VULNERA SAMENTO FERME SES PORTES ▲
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please, don't leave me || Lycaon & Eleonora || PM.
ϟ celui qui lit ce titre est un elfe de maison. Ceci était la touche d'humour de Thor.
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Eleonora Aleksandrova
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Message Posté Dim 16 Oct - 12:20.
please, don't leave me.




STATUT DU SUJET : privé
NOM DES PARTICIPANTS : lycaon aleksandrov & eleonora lazareva.
DATE : milieu du mois d'avril.
HEURE : Il est environ minuit.
METEO : qu'importe, nous sommes enfermés.
NUMERO ET TITRE DE L'INTRIGUE GLOBALE EN COURS : Intrigue globale oo8.
NUMERO ET TITRE DE L'INTRIGUE DU FORUM EN COURS : Intrigue oo7.
INTERVENTION DE DOMINUS TENEBRAE : Non merci.


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Eleonora Aleksandrova
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Message Posté Dim 16 Oct - 12:20.
Le silence de la nuit conseille les âmes perdues. Eleonora espérait vainement qu'une solution à ses problèmes surgissent comme par miracle. Elle ne dormait plus depuis une semaine, terrifiée à l'idée qu'un membre de l'Organisation surgisse durant la nuit dans le dortoir pour les tuer, tous, un à un. Elle n'était pas peureuse, loin de là, c'était une mokop après tout, elle avait sa fierté et son courage, mais l'enfermement la rendait paranoïaque et à fleur de peau. Elle vivait mal d'être tenu loin de tout, du reste du monde.
Ramenant ses jambes sur sa poitrine, la jeune femme posa sa tête sur ses genoux et tenta vainement de calmer la panique qui s'infiltrait dans ses veines. Tremblante, elle remonta la couverture posée à ses pieds et se blottit dedans, comme si un simple bout de tissus pouvait la protéger des attaques du monde extérieur.

Sa vie tout entière semblait partir en morceaux et elle, elle y assistait impuissante. Elle ne pouvait qu’espérer que les choses s'arrangeraient. Au fond, elle savait que la seule chose qui la rendait aussi vulnérable était son absence. Il lui manquait. Chaque parcelle de son être semblait hurler à la mort lorsqu'il passait à côté d'elle sans lui jeter le moindre regards. Elle souffrait véritablement. Elle aurait préféré qu'il la haïsse plutôt que son indifférence. Il piétinait chaque jour un peu plus son coeur, son espoir.
Il était le seul en qui elle avait confiance, le seul pour qui elle aurait donné sa vie. Ils s'étaient toujours considéré comme frère et soeur, elle ne comprenait pas. Pourquoi avait-il donc tant de mal à accepter qu'ils le soient réellement. Elle était certes le fruit de l'infidélité de son père, mais elle n'avait pas choisit. Elle avait naïvement espéré qu'il se réjouirait comme elle. Qu'avec la découverte de ce lien du sang ils deviendraient plus proches encore.

Lycaon.

Eleonora l'adorait littéralement. Depuis qu'il avait été celui chargé de l'aider le jour de la répartition, elle lui vouait une amitié sans limites. Elle détestait chaque personne le blessant, elle avait passé outre les rumeurs qui le disait instable psychologiquement. Elle le savait. Il était la seule figure masculine de sa vie, son seul point de repère stable et solide. Il était.
Se recroquevillant encore un peu plus sur elle- même, la jeune femme tenta d'étouffer la douleur enfoui au creux de son corps. En s'éloignant d'elle, il semblait avoir arraché la moitié des tripes de la mokop, la laissant là, sans défenses.
Elle avait détesté le voir souffrir face à Faith, sa fiancée. Par tout les diables qu'est- ce qu'elle pouvait détester ce mot. Elle avait détesté Morozva et toutes ces filles qui parvenaient encore à l'approcher. Il lui manquait et elle ne pouvait rien faire.
En temps normal, elle serait probablement allée le voir, aurait essayée par tous les moyens possibles et inimaginables de le raisonner. Mais la fureur qu'elle avait lu dans ses yeux, cette lueur de dégoût l'avait terrifié. Eleonora avait peur de son meilleur ami.

Lycaon. Lycaon. Lycaon.

Son prénom résonnait en boucle dans son esprit. Elle avait besoin de lui tout en restant terrifiée. Ses sanglots emplissaient le silence du dortoir, vide. Elle était seule, une nuit de plus. Peut-être devrait-elle défier l'Organisation, tout serait terminé comme ça. Elle deviendrait un héros, un martyr aux yeux de tous. C'était peut-être ça la solution ?
Non, bien sûr que non. Eleonora était tout sauf lâche et le suicide était la meilleure marque de lâcheté selon elle. Elle avait des principes qu'elle respecterait jusqu'au bout. Elle voulait rendre fière sa mère. Son père ? Devrait-elle le nommer ainsi ? Alexei Aleksandrov. Elle ne savait même pas à quoi il ressemblait et d'ailleurs, elle ne voulait pas le connaître. Pas après tout ce qu'il avait fait subir à Lycaon. Non, elle n'en voulait pas pour père, elle ne voulait d'ailleurs même pas intégré le simple fait qu'il soit son géniteur. Elle avait passé dix sept ans de sa vie à imaginer que son véritable père était mort, elle avait grandit sans, s'était forgé son propre caractère, avait fait ses propres erreurs sans personne derrière elle pour la relever. Elle n'en avait pas besoin, qu'il garde son argent et ses questions pour lui.
Elle voulait que tout redevienne comme avant, qu'elle puisse grimper sur le dos de Lycaon, qu'elle puisse dormir avec lui, rire avec lui. Elle voulait son meilleur ami et rien d'autre.

Perdu dans son chagrin, Eleonora continuait à pleurer.
Avec de la chance, ces dernières la libéreraient peut-être de la douleur.


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Lycaon Aleksandrov
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Message Posté Lun 17 Oct - 1:35.
    Ses yeux piquaient, enfiévrés de la fatigue qu’il accumulait ces derniers temps. L’horloge ancestrale de l’Institut venait à peine de résonner de ses douze coups nocturnes, et Lycaon, penché sur son livre de Potions, piquait sérieusement du nez au-dessus de ses parchemins couverts d’encre noire. Posant sa plume usée, il se laissa aller contre le dossier, s’enfonçant dans le fauteuil de velours rouge de la Salle commune des Mokop en passant une main lasse sur son visage marqué par les heures de sommeil manquées ; il sentait sous ses doigts la barbe naissante dont il ne s’était plus occupé depuis quelques temps. C’était de plus en plus fréquent. Lycaon n’avait jamais été porté sur son apparence – c’était dans son éducation de renvoyer une image propre de lui, d’être toujours à son avantage – mais n’avait jamais été négligé. Pas à un tel point, à tout le moins.

    Lycaon préférait encore s’oublier dans le travail plutôt que d’affronter ses anciens démons et ceux qui prenaient naissance depuis que le monde sorcier avait basculé sous le règne de l’Organisation.

    Un ciel noir d’encre, ou ne perçait pas la moindre étoile cette nuit-là, s’étendait par-delà la fenêtre la plus proche ; dans la cheminée craquait un feu réconfortant dans cet univers froid et impersonnel. Lycaon tenta de se replonger dans son livre, dans une piètre volonté de terminer son devoir mais les mots qu’il lisait s’alignaient sans prendre le moindre sens dans son esprit pédalant dans la semoule. Il se noyait lui-même, et s’énervait de ne pas pouvoir réfléchir correctement. Fichue fatigue. Fichu mariage que lui rappelait sans cesse la présence de sa fiancée, coincée entre les murs de l’Institut. Fichues réminiscences qui n’avaient aucun sens, pas davantage de clarté.

    Foutus cauchemars. Fragmenter son enfance soigneusement exilée pendant ses années d’adolescence et en exacerber les souvenirs n’était pas forcément la meilleure intervention de son inconscient, et ce d’autant plus qu’il prenait la fâcheuse manie de le mélanger avec ses plus récents souvenirs. Comme les cours d’ASP, assez catastrophiques pour les derniers en date, comme un soir, dans un couloir avec Daphné et l’ombre d’un épouvantard rôdant dans le coin, comme le visage de Lola, désarmée, vulnérable et blessée dans son lit d’Infirmerie. Et cette ombre, immobile, qui s’allongeait chaque nuit davantage, menaçante et encombrante, qui l’obligeait à reculer plus loin encore, jusqu’aux frontières évanescentes de son esprit. Un homme sans visage. Oppressé, accablé, tourmenté par ce qui n’était pas vraiment lui, sans pour autant être différent de son essence.

    Cette essence qu’ils partageaient, sans être similaires, sans être identiques. D’un geste nerveux, Lycaon referma son livre de Potions et tira de sa chemise sa croix gothique qu’il fit tourner entre ses doigts ; accrochée à l’une des branches, un anneau d’argent s’agrippa au bout de l’un de ses ongles, le tirant de ses sombres songes.

    Eleonora.

    Il lâcha l’anneau comme si celui-ci lui brûlait les doigts ; au bout de sa chaîne, le bijou retomba sur sa poitrine, à la même hauteur que sa croix noire, prenant place tout juste sous une des branches, dans l’ouverture que lui offrait le pendentif pour se loger comme, par le passé, la jeune femme l’avait fait si souvent. Tellement de fois. Eleonora était tant venue se blottir contre lui, quitte à l’obliger de sortir de ses travaux, d’un livre voire d’une conversation qu’il pouvait tenir avec qui que ce soit ; elle était toujours passée avant n’importe quoi, n’importe qui, et quoiqu’elle fasse, elle ne l’avait jamais importuné. Eleonora le savait, l’avait toujours su. Elle était la seule personne au monde, hormis sa jeune sœur, Théodora, à pouvoir piétiner sans le moindre scrupule cet espace vital qu’il instaurait tacitement par une absence totale de contact et une austérité qui flagellait la familiarité, à moins d’être face à un ami pour qui il perdait ce qui pouvait être traduit par de la condescendance, n’étant au final que l’expression de son indolence naturelle. Eleonora n’avait jamais eu à subir tout cela, grimpant sur son dos dès la première semaine de sa première année au sein de son niveau sans qu’il n’y trouve à redire ; son koala. Il l’avait accompagnée au jour de son entrée à Durmstrang et ne l’avait plus quitté, trouvant en elle une âme sœur dont il se trouvait parfaitement incapable de s’éloigner, cette étrange adolescente énergique et dotée d’un génie qui justifiait l’infantilisme. Il l’avait adorée.

    Il l’adorait.

    Qu’elle soit pour moitié sa sœur de sang lui labourait le cœur autant que ça l'empoisonnait de dégoût et de colère.

    L’anneau était simple, à peine serti de diamants ; parfait pour la jeune femme. Ce n’était ni pour son anniversaire, ni pour Noël ; juste parce qu’au même titre que Théodora, Eleonora était l’une des femmes de sa vie. L’une de celles qu’il serait bien incapable d’oublier et dont il ne pouvait se séparer. Pourquoi avait-il fallu, alors, qu’elle soit sa demi-sœur ? Pourquoi avait-il fallu qu’en plus de lui avoir arraché sa nourrice dans son jeune âge, son père lui ravisse aussi Eleonora ? Son père était toujours là, touchait tout ce qu’il aimait, avait toujours une relation avec ce qui lui importait. Lycaon avait cru qu’Eleonora serait sauve ; non, il en avait été persuadé. Sur toutes les femmes de la noblesse sorcière, il avait fallu que la mère de la jeune femme soit l’une de ses maîtresses. Le sort continuait de s’acharner, et son putain de père égoïste et vénal hantait chaque recoin de sa vie avec ses décisions ou ses pulsions. Partout où il allait, il se trouvait là, quelque part ; un Aleksandrov emporte dans son sillage tous les membres de sa famille.

    La preuve étant faite par les deux filles de son père, sacrées aux yeux de l’aîné et l’héritier de la branche maudite. Peut-être que s’il avait cru au sort ou à tout ce qui se rapprochait de près ou de loin au destin, Lycaon aurait compris dès l’instant où il avait posé les yeux sur Eleonora qu’elle était du sang de son père et, par conséquent, du sien.

      Tu ne peux pas le garder.

    Lycaon secoua la tête. Ce n’était pas le moment, même si cette voix persiflante avait raison ; il ne pouvait pas conserver éternellement cet anneau autour de son cou, vestige de ce qu’il était parfaitement incapable d’assumer. Aleksandrov était inscrit dans ses gênes, et chaque fois qu’il la voyait depuis qu’elle avait découvert la vérité, enfant innocente et insouciante des répulsions fondamentales de l’héritier, il voyait transparaître l’injure faite à la mémoire de sa mère adorée. Encore une, toujours une de plus. D’abord Violet, son amie d’enfance, fille d’une maîtresse de son père, et maintenant, plus aiguisée encore, Eleonora… fruit des infidélités démentes de son père. Lycaon, prisonnier de sa haine, de son adoration démesurée pour une mère défunte, englué dans la sacralité de son souvenir, était incapable de se rendre se rendre à l’évidence qu’Eleonora n’avait rien demandé, que, dans cette histoire, elle était davantage la victime qu’elle n’était l’auteur de l’affront qu’il ressentait, blessé, rendu fou et tributaire d'une colère injustifiée à l'égard de la jeune femme.

    Comme il était parfaitement incapable de se défaire de l’amour qu’il continuait de lui porter, du manque qu’il ressentait quand il perdait le fil de ses pensées et qu’elle se trouvait non loin. Il se détestait, se haïssait pour cela mais il était incapable de la revoir comme il l’avait toujours vue ; il ne voyait plus Eleonora, mais son père, son père et ses infidélités, son père et le délaissement de sa mère bafouée dans son honneur car même pas couverte par les soins de son indigne époux. Elle était de sa famille. Elle n’était pas du sang de sa mère, uniquement de son père ; il ne pouvait pas le supporter.

    Lycaon détacha la chaîne de son cou, la fourra, avec l’anneau, dans sa poche, rassembla ses affaires et grimpa les escaliers menant à son dortoir. Il sentait la bague dans sa poche, comme incandescente. Volonté de la revoir, volonté de la serrer dans ses bras, de se répandre en excuses, de lui montrer qu’il ne l’avait jamais oubliée, que son indifférence n’était qu’une carapace rôdée à l’exercice qui l’empêchait de respirer convenablement, que depuis qu’il était parti, il portait cet anneau autour de son cou, incapable de le laisser quelque part ou, mieux, de l’offrir à sa sœur légitime. Volonté de la retrouver, de l’entendre rire, d’être son frère. Ne serait-ce que d'avoir porté depuis cette fameuse nouvelle l'anneau en pendentif sans jamais l'enlever était une preuve suffisante de son indéfectible affection.

    Pourtant, l'image brûlante de son père accompagné d’une femme qui n’était pas la sienne, qui n’était pas sa mère, éternel mépris fourbe et assassin, amoral et impuni. Créature infâme, putain d’enfoiré.

      N’y pense même pas.

    Et alors ? Il n’arriverait jamais à encaisser davantage de préoccupations et de douleur insidieuse, s’il avait l’opportunité de parvenir à en réduire une, au moins en lui apportant cette bague qu’il avait eu l’intention de lui offrir, il saurait faire la part des choses. La nuit sapait toute volonté de résistance, offrait davantage une âme à la destruction, et Lycaon n’avait pas la force de lutter encore contre le paradoxe auquel se livrait son âme déchirée entre un amour inconditionnel pour une mère adulée et l’affection démesurée pour une sœur qu’il n’aurait jamais pensée de sang.

      Tu es stupide ou tu le fais exprès ? Sombre crétin, tu t’apprêtes à trahir ta mère, elle ne mérite p…
      « Ta gueule. »

    Voilà qui n’allait pas arranger sa réputation alors que Tchernia ne jurait plus que par sa folie. Encore heureux qu’aucun Mokop de son dortoir n’avait encore l’œil ouvert. Posant ses affaires sur son lit, Lycaon quitta son dortoir et se dirigea d’instinct vers celui d’Eleonora ; ils avaient tant partagé le dortoir de l’autre que l’un comme l’autre connaissait le chemin par cœur.

    Prendre toutes les précautions du monde pour ouvrir le plus discrètement possible la porte de son dortoir ne servit à rien. La voir là, prostrée sur son lit, enveloppée dans une couverture et les joues ruisselant de larmes, lui fit l’effet d’un coup de poing dans le ventre. Un seul soupir choqué s’échappa de ses lèvres ; la fureur ordinaire nourrie d'indignation, de trahison et de dégoût n'eut même pas la moindre marge de manœuvre.

      « Leo… »

    Comme auparavant. Comme durant ces trois dernières années. Incapable de résister à la vulnérabilité de la jeune femme. C’était Eleonora. Son Eleonora. Sa Leo. Son koala.

    Son cœur cessa presque de battre quand il ne parvint pas à bouger pour aller la prendre dans ses bras ; son regard croisant le sien, cette couleur qu’il aurait dû reconnaître, qui était caractéristique des Aleksandrov. Ses doigts agiles agrippés à la couverture, cette courbe de mâchoire qu’il connaissait pour être également la sienne. Autant de détails qui lui sautaient aux yeux alors qu’il en était resté aveugle auparavant. Même ses larmes sonnaient comme les siennes.

      Elle est ta sœur. Ta demi-sœur. Tu es content du résultat ? Je t’avais prévenu que c’était une connerie d’aller la voir en supposant qu’elle dormait. Pauvre con.

    Non, non, ce n’était pas vrai. Il devait le faire. Il fallait qu’il le fasse, sinon jamais… Jamais il ne pourra couper les ponts. Ce n’était pas possible. Pressant sa paume contre son front, Lycaon grimaça. La voix se faisait pressante, envahissante, résonnait pour ne plus être que la seule chose qui tournait dans son esprit. Lâche-moi. Des larmes piquaient aux coins de ses yeux. Encore ? Bordel, fous-moi la paix. Il en avait marre de se trouver aussi faible, comme démuni face à l’inconnu. Marre que ça prenne tant de place dans sa vie.

    Surtout quand il s’agissait d’Eleonora.

    Dégage. L’ombre grandissait, mais cette fois, Lycaon ne reculait pas, et acceptait de mettre un pied dans cette ténèbre qui l’envahissait, effronté. Inspirant profondément, il tira de sa poche la chaîne de laquelle il ôta l’anneau d’argent et s’approcha d’Eleonora, déployant tous les efforts du monde pour ne pas la voir empreinte de son sang, de l’injure qu’elle était à la mémoire de sa mère. Faisant appel à ses propres souvenirs pour s’approcher de sa meilleure amie, une dernière fois. Une dernière fois, s’agenouiller devant elle, lui prendre le poignet et y glisser ce qu’il avait trouvé pour elle, fait pour elle, créer pour elle dans ce monde déserté par la chaleur humaine.

    Le contact de sa peau le fit frissonner. Ce n’était sans doute pas la meilleure idée qu’il avait eu, en effet. Immédiatement, il attrapa sa croix gothique, la fit tourner entre ses doigts ; il savait qu’elle allait y voir là sa gêne, sa nervosité, sa faille ; elle lisait en lui comme dans un livre ouvert. Il ne fallait pas. Il fallait qu’il sorte. Tout de suite.

    Il se leva maladroitement, déstabilisée par sa fatigue qui se faisait plus insistante, se rattrapa au montant du lit et croisa de nouveau le regard d'Eleonora.

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Le preux chevalier  confused
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Eleonora Aleksandrova
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Message Posté Mer 19 Oct - 22:33.
Spirale infernale de destruction. Destruction morale, mais également physique. Deux jours déjà qu'aucun repas complet n'avait franchis la barrière de ses lèvres. Eleonora allait mal. Sans Lycaon et la natation, l'étincelle qui l'animait, sa joie de vivre tout entière était partie en fumée. Elle aurait dû le détester, le haïr, mais la seule chose qu'elle était capable de faire, c'était de le pleurer encore et encore.

    « Leo ... »


Sous le choc, la jeune mokop ne put s'empêcher de lâcher un hoquet de surprise. Perdue dans les méandres de ses pensées elle n'avait pas entendu la porte s'ouvrir laissant ainsi pénétrer son demi-frère. Inconsciemment elle imprima chaque centimètres du visage de Lycaon, cherchant ces petits détails qui, si ils y avaient fait attention, aurait pu trahir leur lien du sang. Elle s'abreuvait de lui, de sa présence et malgré la réticence et la surprise qu'elle pouvait lire dans ses yeux sa présence dans le dortoir témoignait tout de moi de l'affection qu'il lui portait.
Elle sentait le duel qui se déroulait dans sa tête, malgré toutes ces années à défendre Lycaon face aux rumeurs affirmant qu'il était instable psychologiquement, Eleonora ne s'était jamais menti à elle-même. Personne n'avait put approcher Lycaon d'aussi près et bien entendu, la jeune femme ne s'était jamais bercée d'illusion face aux nombreuses sautes d'humeur de son meilleur ami. Elle se sentait toujours étrangement démuni face à la souffrance de Lycaon, que devait-elle faire ? En temps normal, elle se serait précipité dans ses bras afin de le soutenir, mais à présent les choses étaient différentes, alors, elle resta là, dans son lit à le fixer attendant vaguement qu'il bouge. Elle attendait un signe, un geste, n'importe quoi qui trahirait la volonté de Lycaon.

Elle s'en fichait d'être en petite tenue, il l'avait vu bien plus dénudé que ça au vu des nuits qu'ils avaient passés à dormir ensemble. Elle était sur le point de se lever, de jeter au feu l'interdiction de Lycaon de l'approcher. Elle voulait le prendre dans ses bras, lui dire que tout irait bien, que tout finirait par redevenir comme avant. Au lieu de ça, elle le regarda s'avancer, luttant contre une force intérieur qu'il était le seul à ressentir. Chaque pas réduisaient petit à petit la distance qui les séparait, réchauffant chaque fois un peu plus le cœur et l'espoir d'Eleonora. Elle était comme hypnotisée par lui, incapable de bouger, même sa respiration s'était faite plus rare : c'était comme si le temps s'était arrêté pour permettre une dernière fois à la jeune femme de profiter de la présence de son meilleur ami.
Elle cilla à peine quand il lui attrapa le poignet pour lui glisser dans la main l'anneau. Durant la centième de seconde que dura ce contact, Eleonora ressentit un léger picotement qui remonta le long de son bras, comme si son corps reconnaissait la peau de Lycaon, cette peau contre laquelle elle s'était maintes et maintes fois blottie, cette peau qui avait séchée ses larmes, qui l'avait fait rire, qui l'avait câliner. Elle eut durant ce court laps de temps l'espoir qu'il pourrait passer outre l'injure qu'elle représentait à la mémoire de sa mère, mais cette illusion s'envola bien vite quand il retira brusquement sa main pour triturer sa croix gothique.

Elle connaissait ce geste, cette façon de jouer avec son pendentif. Elle voyait la faille en lui, elle voyait très clairement le combat qui se déroulait dans sa tête, mieux que si elle regardait ses souvenirs au travers d'une pensine. Elle savait et désormais c'est tout ce qui lui importait. Lycaon pourrait nier autant qu'il le voudrait, elle s'accrocherait à cette image de toute ses forces pour l'empêcher de partir. Sans lui, elle se sentait vide, comme si tout les petits plaisirs quotidiens avaient disparus de sa vie. Elle voulait qu'il revienne, elle voulait passer des nuits entières à discuter de tout et de rien, elle voulait grimper sur son dos, l'embrasser, rire avec lui. Des gestes qui étaient devenus quotidien et qui lui manquaient.
Il pu lire la panique dans les yeux de Lycaon et à peine s'était-il relevé qu'elle attrapa sa main.

    « Je t'en pries Lycaon ... »


Sa voix était suppliante, dernière prière d'une condamnée. Elle savait que le combat serait difficile, la fatigue sur le visage du mokop laissait présager une très probable saute d'humeur qu'elle ne saurait pas gérer.

    « Je n'ai jamais demandé tout ça, je n'en veux pas ! »


Elle était terrorisée. Terrorisée à l'idée de le perdre, à l'idée de se retrouver seule au monde dans cet institut froid et désormais coupé du monde. Elle haïssait sa mère, le monde et ce père inconnu qui lui avait enlevé ce à quoi elle tenait le plus au monde. Elle ne connaissait pas Alexei Aleksandrov mais désormais rien qu'entendre ce nom lui donnait la nausée.
Baissant lentement le regard, Eleonora observa l'anneau que venait de lui remettre Lycaon. Il beau, parfait, pur, de quoi alimenter encore un peu plus les larmes de la demoiselle.

Elle avait besoin de lui, terriblement et irrémédiablement besoin de lui.


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Lycaon Aleksandrov
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Message Posté Dim 23 Oct - 15:44.
    Le contact d’Eleonora lui brûla la peau.

      « Je ne t’ai pas demandé non plus ! »

    Tranchants, acides, furieux ; méchants. Les mots s’étaient échappés de sa gorge, coulant comme le venin d’un serpent alors qu’il arrachait son bras de la frêle poigne de la jeune fille, croisant la supplique dans le regard d’Eleonora avec son dégoût, ce dégoût qui l’avait retrouvé, assassin, perfide, sournois. Il sentait battre le sang à ses tempes au rythme des pulsations accélérées de son pouls et massait ses doigts comme si celle de la jeune femme qui l’avait attrapé quelques secondes auparavant l’avait souillée ; geste frénétique, instinctif, qu’il ne pouvait pas combattre. Comme il ne parvenait pas à combattre cette évidence qui avait remplacé son amie : elle était sa sœur, sa demi-sœur. Leur complicité n’était plus, elle n’avait plus lieu d’être ; Lycaon l’avait promis à sa mère.

    Il lui avait promis de défendre sa mémoire contre quiconque et de continuer à l’adorer plus que quiconque. Il lui avait promis de ne jamais l’oublier.

    Pourtant, ces larmes qu’il voyait perler au bord des yeux d’Eleonora lui poignardaient le cœur. Pourtant, la détresse d’Eleonora lui labourait les entrailles. Comment avait-il pu la laisser s’approcher et prendre autant de place dans sa vie ? Durant ces quatre années écoulées, il avait trahi sa mère, et continuait encore maintenant alors qu’il sentait ses défenses faiblir, sa détermination à la rayer définitivement de sa vie et passer le restant de ses jours à se repentir auprès de la mémoire de sa mère et d’y rester fidèle, à jamais… comme il l’avait promis, cette détermination qui le fuyait, qui le trahissait à son tour. Il recula, ne cessant de braquer sur Eleonora ce regard méprisant, incandescent, peut-être un peu dément, heurtant l’un des lits vides du dortoir. Sa main attrapa convulsivement le montant du lit, le serrant jusqu’à en avoir les jointures blanches.

      « Je ne t’ai pas demandé non plus », répéta-t-il, les dents serrées. « Il n’y a que Théodora. »

    L’unique, la parfaite Théodora. Sa sœur, sa seule et unique sœur, pour toujours et à jamais ; son joyau, son diamant, son Saint Graal. Le mépris, la condescendance, le dégoût suintait de chaque parole qui, pareille à une vipère, glissait entre ses lèvres assassines.

    Il voulait oublier les quatre dernières années, il voulait pouvoir tout recommencer sans qu’elle n’entre dans sa vie. Il se sentait tellement, tellement coupable d’avoir fraternisé avec l’une des créatures de son père, tellement furieux d’avoir été trompé par lui, par ses mensonges, ses non-dits, ses éternelles cachotteries et ses manipulations. Non content de l’avoir fiancé pour s’assurer fortune jusque dans ses vieux jours, non content de l’avoir vendu, il avait fait de sa complice, de sa meilleure amie, sa fille. Sa fille illégitime. Comme si avoir mis enceinte Ylena n’avait pas été suffisant ! Il lui prenait tout, tout.

      Et il a commencé par ta mère.
      « Ma mère est morte à cause de mon père », cracha-t-il, venimeux. « Il l’a tué. Vous l’avez tuée. »

    Mensonge, mensonge, ignoble mensonge, éhonté mensonge.

    La douleur lui étreignait la poitrine, la douleur de voir son sang couler dans les veines d’Eleonora comme la douleur de savoir qu’Eleonora était sa meilleure amie, la seule au monde à qui il aurait pu confier sa vie, la seule pour laquelle il aurait pu mettre la sienne en danger, la seule, la seule… la seule pour laquelle il aurait agi comme avec Théodora. Les mâchoires serrées, il dévisageait Eleonora prostrée dans son lit, tremblante, la bague entre ses doigts ; furtivement, l’image de sa jeune sœur de douze ans se superposa à celle de dix-sept ans, aussi forte qu’elle s’était révélée fragile en grandissant. Théodora n’avait foi qu’en Lycaon, n’avait d’ami qu’en Lycaon, ne voyait qu’en Lycaon.

    Ce n’était pas aussi ce qui s’était passé entre Eleonora et lui ? Ne le lui avait-elle pas dit, qu’il n’y avait que lui qui comptait réellement ?

    Lycaon secoua la tête. Eleonora était née du vivant de sa mère. Pas Théodora. Et c’était en ça qu’elles étaient différentes. Eleonora était une entaille de plus dans la réputation de sa mère, elle était une rumeur de plus, un sujet à cancan salissant sa mémoire de plus. Une disgrâce. Théodora était, au contraire, la fille légitime des Aleksandrov, même si fille de celle que l’enfant avait aimée. Il l’aimait, Lycaon aimait Théodora de toute son âme. Comme Eleonora. Le sacrifice était difficile, mais il était nécessaire.

    Lycaon se laissa tomber sur le matelas, épuisé. Il n’aurait pas dû venir. Il aurait dû rester dans ses appartements et offrir cet anneau à sa seule et unique sœur ; à sa véritable sœur. Il aurait dû laisser Eleonora se battre seule dans un espoir vain, et attendre qu’elle baisse d’elle-même les bras – bien qu’il sache pertinemment que ce n’était pas dans sa nature. Mais à force, il aurait fini par réussir à l’en dissuader, non ? Il était doué pour ça. Il était doué pour jouer, pour ignorer ; l’indifférence lui collait à la peau. Oui, il était doué.

      « Tu n’en veux peut-être pas mais c’est un fait, tu l’as. Et je ne veux pas de ça. »

    Une autre insulte, blessante, venimeuse, aiguisée. Et dans son regard, il n’y avait pas la moindre trace de regret, sinon cette blessure ouverte ensanglantée dans laquelle s’engouffrait toute sa douleur refoulée. Effacer quatre ans de sa vie n’était pas chose aisée, surtout quand il s’agissait d’oublier une relation aussi fusionnelle qu’avait été celle qu’il avait partagée avec Eleonora, mais alors qu’il la dévisageait d’un regard clinique, trop froid, il pensait que c’était la meilleure chose à faire ; la carapace s’était mise en place, et l’ombre dans laquelle il s’était immergée était devenue soudainement chaude, cocon rassurant dans lequel il s’était lové, dans lequel il s’était abandonné.

    Lycaon dominait ; aristocrate de sang, noble d’esprit, peut-être dominant latent. Pourtant, l’éclat fragile d’un espoir désabusé, la faille de cette carapace, de cette promesse bancale à sa mère, le trop léger contrepoids de sa culpabilité mère de dégoût et de fureur, creusait une place quelque part, une place enfantine, qui forçait son existence et résistait. Un battement de cœur pour un autre, un regain de force, repousser les démons et tenter de forcer sa raison déraisonnée. Eleonora, Eleonora, si tu existes pour me tuer, alors je t’en supplie, achève-moi.

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Message Posté Jeu 27 Oct - 13:09.
    « Je ne t’ai pas demandé non plus ! »


Eleonora ferma les yeux sous la douleur, Lycaon venait de la frapper en plein coeur. Si elle avait pu, elle aurait hurlé, encore et encore jusqu'à ce qu'il s'arrête. Elle était incapable de réagir, tétanisé sous l'horreur de la situation. Ce n'était pas lui, ça ne pouvait pas être lui, elle refusait d'y croire. Elle s'accrochait désespérément à ses souvenirs, priant Zeus, Merlin et Grindewald de lui venir en aide par n'importe quel moyen. Elle refusait d'affronter son regard, son dégoût, presque sa haine. Elle aurait milles fois préférée se prendre une gifle plutôt que d'entendre ces mots. La douleur physique était supportable, éphémère. Mais perdre Lycaon serait une blessure que le temps ne parviendrait pas à combler, elle le savait. Si elle le perdait elle ne s'en remettrait pas, quoiqu'il en pense. Elle ne l'abandonnera jamais, quitte à se prendre encore et encore ses phrases en pleine figure, quitte à pleurer, à hurler, à souffrir.

    « Je ne t’ai pas demandé non plus. Il n’y a que Théodora. »


Elle se surprit à jalouser cette soeur inconnue, pourquoi avait-elle droit, elle, de passer au dessus de toute cette haine. Elle restait également une atteinte à la mémoire de cette mère qu'il chérissait tant, cette mère qu'Eleonora avait apprit à plaindre et apprécier. C'est elle, elle qui avait séché les larmes de Lycaon, elle qui l'avait fait rire, qui savait tout de lui, pas cette Théodora qu'il ne voyait que durant les vacances. Elle, elle avait vécu avec lui, dormi avec lui, elle était sa meilleure amie et lui, lui parvenait à faire un trait sur tout ça. Non, non.
Elle ne pouvait pas y croire, il n'y arrivait pas. Sa bouche se remplit d'un goût métallique, elle souffrait le martyr. Elle haïssait sa mère d'avoir cédé, d'avoir trompé cet homme qu'elle disait aimé. Pourquoi, pourquoi elle, pourquoi maintenant. Pour Lycaon elle aurait préféré ne jamais naître, elle regrettait son existence, sa vie. Elle se sentait une moins que rien, une tâche dans l’existence de celui qui représentait son bonheur.
Elle souffrait le martyr, sans cesse depuis qu'il l'avait repoussé.

    « Ma mère est morte à cause de mon père. Il l’a tué. Vous l’avez tuée. »
    « Non, non, ce n'est pas vrai ... »


Elle répétait ces mots en boucle, en vain. Elle était détruite, brisée, éteinte. Eleonora n'existait plus, était-elle réellement un assassin ? Elle ne savait plus, son esprit était brisé en milles, en deux. Lycaon. Pourquoi toute cette haine, elle n'était pas la coupable. Si tu l'es. Non. Non, non, non. Elle n'avait rien fait, elle ne voulait pas, ce n'était pas elle, ce n'était pas sa faute.
Comment lui faire oublier, comment oublier, comment faire. Comment. Pourquoi. Elle ne savait plus, rien, pourquoi. Les mots s'embrouillaient dans sa tête, un vertige s'empara de son esprit, elle sombrait dans un monde inconnu ou l'incertitude est roi. Lycaon, Lycaon, est- ce qu'il sera en bas ? Est- ce qu'elle le rattrapera ? Elle détestait le monde, la vie. Elle n'était plus elle-même, tout était différent sans lui, elle était différente sans lui.

    « Tu n’en veux peut-être pas mais c’est un fait, tu l’as. Et je ne veux pas de ça. »


Ca, c'était donc ce qu'elle était devenue. Ca. Un monstre que l'on n'ose même plus désigné par un nom, par des mots. Son existence se limiterait-elle désormais à Ca ? Non. Non, ce n'était pas elle, elle n'était pas juste Ca. Elle était une mokop, elle était une nageuse, elle était la joie de vivre de Durmstrang, elle était elle, Eleonora Lazareva. Elle n'était pas juste Ca. Elle était un être humain, avec des sentiments, des sentiments parfois contradictoires. Elle avait encaissé chacunes des insultes de Lycaon, les unes après les autres, fermant les yeux, se rabaissant. Ce n'était pas elle tout ça, elle n'avait jamais appris à se taire, à se faire petite. Ce n'était pas elle, elle n'était pas comme ça. Elle n'était pas Ca. Oui, elle l'avait, elle avait du sang Aleksandrov, un sang qu'elle détestait mais qu'elle possédait. Lycaon n'était pas le seul, ils n'étaient pas les seuls et il n'avait pas le droit. Il ne devait pas la traiter de la sorte, pas après tout ce qu'ils avaient vécus. Elle ne le laisserait pas cracher ainsi sur son bonheur, sur ses souvenirs. Elle n'était pas quelqu'un comme Ca.

Elle voyait sa carapace, elle le connaissait, il ne la bernerait pas de la sorte. Ca n'était pas elle. Le vase avait explosé, il avait réveillé une Aleksandrov endormi, elle était sa sœur qu'il le veuille ou non, elle respectait sa mère qu'il le croit ou non, elle l'aimait lui et si il ne le désirait pas, il n'avait qu'à partir. Elle, elle n'abandonnerait pas. Elle était têtue et caractérielle, c'était elle. C'était sa définition, elle n'était pas juste Ca, elle refusait d'être juste Ca. Une injure à la mémoire d'une morte. Non, elle n'était pas ce genre de fille. Eleonora se releva, les jambes tremblantes mais le regard plein d'une froide détermination. Il avait beau être lui, Lycaon, le seul au monde pour qui elle serait prête à donner sa vie, il n'avait pas à lui parler comme ça, elle n'était pas une moins que rien qu'il pouvait balancer quand bon lui semblait. Elle n'était pas Ca, pas juste un torchon, jamais.

    « Tu parles de protéger la mémoire de ta mère défunte, tu parles d'amour, mais tu ne connais pas le sens de ce mot. » elle se rapprochait à chaque mot, tremblante de colère et de tristesse « Tu mens, tu oses mentir, te cacher, encore comme toujours. Incapable d'assumer réellement ce que tu ressens, pour ta mère. »


Chaque mots étaient crachés comme une insulte. Haineuse elle l'était. Folle de désespoir, elle l'était. Elle s'en fichait de le mettre en colère, de se faire frapper, elle était au dessus de tout ça désormais, elle avait plongé. Plongé des les méandres de son esprit. Elle avait cédé elle aussi, Eleonora haïssait Lycaon et ses mots autant qu'elle l'aimait. Si il voulait la détruire, elle ne le laisserait pas s'en sortir indemne. Jamais. Il payerait, chaque jour, chaque heure, chaque seconde de sa vie, elle lui ferait regretter sa haine.

    « Tu n'es rien d'autre qu'un lâche Lycaon Aleksandrov, un lâche qui se cache derrière de grands et beaux principes. Ton père serait fier de toi en te voyant ce soir. »



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Message Posté Mar 1 Nov - 18:34.
      « Un lâche ! »

    Il ne reconnut pas sa voix désincarnée. La cruauté qui y sonnait fit trembler la faible lueur vacillante qui restait encore de son humanité, de ce qui n’avait pas été perverti par un esprit maladif, empoisonné par cette voix sifflante hurlant à la démence, à la haine, à la vengeance ; elle se moque, elle n’a pas le droit, elle n’est rien ! Oblige-la. Des griffes invisibles s’enfonçaient dans sa chair, se chevillaient à son âme ternie, réveillaient des instincts qu’il ne se connaissait pas encore, pourtant venant gonfler sa colère. Cette colère trompée, trahie ; la chaleur de l’ombre devenait plus brûlante, plus inquiétante et Lycaon, aveuglé, basculait.

    Regarde-la. Il ne détachait pas son regard du sien, rencontrant la froide détermination qui y brillait, cette détermination, cette force de caractère qui l’avait séduit à leur première rencontre, qui l’avait rendu si inutile dans ce parcours d’orientation. Lycaon puisait sa respiration sans se rendre compte que ses difficultés n’étaient pas liées à la colère, mais à ce qu’il ressentait en plongeant son regard incandescent dans celui de sa meilleure amie. Regarde-la. La haine suintait, glissait, il la sentait ; ne l’adoptait pas. Regarde-la ; une jeune effrontée. Une magnifique effrontée, aussi séduisante qu’elle était forte. Ne te laisse pas faire. L’ordre claqua, mais il n’obtint aucun résultat. Ne te laisse pas faire ! Les griffes le déchirèrent, il aurait dû la gifler, il aurait dû lui répondre de tout son venin, il aurait dû, il aurait dû, mais il n’y parvenait pas. La lueur avait tremblé mais n’avait pas abandonné.

    Lycaon détourna le regard.

      « Ma mère est morte… » Sa voix mourut dans un murmure inaudible.

    Pupilles dilatées, respiration courte, Lycaon s’appuya contre le baldaquin, son regard hanté se perdant dans les méandres de son esprit torturé. Ses souvenirs, réveillés, tournoyaient. L’enfant renaissait, les griffes le lacéraient mais sa mère, son souvenir, sa réminiscence, son souvenir évanescent, le protégeait. Lycaon hurlait, Ange le défiait. Sa mère, sa tendre mère, l’avait-il oubliée ? Eleonora avait-elle raison, ne l’aimait-il pas assez ? Si, bien sûr que si, tu l’as toujours protégé mais lui, lui veut la souiller ! L’animal enragé se débattait tandis que la colère initiale du Mokop s’était évanouie. L’étreinte d’Aella se resserrait autour d’Ange et Lycaon, dans toute sa puissance, n’avait aucun moyen de l’atteindre. Tout cela n’était que pure forfanterie ? Ne dis pas de bêtises. Je t’ai toujours protégé. De quoi ?

      « De moi, sans doute. Ange, tu n’es pas mort, et même si je le suis, moi, je ne t’ai pas abandonné, et toi, en retour, tu ne m’as jamais abandonné. Sois meilleur que ton père, Lycaon. Sois meilleur que ton père. »
      « Ton père serait fier de toi en te voyant ce soir. »
      « Sans doute. Je ne vaux pas mieux que lui, pas vrai ? »

    Il la toisa d’un regard qui, s’il était aiguisé, était blessé. Blessé d’être comme son père, blessé d’être rabaissé alors qu’il avait promis à sa mère de ne jamais reproduire les erreurs de son père. Et pourtant, ce n’était pas ce qu’il faisait ? Eleonora avait raison, il avait piétiné et construit de grands principes illusoires pour se croire meilleur que son père. Pour respecter cette promesse faite à sa mère.

    Il ne l’avait même pas tenue.

    Bien sûr que si. Lycaon se laissa glisser à terre. Personne n’a mieux honoré la mémoire d’Aella que toi. La fatigue le terrassait. Eleonora est la fille de ton père, née du vivant de ta mère. Lycaon crevait. Elle porte sa marque.

      « Peut-être, mais je l’aime. »

    Folie, folie, douces rumeurs répétées sur le compte d’un Mokop qui vivait en marge de la société de l’Institut. Il était tellement plus facile de postuler de sa folie pour rendre un de ces étudiants qui s’était maintenu toute sa scolarité parmi les meilleurs plus humain, plus vulnérable, plus commun. Folie, folie, Lycaon ne se battait plus contre sa réputation, ne s’était jamais battu parce que ce qui comptait était de vivre dans le regard d’Eleonora. Et ça, il ne pouvait pas l’oublier. Il ne pouvait pas, malgré tout, malgré son origine, malgré l’autre, malgré ses vociférations, malgré ses bonnes résolutions. Vivre dans le regard d’Eleonora, et la voir vivre pleinement. C’était tout, tout ce qui comptait, plus encore que les sentiments qu’il nourrissait pour Lola, douce Lola, qu’il ne se pardonnait pas d’avoir troublée, alors qu’il ne pourrait jamais, jamais être sincère avec elle, la gardant éternellement à l’écart, plongée dans l’incertitude. Eleonora comptait plus que tout au monde, et si c’était vrai pendant quatre années, ça l’était encore aujourd’hui. Me battre ne me sert à rien. Je ne suis pas de taille, et va te faire pendre, putain d’enfoiré.

      « Je t’en supplie, ne me fais plus jamais confiance, Leo. »

    Il avait mal, l’autre ne baissait pas les armes, continuait de s’acharner, mais Lycaon tiendrait bon. Pour elle. Pour Eleonora. Pour elles. Eleonora, Lola. Pour eux. Ses amis. Qu’adviendrait-il s’il le laissait ? Il s’accrochait à cette lueur comme un perdu, il était épuisé, à bout de forces. Terrifié, aussi. Ange avait beau avoir du courage, il n’en demeurait pas moins que l’enfant avait peur. L’enfant qui n’avait jamais vécu. L’enfant qui avait étouffé avant de pouvoir vivre. L’enfant qu’il n’était pas devenu. Les années étaient passées sans qu’il ne voie jamais le jour dans son insouciance et dans sa joie de vivre. Les années étaient passées, et Lycaon aussi. Trop vite grandi. Il n’avait pas dompté ses peurs et n’était pas en mesure de pouvoir les combattre, pas seul, parce qu’il s’était construit sur des bases bancales.

    Daphné connaissait Ange, elle connaissait l’enfant qui avait choisi de se confier à elle, voyant dans sa chaleur, dans sa séduction de Vélane une mère plus qu’une créature exquise, parce que l’enfant n’aimait qu’avec innocence. Daphné connaissait Ange, avait vu l’enfant au cœur de ce Mokop livré à ses démons, vingt-et-un ans et vulnérable. Elle ne l’avait pas jugé – pas tout de suite. Secret enfermé, ancrage fraternel, Ange avait vécu au travers d’elle.

    Au travers d’Eleonora depuis le début, Ange avait vécu, plus qu’avec n’importe qui.

      « J’ai… besoin d’aide. »

    Il n’aurait jamais pensé dire ça un jour, Mokop ou pas, sa fierté d’aristocrate et ses croyances d’autrefois l’ont trompé.

    Le monstre sous son lit s’était tapi, ruminant ; gagner une bataille n’était pas gagner la guerre. Lycaon le sentait, il savait qu’il haïssait Eleonora plus qu’il n’avait jamais haï personne, plus que Daphné et l’emprise qu’elle avait sur Ange, plus que Faith et leurs destins emmêlés. C’est pitoyable d’en arriver là à vingt-et-un ans. Il secoua la tête, rattrapa sa croix gothique et tenta de se relever. Le décor tangua autour de lui. Fatigué.

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Dernière édition par Lycaon Aleksandrov le Sam 24 Déc - 3:04, édité 1 fois
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Message Posté Sam 24 Déc - 2:54.
    « Sans doute. Je ne vaux pas mieux que lui, pas vrai ? »


Elle le sentait au plus profond d'elle-même, le destin était en marche. Elle brûlait de l'intérieur, dévastée par la haine et le mépris dont avait fait preuve celui en qui elle avait toujours eu confiance, celui pour qui elle aurait été capable de donner sa vie. Eleonora était un pantin désarticulé, une créature dont on avait arraché le cœur à main nu, avant de l'écraser, une marionnette aux fils coupés. Elle avait l'esprit ravagé par la tristesse, le désespoir et la fatigue : la haine était son ultime refuge, la dernière barrière qu'elle parvenait à ériger entre elle et la folie. Folie, cette douce folie qui animait son demi-frère, son ami.
Elle l'observait de haut, ce garçon ravagé. Cet être pitoyable, détruit, acculé aux portes de la raison. La fatigue se lisait sur son visage, mais tout ce que la jeune mokop était capable de ressentir, c'était du mépris. Elle ne reconnaissait pas ce garçon assis devant elle, se parlant à lui-même.

    « Peut-être, mais je l’aime. »


Qui ? Elle ? Lola, Faith, Thédora, sa mère. Il pouvait parler de tant de personnes. Pour la première fois elle se retrouva confronté au déséquilibre de celui qu'elle prétendait connaître par cœur. Durant quelques secondes le désarrois pris possession de son esprit, pourquoi. Pourquoi tout était-il toujours aussi compliqué avec lui ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas simplement être amis comme avant, ignorant tout de leur lien de sang. Pourquoi Alexei Aleksandrov était-il apparu de la sorte dans sa vie. Trop de questions qui arrachèrent un sanglot à Eleonora. Tantôt forte et haineuse, tantôt vulnérable et compréhensive. Une guerre sans merci dont le résultat était pourtant inscrit d'avance.
Elle aimait bien trop Lycaon. Il était le seul être vivant auquel elle accordait réellement de l'importance. Il était devenu sa famille, et ce avant même qu'un quelconque lien fraternel vienne s'en mêler. Il était son équilibre et à présent qu'il sombrait, elle devait prendre une décision. Rester et prendre le risque de sombrer à son tour, ou fuir et risqué de le perdre à tout jamais.

    « Je t’en supplie, ne me fais plus jamais confiance, Leo. »
    « Comment ? » sa voix n'était désormais plus qu'un simple murmure. Une prière adressée à l'ombre de Lycaon. « Je ne sais pas comment faire Ly, j'ai besoin que tu m'apprennes, comme tu l'as toujours fais. »


Elle haïssait cette vie, ce lieu, ce père pas si inconnu que cela, sa mère cette traînée. Oui, voilà. Tout était de sa faute. Obnubilée par sa quête d'un coupable, Eleonora dirigeait à présent sa haine vers sa génitrice. Pourquoi, pourquoi donc avait-elle due coucher avec Aleksandrov, comment avait-elle osé. Un homme marié. Elle qui lui avait osé lui faire la leçon à milles reprises dans sa petite enfance, elle qui l'avait élevé avec des valeurs strictes. Elle avait souillé son nom, son honneur. Comment Eleonora pouvait encore porter le nom de Lazareva, elle était l'injure suprême faite à ce père spirituel décédé bien trop tôt, avant même sa naissance.
Les choses semblait pourtant évidentes, comme un puzzle qui, logiquement, se complète. Elle avait pitié de lui, pitié de ce fier mokop, de ce garçon détaché de tout, de cet être qu'elle avait toujours adulé.

    « J’ai… besoin d’aide. »


Oui, oui, il avait besoin d'aide. Il devait se faire soigner. Mais milles thérapies ne serviraient à rien. Lycaon était au delà de tout ça, son mal était profond, si profond qu'Eleonora elle-même n'en imaginait pas les limites. Elle était terrifiée, cet appel à l'aide était le signal qu'un mal bien trop puissant rongeait son ami. Elle devait prendre une décision, aider ou fuir. La situation était délicate, compliquée. La vie tout entière de la jeune russe n'était plus qu'un vaste champs de ruines, à l'instar de son cœur et de sa tête. Elle n'avait plus rien à perdre, elle avait atteint le fond quelques instants plus tôt quand son orgueil avait durant quelques instants repris le dessus.
Instinctivement, elle s'avança, lentement, comme si Lycaon était un animal blessé. Puis, soudain, elle s'arrêta. « ne me fait plus jamais confiance Leo », et si. Et si tout ceci n'était qu'une vague mascarade destinée à la détruire encore un peu plus, et si il était décidé à venger sa mère qu'importe s'il devait faire de son âme un désert aride.
Eleonora ne savait plus. La seule chose dont elle était encore certaine, c'était de la fatigue qui engourdissait son esprit, la rendant plus faible, plus vulnérable aux attaques de Lycaon le vil, cet être abjecte qui était en train de lui voler sa vie.


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Message Posté Mer 22 Fév - 17:53.
    Son cœur s’était calmé. Sa respiration s’était régulée. Ses pupilles, dilatées, s’étaient éteintes ; l’angoisse, l’appréhension, l’incompréhension, la terreur, la folie, s’étaient évaporés. La fatigue alourdissait ses épaules voûtées, appesantissant ses paupières sur ses iris sombres à l’éclat terne ; l’ombre s’était retirée, laissant une empreinte glacée dans son corps accablé. Appuyé sur le baldaquin d’un lit, Lycaon releva le regard vers Eleonora, juste à temps pour la voir faire un pas vers lui – juste à temps pour la voir hésiter.

    Si son cœur rata un battement, si la lueur vacilla, se ramassa sur elle-même, si l’enfant sentit les larmes piquer l’encolure de ses yeux et un sanglot obstruer sa gorge, Lycaon n’en trahit pas la moindre expression. Seuls ses doigts, dissimulés derrière l’étoffe de sa chemise, s’encastrèrent dans le bois du meuble à en faire blêmir ses jointures.

    « Oublie. » Crue réalité, cruelle réalité que celle de la voir glisser hors de portée. Crue réalité, cruelle réalité que celle de sa faute, de sa responsabilité dans ce qu’il advenait de leur amitié. De leur fraternité. ne l’avait-il pas jeté hors de ses bras, hors de sa vie, dès l’instant où elle lui avouait, avec l’innocence de l’enfance qu’elle conservait dans son caractère marqué par son intelligence supérieure, douce, aimante Eleonora, maline Eleonora, leurs liens de sang ? Ne l’avait-il pas laissée seule, ne l’avait-il pas méprisée, ne l’avait-il pas toisé d’un regard où étincelait le dégoût que lui inspirait ses origines ? Traîtrise, injure à la mémoire de sa mère, humiliante tromperie. N’avait-il pas fait tout cela, n’avait-il pas agencé de lui-même cette issue, cette… mort ? Oui, elle glissait hors de portée. Oui, c’était de sa faute. Et son cœur sanguinolent continuait à battre de longs souffles indolents, paradoxe pathétique de son amour pour elle, de sa passion pour sa mère. Le compromis était impossible. Le compromis était impensable. Et cette impuissance l’avait tant écartelé, les griffes acérées l’avaient tant écharpé, qu’il restait à l’image d’une marionnette désarticulée, abandonnée de son manipulateur. Il se sentait vide. A peine perclus d’un souffle de vie, à peine transpercé de l’étincelle d’un cœur qui bat mécaniquement dans sa poitrine, de poumons qui s’activent instinctivement. Il se sentait l’âme d’une coquille vide.

    Aucun mot ne glissa des lèvres de Lycaon ; l’indolence lovée dans son regard, recroquevillée dans ses traits, il se contentait de soutenir les iris noisette de sa demi-sœur. Sa demi-sœur. L’autre feulait dans sa tanière, les sens aux aguets, de fielleux ordres au bord de ses lèvres meurtrières, la litanie au fond de la gorge. Il ne pouvait pas s’y soustraire. Il ne pouvait pas se défaire de son influence nourrie de cet inconditionnel amour pour sa mère décédée, dont la douleur avait jusqu’à estompé ses larmes sur ses joues blêmes, fait chevalier de sa mémoire, menant croisade contre celui qui l’avait tant souillée. Peu importait les victimes. Peu importait les dommages collatéraux. Personne… personne n’avait le droit de la toucher.

    Et pourtant, seul Merlin savait à quel point le meurtre d’Eleonora au nom de cette bataille illusoire l’assassinait en retour. Le compromis était impossible, le compromis était impensable ; tout simplement parce qu’il existait, qu’il était devant ses yeux, que c’était elle. Il détourna le regard ; la rumeur pernicieuse de l’autre tentait de percer son esprit instable, mais ne parvint pas à défaire ce nœud qui continuait de l’enserrer dans de trop étroits liens d’affection pour la jeune femme. Il ne gagnerait pas cette bataille. il ne lui fera pas dire ce qu’il veut entendre, il ne lui arracherait pas les derniers poignards qu’il avait préparé pour venger la mémoire de sa mère, pour la purifier de cet injure… pour satisfaire son propre égoïsme exacerbé. Il n’y parviendrait pas.

    Lycaon avait suffisamment poignardé Eleonora, il l’avait suffisamment fait naviguer entre deux eaux. Il devait y mettre un terme. Pour elle. Pour lui. Pour eux. Elle avait fait le premier pas dans cette direction ; à lui de prendre ce que lui présentait comme opportunité cette hésitation. Il se redressa de toute sa hauteur ; la fatigue l’accablait, mais sa prestance ne souffrait d’aucune fioriture. De son regard terni d’indolence, il toisa sa désormais demi-sœur ; des semaines à l’éviter sans jamais lui donner la qualification qui lui convenait et qu’il ne pouvait accepter pour n’avoir qu’une seule et unique sœur. Demi-sœur ; l’indifférence de son existence pour toute définition. A cet instant, à cette heure, il n’envisageait pas d’un jour voir en Eleonora sa sœur ; et dans son âme, c’était la lueur vaillante qui s’éteignait dans la glace de la solitude.

      « Tu l’as appris toute seule. »

    Lunatique, instable, tributaire d’imprévisibles sautes d’humeur. Lycaon portait en étendard son indolence coutumière aux couleurs hautaines ; c’était sa naissance qui l’auréolait, vieille aristocratie coulant dans ses veines et dominant son éducation. La froide distance creusait un fossé entre eux ; un fossé qu’il n’avait jamais instauré avec elle. Il n’en avait pas eu le temps.

    Sans la toucher, la frôler ou même l’effleurer, il passa à ses côtés et quitta son dortoir, emportant avec lui le souvenir éthéré d’une demande d’aide en dernier recours, le dernier espoir d’un pilier auquel se raccrocher – elle ne lui avait donné que l’occasion de retrouver son indolence princière, seule capable de le détacher et de lui épargner la douleur de la perte d’un être cher, vieille carapace amie qui le protégeait des poignards empoisonnés de la douleur sournoise des relations. S’il espérait encore qu’elle n’abandonnerait pas, il n’en avait pas conscience ; s’il l’avait eue, l’autre aurait porté la dernière estocade.

    Il laissait pourtant, derrière lui, la vulnérabilité, l’angoisse, l’appréhension de ce qu’il ne comprenait pas, de ce qu’il ne saisissait pas ; la terreur de ces souvenirs qui ne lui appartenaient pas, des réactions qu’il ne comprenait pas, et de ces instincts qui soulignaient son caractère d’une agressivité qu’il ne s’était encore jamais connu. Il avait besoin d’aide.

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Message Posté Mer 22 Fév - 17:54.
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