VULNERA SAMENTO FERME SES PORTES ▲
Merci à tous pour avoir pris part à cette formidable aventure.

en savoir plus

CADEYRN&SOLOMONIA ★ stars stopped to shine [PM]
ϟ celui qui lit ce titre est un elfe de maison. Ceci était la touche d'humour de Thor.
avatar
Cadeyrn S. Turner
this is the wizzarding world of
sadique est mon deuxième prénom.
informations
sadique est mon deuxième prénom.

correspondances : 593
âge du joueur : 22
entrée : 10/01/2010
gallions : 3051

♦ Nota Bene
: des liens compliqués et des collègues en priorité
: uc
: des fioles de potions, ma baguette magique, un uniforme de combat, un sabre de combat supérieur, mon balai ailes de dragon.



Message Posté Mer 3 Juil - 1:06.



I've got nothing left
just an empty heart


★ noms des participants: Cadeyrn & Solomonia
★ statut du sujet: Privé
★ date: 3 janvier 2057
★ heure: 19h
★ météo: Il neige
★ saison: 2
★ numéro et titre de l'intrigue globale en cours: 5
★ numéro et titre de l'intrigue en cours:   5
★ intervention de dominus:  Non
★ récompenses:   ça va pas tarder





_________________


 
darkness

   
Whoever fights monsters should see to it that in the process he does not become a monster. And if you gaze long enough into an abyss, the abyss will gaze back into you. Friedrich Nietzsche © belzébuth
avatar
Cadeyrn S. Turner
this is the wizzarding world of
sadique est mon deuxième prénom.
informations
sadique est mon deuxième prénom.

correspondances : 593
âge du joueur : 22
entrée : 10/01/2010
gallions : 3051

♦ Nota Bene
: des liens compliqués et des collègues en priorité
: uc
: des fioles de potions, ma baguette magique, un uniforme de combat, un sabre de combat supérieur, mon balai ailes de dragon.



Message Posté Mer 3 Juil - 1:10.



Parfois, il arrive qu'on n'arrive pas à décrire ce que l'on ressent. On ne sait dire si l'on est triste, ou heureux. Si l'on est enthousiaste, ou anxieux. Excité, ou énervé. On a cette sensation que tout est flou. On perd cette étincelle. Celle qui nous pousse à avancer. Celle qui fixe nos objectifs. Nos envies. Nos désirs. Et on finit par ne plus rien ressentir. On se mue dans un silence qui n'en finit plus. On a peur de ce que l'on ressent. Peur de changer. Peur de ne plus être la même personne. Peur de faillir à ses engagements. Alors on préfère oublier notre évolution, et devenir cette personne que l'on souhaite, à tout prix. Cet idéal, inaccessible, auquel on s'accroche. Quoi qu'il en coûte.

Cadeyrn Turner. Vingt-huit ans. Professeur de potions. Ex-apothicaire en Irlande. Appointé par procédure automatique, choisi par le défunt David Pritchard. Vieil ami. Je répète ce discours dans ma tête jusqu'à le connaître par cœur. J'anticipe chaque rencontre. Chaque réaction. Chaque question. Je n'ai jamais vu le Ministre. Je n'ai jamais entretenu un quelconque rapport avec lui. Je rejette toutes ses idées. Je suis un ancien ami de David Pritchard, même si je ne partageais pas ses convictions. C'est un honneur pour moi de venir enseigner à Durmstrang, malgré les récents événements. Je suis confiant.

En vérité, je m'étais promis de ne jamais mettre les pieds dans ce pays corrompu et dévasté par la trahison. Je n'ai aucune confiance en ses résidents. Je vomis le moindre des résistants. Je n'ai aucune envie d'enseigner une matière qui n'intéresse que moi. Tous ces mensonges, je les ai créés pour Thadéus. Pour ses idées. Pour son projet. Pour la victoire des sorciers sur les faibles, les impuissants, les lâches, les indécis. La seule vérité, dans cette histoire, c'est le respect que j'éprouve pour David Pritchard.

C'est la première fois que je foule le sol de l'institut. L'air est glacial. L'herbe est gelé par le froid. La vie semble s'être arrêtée. On m'a prévenu que je ne pourrai pas donner de cours pendant plusieurs semaines, et que je devais profiter de ce temps de confusion pour accomplir ma mission. On m'a dit de me dépêcher. Que le temps était compté. On m'a dit tout un tas de conneries. Alors histoire de déprimer encore plus, je décide de me rendre sur la tombe du défunt David Pritchard.

Je n'ai jamais pu me recueillir sur la tombe de mes proches. Même sur celle de ma mère. Je n'ai jamais assisté à aucun enterrement. Je fuis la mort comme pour m'en protéger. Mais au final, peu importe la distance, peu importe nos efforts, elle sera toujours là pour nous rappeler que la vie ne tient qu'à un fil. Que le pire est toujours devant. Et que du jour au lendemain, tout peut basculer.

A mesure que je me rapproche du cimetière, des traces de pas viennent me rappeler que l'enterrement de Pritchard avait lieu quelques heures auparavant. Dix-neuf heures. La nuit est tombée, et j'espère ne trouver personne. Il s'agit vraisemblablement d'un moment important pour moi. Je m'apprête à me recueillir sur la tombe de mon prédécesseur. Le frère du Ministre de la Magie. Un homme avec qui j'avais tellement de liens, mais que je n'ai finalement jamais connu. Jamais vu. Un homme à qui je m'apprête à dire adieux, malgré tout. Un homme dont je pense continuer le combat. Un homme dont j'ai tout faux.

Les fleurs sont déjà fanées. La neige a déjà déposé son manteau blanc sur la stèle dont on n'aperçoit déjà plus le nom. Personne n'a pensé à lancer un sortilège d'auto-nettoyage. Personne n'a osé utiliser sa baguette magique, par peur des conséquences. Personne n'a essayé d'avoir confiance en la magie. Alors je reste là. Debout. Totalement crispé. Je me demande ce que font les gens dans ce genre de moments. Ce à quoi ils pensent. Qu'est-ce qu'ils font. Je me trouve face à cette tombe, et je ne sais absolument pas quoi faire. Je suis censé me remémorer les bons moments passés avec le défunt. Je suis censé faire tout un tas de choses qui me déclencheraient une crise de larmes. Mais je ne peux pas. Je ne sais pas. Et je reste là. Je mets plusieurs secondes à me rendre compte que je ne suis pas seul. Une jeune femme se tient également debout, deux tombes plus loin. Elle se trouve assez près pour que je puisse la contempler. Elle semble comme pétrifiée. La neige accumulée dans ses cheveux et sur ses vêtements témoignent de la durée qu'elle a passée seule ici. Dans le froid glacial de la Russie. Je jette un coup d’œil discret à son visage. Puis je comprends.

Je comprends ce qu'elle vit. Je comprends ce visage. Je comprends tout un tas de choses que je ne peux expliquer. Je comprends son deuil. Je comprends la mort. Je comprends son existence. Son désespoir. Je comprends ce que je vis depuis vingt ans. « Death definitly seems to be the easiest way to stay alive, here. » Je ne suis pas sûr qu'elle puisse comprendre l'anglais. Mais je suis persuadé qu'elle a compris ce que je viens de dire. « I'm Cadeyrn. Cadeyrn Turner. The new potions master of Durmstrang. » 

_________________


 
darkness

   
Whoever fights monsters should see to it that in the process he does not become a monster. And if you gaze long enough into an abyss, the abyss will gaze back into you. Friedrich Nietzsche © belzébuth
avatar
B. Solomonia Marcovic
this is the wizzarding world of
je vous bute tous !
informations
je vous bute tous !

correspondances : 1181
âge du joueur : 21
entrée : 02/05/2010
gallions : 5633

♦ Nota Bene
: recherches de liens en tout genre.
: vos relations principales ici
: ce que vous avez sur vous en ce moment même.



Message Posté Jeu 11 Juil - 4:17.


« Nobody sees how our hearts break. »

Quand on essaye de s'en sortir, on se retrouve toujours face à toutes les erreurs qu'on a pu commettre. C'est peut être injuste, et c'est peut être tout ce qui est bien trop effrayant pour être contrôler, mais c'est une vérité universelle. On doit accepter d'être réduit en poussière, on doit accepter de voir les cadavres s'empiler, même s'ils comptaient pour nous. Même si on ne parvient pas à se détacher du passé. Les souvenirs nous démangent et nous montre à quel point on est idiot de se laisser détruire de cette façon. Parce que ça sera jamais suffisant. Ça sera jamais assez digne. Ça sera toujours une chute bien trop longue et bien trop ridicule. On se remémore de chaque nom, chaque personne qui a été choisi pour arrêter la guerre. Ces milliers de personnes qui se retrouvent au fond d'un trou sans la possibilité d'en sortir. Au fond d'un tunnel sans lumière, dans la noirceur d'un cauchemar trop réel. L'enfer apparaît presque attrayant, il nous éloigne du paradis et des histoires qu'on a pas su saisir. Il nous protège du temps qui court toujours trop vite et des monstres qui nous hantent la nuit. J'étais torturée par ces idées là, et je pensais toujours à ce que j'aurai pu faire pour sauver ceux qui étaient partis. Je me torturais en pensant à ceux qui comptaient et à ceux qui auraient dû mourir plus tard. Je pensais à tous les marchés douteux que j'aurai pu passer afin d'éviter ce futur funeste, et ça n'avançait toujours vers rien. On était toujours assis sur le temple de l'idiotie et de l'incertitude. On était toujours rien face au vide, face au destin. On subissait toujours les foudres de nos supérieurs et on continuait à se faire torturer pour oser croire en quelque chose de différent.

J'aurai voulu que ça se passe autrement. J'aurai voulu qu'on s'en sorte tous, mais la réalité, c'est qu'on obtient jamais ce qu'on veut. La réalité, c'est qu'on nous force à faire des choix qui ne nous ressemblent pas dans le but de changer notre nature profonde. Et au bout d'un moment, on n'est tout simplement plus humain. On est une créature, une bête assoiffée de sang et de cruauté. Un monstre sans pitié qui dévore les cœurs et les âmes des passants. J'étais venu ici pour rechercher des solutions, mais il n'y en avait aucune. J'étais venue ici pour me sauver mais je me perdais encore un peu plus. J'étais sur la tombe de mes parents. Et j'ai aperçu quelqu'un arriver au loin. Il a commencé à parler. « Death definitly seems to be the easiest way to stay alive, here. » Je me suis retournée vers lui. « I'm Cadeyrn. Cadeyrn Turner. The new potions master of Durmstrang. » J'avais entendu parlé de lui. Depuis que la résistance commençait à avoir de plus en plus de pouvoir, certaines personnes parvenaient à récupérer les dossiers des professeurs dans le but de savoir qui était pour le ministère. Quant à celui là, le poste lui avait été donné grâce à David. Il était vu comme son successeur. Mais aussi comme son ami.

« You couldn't be more right. » Je le regardais attentivement parce que je savais que chaque geste était un signal. C'était comme ça, à présent. On vivait tous dans la peur de l'ennemi. On ne savait plus le bien du mal. On ne savait plus comment s'en sortir dans un monde qui nous poussait à nous haïr les uns les autres. On était perdu face à des visages qu'on ne savait pas reconnaître, et c'était injuste de se retrouver face à quelqu'un qui pouvait possiblement vouloir vous tuer. On vivait dans la paranoïa parce que c'était plus simple que de l'ignorer, cette idée qu'on était des cibles pour le ministère. On le savait, à partir du moment où on est entré dans la résistance. On savait ce qu'on pouvait gagner. Et on savait ce qu'on allait perdre. C'était ridicule de se dire que pour la plupart d'entre nous, on avait juste tout perdu. La dignité n'était plus là. Elle était loin, cachée derrière des souvenirs auxquels on ne pouvait pas accéder. Les honneurs et la gloire n'étaient que de lointains mirages, bien trop loin pour qu'on puisse les comprendre. On était terrifiés à l'idée de mourir sans savoir notre destin, alors on le laissait nous contrôler comme s'il avait la capacité de posséder toutes les cartes. « Welcome here, Turner. I'm Solomonia,Marcovic. I hope you're not from the ministry, cause it would mean you're here to kill me. » Toujours une ironie utilisée comme un bouclier. Parce qu'il était peut être l'ennemi. Parce qu'on avait pas le luxe d'offrir notre confiance aussi rapidement qu'on aurait pu le faire avant. C'était un climat de terreur qui s'était installé, une atmosphère si froide que les différents mondes semblaient s'affronter les uns contre les autres. J'ai indiqué la tombe de l'ancien professeur de potions. « David was a friend of yours ? »

_________________
I wake up, they said we won. they didn't say what we lost
As the snowflakes cover my fallen brothers, I will say this last goodbye. Many places I have been, many sorrows I have seen, but don't regret, nor will I forget all who took that road with me. Night is now falling, so ends this day, the road is now calling and I must away. To these memories I will hold with your blessing I will go to turn at last to paths that lead home. And, oh, where the road then takes me, I cannot tell. We came all this way, but now comes the day to bid you farewell.
avatar
Cadeyrn S. Turner
this is the wizzarding world of
sadique est mon deuxième prénom.
informations
sadique est mon deuxième prénom.

correspondances : 593
âge du joueur : 22
entrée : 10/01/2010
gallions : 3051

♦ Nota Bene
: des liens compliqués et des collègues en priorité
: uc
: des fioles de potions, ma baguette magique, un uniforme de combat, un sabre de combat supérieur, mon balai ailes de dragon.



Message Posté Sam 24 Aoû - 17:41.




J'aimerais lui ressembler. J'aimerais avoir assez de courage pour dépasser cette rage. J'aimerais me battre pour des raisons qui me dépassent. J'aimerais souffrir, de la manière qu'elle souffre. Mais je ne peux pas. Je ne peux pas me défaire de cette haine, cette rage, qui m'habitent depuis vingt ans. Je ne peux pas penser à ma vie sans éprouver un sentiment de culpabilité, et de honte. Je ne peux pas m'empêcher de penser à toutes ces morts inutiles que j'aurais pu éviter. Je ne peux pas choisir la difficulté. Alors je place tous mes espoirs en Pritchard. Je ne peux arrêter d'espérer. Car sans espoir, ma vie est finie. Sans l'horizon rassurant du régime de Thadéus, je ne suis plus rien.  « Welcome here, Turner. I'm Solomonia,Marcovic. I hope you're not from the ministry, cause it would mean you're here to kill me. » Je ris. « I would have killed myself first. » Un instant. « Nice to meet you, Solomonia. Please call me Cadeyrn. »

Il y a quelque chose dans son regard. Dans ses paroles. Dans ses gestes. Dans son attitude. Tout chez elle me fait penser à Tyler. La même détermination dans le regard, et la même souffrance. Et je ne peux la regarder sans penser à mon meilleur ami. Mon ventre se noue. Tyler est mort. Mon meilleur ami est mort. Je soupire. Gregory est loin. Je suis seul, désormais. Nous étions trois. Et j'ai tout détruit. Je me suis détourné. J'ai choisi d'écouter Thadéus. J'ai choisi de changer. J'ai choisi de venger ma mère. J'ai choisi d'être leur ennemi. « David was a friend of yours ? » Non. « Yes. » Je n'ai jamais vu David. Jamais parlé. Jamais connu. « He was an old friend, and I hadn't seen him for years. » Ma gorge se serre, comme si je m'apprêtais à pleurer. « If only... » Une larme coule sur mon visage.

Au début, on a du mal. On réfléchit beaucoup. Trop, parfois. On s'efforce de rester cohérent. Le mensonge est un art, et il est nécessaire de le travailler. Il n'est pas facile à maîtriser, mais une fois qu'on s'y fait, il nous permet de survivre. Il nous permet d'échapper à l'ennemi. Infiltrer son camp. Il nous permet de manipuler. De nous en sortir. Il nous permet de vivre. Alors on finit par accepter nos mensonges. Et on y croit. Parce qu'on arrête d'être soi-même. On ressent ce qu'on veut ressentir. On oublie qui on est. « I'm sorry. I just wished for another Pritchard to be dead. They were so different. He did not deserve to die. »

Un long silence vient interrompre notre conversation. Je ne peux détacher mon regard du sien. Elle ne semble être habitée que par la tristesse et le désespoir. Mais elle a cette lueur. Cette lueur que j'avais l'habitude de trouver en Tyler, et en Gregory. Cette lueur réconfortante. Je viens de la rencontrer, mais j'ai l'impression de la connaître depuis des années. J'ai l'impression de retrouver mes meilleurs amis. Et rien ne pourrait compenser la chaleur que cette sensation me procure. « You definitely make me think about my best friend. » Une pause. « He's been a student, here, for a couple of months. » Je suis persuadé qu'elle le connait. Ils se ressemblent trop pour ne pas s'être rencontrés. « His name was Tyler. Tyler Hamilton. »

On passe notre vie à rencontrer des gens. La plupart du temps, on se contente de les regarder nous frôler. On ne s'intéresse pas à eux. Des fois, il arrive qu'on engage la conversation. Par politesse. Par courtoisie. Des fois, ces rencontres donnent naissance à une profonde amitié. Et des fois, elles nous changent.

Des fois, ces rencontres bouleversent nos vies. Nos façons de penser. Nos idéaux. Nos objectifs. Ce pour quoi on se bat.
Des fois, on se rend compte.
C'est bien plus que ça.

_________________


 
darkness

   
Whoever fights monsters should see to it that in the process he does not become a monster. And if you gaze long enough into an abyss, the abyss will gaze back into you. Friedrich Nietzsche © belzébuth
avatar
B. Solomonia Marcovic
this is the wizzarding world of
je vous bute tous !
informations
je vous bute tous !

correspondances : 1181
âge du joueur : 21
entrée : 02/05/2010
gallions : 5633

♦ Nota Bene
: recherches de liens en tout genre.
: vos relations principales ici
: ce que vous avez sur vous en ce moment même.



Message Posté Jeu 5 Sep - 0:25.



« Young, but I'm not that bold. »

On pense à toutes ces choses qu'on aura pas le temps de faire. On pense aux cadavres qu'on laisse s'empiler parce qu'après tout, c'est la seule chose qui nous reste. Parce qu'après tout, après les batailles et la souffrance, tout ce sur quoi on peut compter, c'est la confiance. L'espoir que tout s'arrangera. L'espoir que le vide aura l'air moins profond une fois que les années seront passées. On tente de se convaincre à cause de toutes ces choses qui nous brûle et qui nous déchire de l'intérieur parce qu'on a pas su comment devenir des héros. Parce qu'on a préféré la souffrance, la torture. On a choisi la porte de sortie alors que le but était de rester le plus longtemps dans cette protection là. Cet endroit où on avait pas encore à faire de choix. C'était idiot parce que c'était tout ce qu'on avait pour le moment. C'était tout ce qui restait quand le vide nous engloutissait. On aurait voulu s'en sortir mais on ne pouvait pas espérer y arriver. Pas encore. On trouvait des portes de sortie, on trouvait d'autres manières de gagner, mais c'était factice. C'était comme croire en quelque chose qui n'était pas encore totalement là. C'était comme donner toute confiance à un rêve qui n'a jamais pu être réalité. C'était le piège, avec l'imaginaire. On se disait qu'on pouvait faire confiance à notre propre esprit, parce que ça semblait logique. Parce que ça semblait rassurant. Et parce que c'était tout ce qu'on aurait jamais plus. C'était toutes ces choses pour lesquelles on se battait et toutes ces choses que les monstres finissaient par récupérer parce qu'on avait pas su les protéger correctement, du début à la fin. Et je ne voyais pas les mensonges. Je refusais de les voir. C'était trop dur. Je refusais de saisir l'importance de tout ça. De chaque instant. C'était comme vivre dans un monde où l'on se perdait. On l'on se torturait au fur et à mesure. On se défendait avec des mots, et non plus avec des armes. C'était un autre temps. Une autre époque. On se battait avec des sortilèges parce qu'on savait que la parole ne servait à rien, avec les aurors. On était déjà coupables. On était déjà les traîtres. C'est pour ça qu'on avait besoin de montrer qu'on savait ce qu'on faisait. Qu'on avait des raisons. Et qu'on se battait pour quelque chose de réel. Et non une illusion utopique ridicule.

« I'm sorry. I just wished for another Pritchard to be dead. They were so different. He did not deserve to die. » Peut-être que c'était vrai. Peut-être qu'après tout, c'était ça qu'on ne pourrait jamais maîtriser. Ces instants là où on ne savait pas comment contrôler la perte et la souffrance. Ces instants où on faisait toujours les mauvais choix, quoi qu'il arrive. « You and me both. » J'utilisais parfois la haine pour me soulager. Parce que je savais qu'on n'aurait rien d'autre. On devrait se contenter de cette douleur là. De cette souffrance là. On devrait se contenter de tout ce qu'on aurait plus jamais. « You definitely make me think about my best friend. » J'ai relevé mon regard vers lui, interloquée. « He's been a student, here, for a couple of months. » Je pensais à tous ceux qu'on avait déjà perdu. Ceux qu'on ne retrouveraient plus jamais. Et ceux qui ne pourraient jamais nous dire et nous rassurer par rapport au fait qu'on se battait pour nos propres raisons. « His name was Tyler. Tyler Hamilton. » J'ai froncé les sourcils avant d'ouvrir la bouche sans qu'aucun son ne puisse en sortir. C'était drôle de voir qu'après tout ce temps, je n'ai jamais tout su de lui. J'ai toujours été dans l'ombre. Cachée derrière les millions de choses qu'il n'a jamais eu le temps de me dire. C'était drôle de penser à ça de cette manière-là. Au passé. Parce que c'était quelque chose qui ne pouvait plus revenir. C'était trop tard. Bien trop tard. « You knew Tyler ? He was my best friend too. » On aurait aimé récupérer les minutes perdues. Les instants volés. Mais c'était encore trop tard. C'était encore l'ironie qui se fichait de nous parce qu'on avait pas la force de se battre pour ce qui semblait réellement juste à leurs yeux. « I guess that's the thing with friends, now. We keep loosing them. » Je regardais la tombe, j'étais pensive. Peut être un peu trop. « Nothing is fair. There's no justice. Not in this war. There never was. » J'ai laissé quelques secondes passer. Le silence avait quelque chose de réconfortant. De rassurant. Puis j'ai repris la parole à nouveau. « When did you see him for the last time ? »

_________________
I wake up, they said we won. they didn't say what we lost
As the snowflakes cover my fallen brothers, I will say this last goodbye. Many places I have been, many sorrows I have seen, but don't regret, nor will I forget all who took that road with me. Night is now falling, so ends this day, the road is now calling and I must away. To these memories I will hold with your blessing I will go to turn at last to paths that lead home. And, oh, where the road then takes me, I cannot tell. We came all this way, but now comes the day to bid you farewell.
avatar
Cadeyrn S. Turner
this is the wizzarding world of
sadique est mon deuxième prénom.
informations
sadique est mon deuxième prénom.

correspondances : 593
âge du joueur : 22
entrée : 10/01/2010
gallions : 3051

♦ Nota Bene
: des liens compliqués et des collègues en priorité
: uc
: des fioles de potions, ma baguette magique, un uniforme de combat, un sabre de combat supérieur, mon balai ailes de dragon.



Message Posté Jeu 12 Sep - 17:35.




« You knew Tyler ? He was my best friend too.  » Je relève la tête. Il y a cette chose, avec le destin. Son caractère imprévisible. Il nous fait croire aux coïncidences. Aux événements qui arrivent par hasard mais qui n'ont aucune signification. Le destin, c'est le doute qui s'immisce dans l'esprit. Pourquoi l'ai-je rencontrée ? Comment a-t-elle pu connaître Tyler ? Je frémis. Une nouvelle fois, je pense à mon meilleur ami entrant dans la résistance. Je n'osais jamais imaginer Tyler en train de se battre contre les forces de Pritchard. C'était contre-nature. Et pourtant, il en faisait partie. J'en étais intimement persuadé. Et j'avais peur. Peur de devoir me battre contre lui. Peur de devoir le blesser. Lui faire du mal. Le tuer. Sa mort m'avait déchiré le cœur, mais n'avait fait que conforter mes opinions. « I guess that's the thing with friends, now. We keep loosing them. Nothing is fair. There's no justice. Not in this war. There never was.  » Elle lui ressemble tellement. Son énergie. Sa force. Ses idéaux. Je ne pouvais m'empêcher de ressentir une certaine frustration, à l'écouter. Frustration, et gêne. Je me surpris à vouloir la compter parmi les rangs de Pritchard. C'était la première fois que j'entendais un résistant et que la colère ne se mettait pas à bouillir à l'intérieur de moi. Non, ni colère, ni indignation ne vinrent perturber notre conversation. Au contraire. Je venais juste de rencontrer Solomonia, et j'avais envie de la protéger. La réconforter. Lui dire que tout serait bientôt terminé. Et que je serai là pour elle. « Unfortunately, our world has never been fair. Justice is just a thing in which we believe in. It's not real. » Une pause. Voilà désormais plusieurs minutes que je ne peux décrocher mon regard du sien. « But we just can't stop to love. We can't stop to live. So we can't stop to get hurt. » Je soupire, une nouvelle fois, avant de m'agenouiller, et de poser une main sur la tombe de David Pritchard.

Je prendrai soin de ton frère. De tes élèves. De nos alliés. Je tuerai nos ennemis. Ces résistants qui infestent l'institut. Je te vengerai. Je m'efforcerai de réussir cette mission. Pour toi. Pour Thadéus. Pour Gregory. Pour chacun de ceux qui se sont battus et qui se battront pour le Ministre. Je suivrai les valeurs de ta famille. Je mourrai pour sauver le monde magique, et pour venger ma mère, s'il le faut.

Je m'arrête. Je ressens une gène. Une confusion. C'est la première fois que quelque chose me dérange dans mes convictions. Comme si un nouvel élément venait de s'accrocher, et qu'il m'empêchait de penser. J'hésite. Je tremble. Elle. Une simple rencontre. Trois putains de phrases qui  remettent mes idées et mes valeurs en question. Je me relève, troublé. C'était comme si la haine et la rage s'étaient éteintes, petit à petit. C'était comme si je considérais la résistance d'une autre manière. C'était comme si Solomonia bouleversait ma vie. « When did you see him for the last time ?   » « I... I can't even remember. »

Vous connaissez, cette sensation terrible. Celle où on vient de perdre un proche, et où on tente de se souvenir de la dernière chose qu'on ait pu lui dire. Du dernier moment où on l'a vu, en vie. Ce moment terrible où on se rend compte qu'on ne s'en souvient plus. Qu'on a tellement laissé ses amis tomber qu'on a oublié les moments passés avec eux. Ces moments que l'on voudrait garder gravés en mémoire, à jamais. On les a tout simplement oubliés. « He died hating me. And I will have to live knowing this forever. I will have to fight, I will have to die with the image of my best friend hating me. I... I will have to feel pain every day of my freaking life. »

Je la regarde. Et pour la première fois de ma vie, j'ai envie qu'une autre personne ressente ce que je vis. Je laisse la souffrance m'envahir. Je laisse la tristesse s'infiltrer jusqu'à elle. Je délivre ce déni qui m'oppresse. Je laisse la vérité, insoutenable, prendre part de chaque parcelle de mon corps. Tyler est mort. Je laisse une nouvelle phase du deuil se mettre en place. Et je ressens.

Pour la première fois depuis la mort de ma mère, je ressens des sentiments. De vrais sentiments. Du soulagement. Et quelque chose que je ne connaissais pas. Quelque chose que je n'avais jamais ressenti. Quelque chose de différent de la haine ou de la souffrance. Quelque chose qui me fait oublier toute cette rage qui bouillonne en moi. Quelque chose qui bouleversera ma vie. Et qui me fera me souvenir de cet instant jusqu'à la fin de mes jours.
L'amour.

_________________


 
darkness

   
Whoever fights monsters should see to it that in the process he does not become a monster. And if you gaze long enough into an abyss, the abyss will gaze back into you. Friedrich Nietzsche © belzébuth
avatar
B. Solomonia Marcovic
this is the wizzarding world of
je vous bute tous !
informations
je vous bute tous !

correspondances : 1181
âge du joueur : 21
entrée : 02/05/2010
gallions : 5633

♦ Nota Bene
: recherches de liens en tout genre.
: vos relations principales ici
: ce que vous avez sur vous en ce moment même.



Message Posté Sam 19 Oct - 19:02.



« Everyday you find a mountain you can't climb. »

Le soucis avec la confiance, c'est qu'elle finit toujours par nous posséder. Par nous détruire. Parce qu'on veut tellement croire en tout ce qui n'est pas assez. On veut tellement s'offrir cette chance qu'on se noie dans les croyances qu'on ne sait pas départager. On imagine la réalité d'une façon différente. On fait les mauvais choix. On prend les mauvaises décisions, parce qu'on est incapables de comprendre ce qui est loin de nous. Parce qu'on continue à faire face à l'adversité, à la cruauté des choses. Parce que quoi qu'il arrive, on est détruits par tout ce qui est déjà loin par tout ce qui est déjà perdu. On essaye de se trouver des réponses, on essaye d'inventer des mensonges parfaits, mais quoi qu'il arrive, on continue à souffrir, on continue à avoir mal. Parce que personne ne peut nous maîtriser. Parce que personne ne peut nous contrôler. Et parce que quoi qu'il arrive, on est déjà condamnés à tourner en rond. À revivre les mêmes cauchemars, à revoir les mêmes horreurs. Et à se faire détruire par la stupidité de nos actions. Nous sommes devenus des soldats de plomb destinés à être joués comme dans une partie d'échec. Le fou prend la reine. Le roi fini par tomber. Le cavalier s'écrase sur le sol froid. Et tout ce qui nous reste, c'est une faible consolation de tout ce qu'on ne pourra plus jamais avoir. On se laisse mourir un peu trop chaque jour, et on se laisse dépérir, comme si tout n'était que trop futile. Comme si chaque instant était une torture dont on ne peut pas se détacher.

« He died hating me. And I will have to live knowing this forever. I will have to fight, I will have to die with the image of my best friend hating me. I... I will have to feel pain every day of my freaking life. » Je me suis retournée vers lui. Je l'ai regardé, et j'ai essayé de comprendre pourquoi est-ce qu'on se retrouvait tous face à ces choix. Parce qu'on avait pas le temps. Parce qu'on avait déjà trop attendu. Et parce qu'on n'étaient que des marionnettes. On pensait avoir le contrôle de tout ce qui se passait, mais c'était faux. On ne savait que la moitié de la vérité. Celle qu'ils voulaient bien nous faire entendre, celle qu'ils voulaient bien nous montrer. Celle qui n'avait aucune valeur, mais qui semblait pourtant être l'unique que l'on voulait nous montrer. C'était ça, la réalité des choses. Il me rappelait Tyler. Parce qu'il avait tout perdu, comme lui. Parce qu'il semblait ne pas être coupable. Et parce qu'il cachait quelque chose, quelque chose dont il avait presque honte. Et c'était cruel. Parce que je pensais naïvement que je n'avais pas besoin de la vérité pour être sûre de ce que je pensais. Je pensais que je pouvais me cacher dans les mensonges. Dans tout ce que je ne connaissais pas encore. « You remind me of him, too. »

Puis les minutes sont passées, et j'ai repris la parole. « You shouldn't torture yourself with that. He died believing in the lie I told him. I don't know which one is worst. » Je me suis retournée vers lui. Parce que j'avais l'impression de revoir tout ce qui n'était plus là. Ce qui était déjà perdu. « Anyway, the reality is here. This graveyard is ten times the size it was when I arrived in Durmstrang. I feel like this war is never going to stop. People just decided to become... Cowards. » J'étais en colère contre tous. Parce que j'avais l'impression d'être la seule qui me battait pour quelque chose qui avait une logique, pour quelque chose qui comptait. Et c'était ça, le soucis, savoir que tout était déjà trop loin, savoir que chaque minute était une souffrance pour ces gens, ceux qui ne pouvaient pas se battre. Ceux qui devaient obéir parce qu'ils avaient des responsabilités. Des enfants. Une famille. Des personnes à protéger. Encore des minutes qui s'écoulent, comme si on pensait qu'on avait assez de temps. « There's so much evil on the world, I feel like I could drown in it. » Je regardais dans le vide sans comprendre la logique des choses, sans savoir ce que je devais faire. « I wanted to believe... So badly that... We would win. Tyler believed it too. He thought we would survive, and that something would protect us. But he was wrong. There was nothing protecting him. » C'était ridicule de me retrouver là, et de parler à un étranger. Mais après tout, l'amitié était devenue parfois beaucoup plus simple. On se posait une simple question, à chaque rencontre : est-ce que je serais capable de mourir pour cette personne ? C'était tout ce qui comptait. Le seul test qu'il fallait passer. Et peut-être celui qui avait le plus de valeur. « Do you know how it's like, you know, in the other schools ? They don't say anything except that it's just chaos and violence. »

_________________
I wake up, they said we won. they didn't say what we lost
As the snowflakes cover my fallen brothers, I will say this last goodbye. Many places I have been, many sorrows I have seen, but don't regret, nor will I forget all who took that road with me. Night is now falling, so ends this day, the road is now calling and I must away. To these memories I will hold with your blessing I will go to turn at last to paths that lead home. And, oh, where the road then takes me, I cannot tell. We came all this way, but now comes the day to bid you farewell.
Contenu sponsorisé
this is the wizzarding world of
informations



Message Posté .

CADEYRN&SOLOMONIA ★ stars stopped to shine [PM]

T H E . H E A R T . O F . A . D R A G O N :: К Л А Д Б И Щ Е

Sujets similaires

-
» « Stars can't shine without Darkness. » † Lorenzo
» Maliah || Stars can't shine without darkness
» (jon) stars can't shine without darkness
» Exy ✴ Stars Can't Shine Without Darkness [100%]
» Stars can't shine without darkness [PV Hideki & Tintallë]

Réponse rapide

pour répondre plus vite que le vent, t'as vu !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: