Elle le détruisait en étant ce qu'elle était. Parce qu'au fond, c'est ce qu'elle a toujours fait. Elle pensait s'en sortir, elle pensait pouvoir tout changer, mais c'était impossible, à chaque minute, et à chaque seconde. Elle attendait de s'en sortir, elle attendait de respirer à nouveau, même si ça semblait ridicule, même si on attendait que tout s'arrange. « You know what ? Keep asking yourself stupid questions. Keep drowning yourself in your own misery. I'm actually starting to think that you like it. » Elle ferme les yeux, et elle croise ses bras. Elle ferme les yeux et elle prie pour un lendemain différent. Elle se dit que tout finira par changer. Elle se dit qu'elle pourrait peut-être devenir quelqu'un d'autre. Elle se dit qu'avec le temps, elle ne sera plus qu'une autre personne, elle se dit qu'elle sera capable de changer, et qu'elle pourra oublier ce qu'elle a été, mais malheureusement, ça ne serait jamais assez. « See you later. Or not, for all I care. » Elle est détruite par tout ce qu'elle fait. Elle aurait voulu ne pas blesser ceux qui l'entouraient, mais elle le faisait continuellement. Elle aurait voulu arrêter d'avoir mal. Elle aurait voulu empêcher la douleur de se répandre, mais c'était toujours la même chose. Toujours les mêmes erreurs, qui se répètent encore et encore.

Elle le sent partir, et elle aurait aimé savoir comment le retenir. Elle aurait aimé savoir ce qu'elle ressentait vraiment. Elle aurait aimé savoir qui elle devait être et elle aurait aimé combattre le destin, parce qu'il avait tout pris. Parce qu'il avait choisi de faire ses choix, parce qu'il avait choisi de l'écraser. Il avait choisi de lui enlever tout ce qu'elle avait, et de l'empêcher d''oublier. Elle détestait ça, elle détestait voir tout ce qu'elle avait perdu. Elle a terminé son verre, et elle a attendu. Des minutes, des secondes, ou des heures, elle ne savait plus vraiment. Puis elle s'est relevée, et elle a vu que deux heures étaient passé. Elle a pris son sac, et elle s'est dirigée vers son appartement. Elle ne savait pas réellement ce qu'elle faisait. Elle agissait par instinct, par impulsivité. Elle savait aussi ce qu'elle risquait. Elle savait que quoi qu'elle arrive, elle prenait une décision. Elle choisissait de ne pas l'abandonner lui. Elle choisissait de continuer à le connaître, elle choisissait de ne pas se détruire sans lui. Et au fond, c'était peut-être un mauvais choix. Mais c'était peut-être aussi le seul qu'elle puisse faire. Elle savait que sans lui, elle redevenait un cauchemar. Elle redevenait quelqu'un d'autre, quelqu'un qui n'avait plus rien à part des souvenirs. Elle refusait d'être quelqu'un d'autre. Elle voulait juste être elle-même. Et peut-être qu'elle aurait aimé voir que tout ça n'était pas un mensonge.

Elle frappe à sa porte, et elle espère que tout s'arrange. Elle frappe à la porte, et elle aimerait réussir à s'en sortir. Au bout d'un moment, il finit par ouvrir la porte. Elle sait qu'il voudra probablement la refermer, alors avant qu'il ne fasse quoi que ce soit, elle pose sa main sur la porte. « Wait, please, hear me out, don't close the door. » Elle le regarde dans les yeux. « I'm sorry for reacting the way I did, it wasn't fair. » Elle essaye de s'approcher, et elle parvient à atteindre le pas de la porte. « I know that he won't come back, if he should have, he would be here by now. » Elle laisse quelques secondes passer, et elle voit tout ce qu'elle pourrait avoir, et tout ce qu'elle n'a jamais pu être. Elle voit tout ce qui pourrait disparaître, et tout ce qui pourrait compter à nouveau. Elle regarde. Elle attend, et elle respire. Elle regarde et elle réalise ce qu'elle doit faire. Elle le regarde toujours dans les yeux, et elle pose lentement sa main sur sa joue à lui. « It's okay, you don't have to be him, I don't want you to be. » Elle attend, et elle ne sait pas quoi faire. Elle attend, et elle ne réalise pas ce qu'elle fait. Pourtant elle s'avance quand même. Pourtant elle franchit les centimètres qui les séparaient, jusqu'à ce qu'ils ne reste qu'une courte distance entre eux. Elle le regarde, et elle attend. Elle le regarde, et elle lui demande de faire son choix à son tour parce qu'au fond, elle, elle ne sait pas si elle est capable de prendre la décision de tout détruire ou tout changer. Elle ne sait pas si elle pourrait supporter la perte de tout ce qu'ils avaient construit. Elle ne sait pas si elle peut s'admettre que son cœur martèle un peu trop sa poitrine quand elle le voit.

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Message Posté Ven 13 Juin - 19:59.




the fear of falling apart



Il y a des choses que les plus parfaites impostures ne peuvent masquer. Des choses que les mensonges n'arrivent pas à transpercer, ou pas vraiment. Il y a des choses qu'on cherche à cacher toute sa vie et qui nous trahissent à chaque fois. On n'arrive jamais vraiment à vivre avec. On les dissimule derrière une fierté, derrière des sourires. On n'arrive jamais à les laisser tomber. Alors elles nous consument et nous détruisent. On a beau savoir qu'elles sont notre propre apocalypse, on les conserve comme des trésors, parce qu'on a trop peur de ce qu'on serait sans elles. On a trop peur de s'effondrer. On a trop peur de se retrouver totalement seul, au milieu des ruines, là où, autrefois, les cités s'élevaient. Ca faisait deux heures que j'étais rentré. Un verre presque vide sur la table basse. Des dossiers étalés. Des photos, des plans, des instructions. J'essayais de trouver une logique à tout ça. J'essayais de comprendre ce que j'étais en train de faire. J'essayais de trouver un moyen de m'enfuir. C'est ce que j'avais toujours fait. Fuir les regrets comme on fuit un démon. Je savais que ça n'arrangerait rien. Je savais que, si je partais, je devrais courir jusqu'à la fin de mes jours. Mais c'était mieux que de rester là, à espérer un jour être quelque chose que je n'étais pas. J'existais à moitié. Je respirais à moitié. Je mentais tout le temps. J'étouffais sous le poids des contradictions. Sous le poids de ce que je désirais sans pouvoir espérer l'avoir. J'étouffais sous le poids des peurs et des espoirs détruits. Qu'est-ce que j'aurais aimé être courageux. Oui, qu'est-ce que j'aurais aimé l'être...

On frappe à la porte. Je devine que c'est elle, parce que ça ne peut être personne d'autre. J'hésite à aller ouvrir. Je ne prends pas le temps de ranger les dossiers. Première erreur. Je me dirige vers la porte. Deuxième erreur. Je l'ouvre. Troisième erreur.

« Wait, please, hear me out, don't close the door. »

Je ne la ferme pas. Quatrième erreur. Je la regarde, avec un mépris fabriqué. J'essaye de la détester, mais c'est plus fort que moi, j'y arrive pas. Je continue à inventer ma haine. Mais la colère est bien là. Elle est bien réelle. Parce que je sais que, quoi qu'elle dise, quoi qu'elle fasse, je ne serai jamais assez bien. Personne ne veut d'un escroc. Personne ne veut d'un lâche. Les hommes ont faim de vérité, de sens, de tout ce que je fuis depuis trop longtemps.

« I'm sorry for reacting the way I did, it wasn't fair. »

Elle avance et je ne recule pas. Cinquième erreur. Je soutiens son regard. Je sais qu'il n'y a plus besoin de se cacher derrière des mensonges. Les blessures sont ouvertes et visibles. Elles l'ont toujours été, avec elle. Je garde un visage impassible. Je garde ma colère au fond de ma gorge. Je garde tout ce que je n'ai plus au fond de mon esprit. J'essaye de me battre, avec les armes que j'ai. J'essaye de me battre, et de ne plus abandonner.

« I know that he won't come back, if he should have, he would be here by now. »

Sa main sur ma joue. Je comprends ce qui se passe. Je comprends que c'est elle qui est en train d'abandonner. De rendre les armes. Je comprends qu'elle est au moins aussi terrifiée que moi. Peut-être que c'est comme ça, quand on a passé sa vie à être abandonné. On fuit les autres autant qu'on a besoin d'eux. On les chasse autant qu'on les laisse entrer. On doute d'eux autant qu'on leur fait confiance. Je continue à la regarder dans les yeux. Je continue à me battre. Contre rien. Contre personne. Mais contre tout à la fois, parce qu'il y a trop de choses qui pourraient nous détruire. Je choisis de les ignorer.

« It's okay, you don't have to be him, I don't want you to be. »

Elle est si près que je peux sentir son souffle se mêler au mien. Mes prunelles tombent dans les siennes. Je décortique son regard. Je cherche les mensonges. Je cherche la destruction. Je comprends que ce n'est pas dans son regard que je les trouverai. Je comprends que je vais tout détruire, à un moment ou à un autre. Je comprends que ça sera de ma faute. Je comprends les regrets, les remords de toutes les erreurs que je n'ai pas encore faites. Et j'ai peur de ce qui arrivera. J'ai peur de tout ce qui pourrait s'effondrer. Mon index suit les contours de son visage. J'ai peur de tout ce qui est trop précieux pour que je le perde. J'ai peur des ruines et de l'espoir. J'ai peur de tout ce que je n'ai pas encore dit. J'ai peur de la vérité, parce que je sais qu'elle frappe toujours trop tôt. J'ai peur du passé que je traîne derrière moi, à chaque respiration. Mon visage se rapproche du sien. Ma main s'échoue sur sa nuque. Et je l'embrasse. Dernière erreur.
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B. Solomonia Marcovic
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: vos relations principales ici
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Message Posté Sam 14 Juin - 2:03.
Tell me that all we had were lies,
Show me that to you don't care,
And I'll stay here if you prefer.
Yes I'll leave you without a word.

On pense que beaucoup de choses ne tourneront pas mal. On ne fait pas attention à ce qui se passe autour de nous parce qu'on ne sait jamais comment est-ce que les choses pourraient tourner. On prétend que tout va bien. On prétend qu'il n'y a pas de brûlure, qu'il n'y a rien, à part tout ce qui se trouve autour de nous. On prétend qu'avec les temps, les blessures guérissent. On prétend qu'on réussit à oublier les brûlures qui nous torturent et qui nous réduisent en miettes. On prétend qu'on peut se battre mais au fond, est-ce qu'on le veut réellement ? Est-ce qu'on peut continuer à se noyer dans le vide, à espérer à chaque seconde que tout s'arrange ? Est-ce qu'on peut vivre dans la peur d'un destin trop cruel sans savoir qu'il faut toujours qu'il nous détruise, à un moment ou à un autre. On fait des erreurs, on invente des mensonges et à chaque fois, on finit toujours par payer. On se dit qu'on peut y échapper. On se dit qu'on peut prier pour que quelque chose change, mais au fond, est-ce qu'on peut réellement changer ? Est-ce que c'est possible de devenir quelqu'un d'autre par peur d'être enfermé dans tout ce qu'on ne pourra jamais être ? Elle se l'est toujours demandé, sans jamais avoir de réponses. Elle avait construit des empires sur du sable. Elle avait construit des empires sur tout ce qu'elle ne pourrait jamais être, et pourtant, elle continuait à croire qu'elle avait une chance de rédemption, elle continuait à espérer de pouvoir tout changer, mais elle aurait dû savoir depuis le départ que ça serait impossible. Que peu importe à quel point elle essaierait, ça serait toujours inutile. Toujours trop peu face à l'ampleur de ce qu'elle aurait dû être.

Elle se réveille, et elle réalise ce qui s'est passé. Elle réalise qu'au fond, ils étaient peut-être perdu depuis toujours. Elle réalise que chaque instant est un cadeau empoisonné, un cadeau qu'elle aurait dû refuser. Elle se réveille et elle sait déjà tout ce qu'elle aurait dû ne pas avoir. Elle se hait pour tout ses mauvais choix, elle se hait pour toutes les fois où elle n'a pas pu changer ce qu'elle était. Et elle se hait encore plus pour toutes ces fois où elle n'a pas su être un héros, où elle n'a pas su ce qu'elle devait être. Elle avait peur de tomber, peur de ne pas être assez, et c'était ce qui la détruisait. Elle n'était rien, à part un mensonge à elle seule. Elle se réveille, et elle le regarde. Il est endormi, à ses côtés, et elle sait qu'elle n'a pas dormi longtemps, il fait encore nuit. Elle se lève lentement, et elle s'habille en silence. Elle prend son sac, et elle va dans le salon. Elle s'apprête à prendre un verre d'eau dans le frigo quand elle voit les dossiers sur la table. La marque de la république. Elle va s'asseoir sur le canapé, et elle réalise ce qui s'est passé. Elle réalise que tout ça n'était qu'un mensonge. Elle voit les dossiers avec les plans, elle voit une lettre qui le remercie d'avoir transmis des dossiers sur la résistance. Au fond, personne n'est un héros. Au fond, personne ne s'en sort réellement. Elle se hait pour ne pas savoir pourquoi. Elle se hait pour avoir tout détruit. Elle se hait pour réaliser qu'au fond, c'était déjà perdu. Elle n'était rien à part une passade, un mensonge. Elle n'était rien à part quelqu'un qui ne pourrait jamais s'en sortir. Elle était perdue depuis le début, et elle aurait voulu retrouver son chemin avant. Ça aurait été tellement plus simple pour elle. Elle lit les dossiers et elle comprend que tout n'est rien qu'un mensonge. Qu'elle a été berné, aussi simplement que ça. Elle a mal, parce qu'au fond, elle n'est plus qu'un pion. Elle n'a jamais été quoi que ce soit d'autre pour lui, c'était sûr. Il avait eu ce qu'il voulait. Il avait eu sa confiance. Et elle, elle n'était plus rien.

Elle est en rage. Contre lui. Contre elle-même. Contre toutes les fois où elle aurait voulu être tellement plus, mais où elle n'a été que trop peu. Alors elle prend les feuilles, et elle les jette sur le sol. Elle prend les meubles, et elle les renverse. Elle entend les bruits de verre, elle voit les débris s'accumuler sur le sol. Elle écrase tout ce qui est sur son passage, et elle continue de tout renverser, jusqu'à ce qu'elle n'ait plus la force de le faire. La table tombe sur le côté. Les livres de sa bibliothèque sont renversés. La lampe est détruite sur le sol. Les dossiers sont éparpillés tout autour d'elle, et elle sait que c'est ce que ça a toujours été. Un cauchemar sans logique, un cauchemar où tout tombe et rien ne survit. Un miracle qui n'arrive jamais et des souvenirs qui disparaissent. Elle aurait voulu ne jamais aimer, elle aurait voulu ne jamais savoir. Alors elle prend son sac et sa veste, et elle sort rapidement en claquant la porte. En fermant les yeux sur toutes les choses qu'ils ne pourront jamais avoir.

_________________
I wake up, they said we won. they didn't say what we lost
As the snowflakes cover my fallen brothers, I will say this last goodbye. Many places I have been, many sorrows I have seen, but don't regret, nor will I forget all who took that road with me. Night is now falling, so ends this day, the road is now calling and I must away. To these memories I will hold with your blessing I will go to turn at last to paths that lead home. And, oh, where the road then takes me, I cannot tell. We came all this way, but now comes the day to bid you farewell.
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